lundi 25 février 2013

Le changement, c’est maintenant – mais en Allemagne !

 
Peer Steinbrück est le chef du parti socialiste en Allemagne, le SPD. Comme vous le savez, il y aura des élections législatives en Allemagne en septembre. Il est entré en campagne l’été dernier. Un des axes majeurs de sa campagne (qui ne marche que moyennement) est la lutte contre la finance débridée. Il n’a pas lancé de slogans du genre “mon ennemi, c’est la finance”, mais il a bossé.  
 
Beaucoup ! 
 
Du coup, son programme ne fait pas 5 phrases générales, voire malhonnêtement ambiguës, comme certains :  
 
[p. 10] Je veux mettre les banques au service de l’économie. Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives.J’interdirai aux banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux. Il sera mis fin aux produits financiers toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l’économie. Je supprimerai les stock-options, sauf pour les entreprises naissantes, et j’encadrerai les bonus. Je taxerai les bénéfices des banques en augmentant leur imposition de 15 %. Je proposerai la création d’une taxe sur toutes les transactions financières ainsi que d’une agence publique européenne de notation. [NB. vous noterez que strictement rien n'a été fait dans la loi bancaire. Même pas le premier point, qui a été vidé de son sens en ne considérant que "la spéculation de la banque avec son argent", quine représente rien. C'était une promesse vide, très différente du discours du Bourget : "Maîtriser la finance commencera ici par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives. "]  
 
Bien que je n'approuve pas la politique parasitaire et suicidaire que l’Allemagne a mené avec les lois HARTZ en baissant ses salaires, je reconnais néanmoins que j'aime leur capitalisme "tempéré" qui doit pouvoir marcher (avec quelques adaptations). Ce "modèle rhénan" est en train de succomber sous les assauts du capitalisme anglo-saxon, court-termiste.
 
J’ajouterais une rigueur publique et un sens moral et démocratique plus vivace que chez nous. D’ailleurs, l’Allemagne de MERKEL reste le principal pays demandant réellement plus de régulation financière.
 
Bref, quand le chef de l’opposition s’engage là-bas, "c’est du sérieux" – il n’y a qu’à comparer… Voici son (dense) programme de réforme financière "Regagner la confiance" : (Télécharger)  
 
dont ce florilège :
Attribuer la faute à une seule partie est trop réducteur, cela ne fait aucun doute.Le monde politique devra admettre que certains abus ou dévoiements sont surtout la conséquence de son action conjointe avec les banques ou de signaux d’encouragement erronés adressés aux banques. C’est le cas de l’idéologie de la dérégulation, de la politique de «l’argent pas cher», du soutien apporté par les politiques économiques à un boom immobilier effréné, comme en Espagne, ou du soutien à l’accès à la propriété en guise de correction par la politique fiscale des différences croissantes de répartition des revenus, comme aux États-Unis. [...]

C’est l’abrogation du principe constitutif essentiel d’une économie (sociale) de marché économie marché: la responsabilité et le risque ne vont plus de pair, la : privatisation des bénéfices s’accompagne de la collectivisation des pertes. [...]

Pendant ce temps, la lutte contre les causes systémiques de marchés financiers insuffisamment régulés et d’un système bancaire un fragile reste au second plan. [...]

Cette crise a coûté bien plus que de l’argent.Pour beaucoup de citoyens, elle a porté atteinte aux principes de justice et au sens de la mesure.Ils se détournent de la politique car ils ont l’impression qu’elle n’est plus que contrainte et prête à céder au est chantage.Redonner à la politique sa force de conception, ce n’est donc pas la tentative de donner l’apparence de la puissance politique, mais apparence c’est l’expression d’une nécessité de légitimation, afin de créer ce qui le préalable essentiel de la politique: la confiance.Cette confiance a été perdue dans la foulée de la crise financière, parce que les gens ne croient pas que la politique puisse changer quelque chose. [...]

Nous savons depuis quatre ans que les modèles économiques largement dérégulés peuvent mettre en danger la démocratie et l’économie de marché. [...]

Les activités pour compte propre doivent être limitées à l’avenir, le risque et la responsabilité doivent être à nouveau réunis, au moyen de la séparation entre à activités bancaires de dépôt et activités bancaires d’investissement, de manière à augmenter la résilience des banques individuellement et du système financier dans son ensemble. [...]

L’augmentation de la part des fonds propres pour les banques systémiques, que le gouvernement fédéral présente comme la solution, ne fait que placer des garde-fous plus élevés, sans s’attaquer aux causes du problème. Seules l’interdiction des opérations pour compte propre spéculatives et une séparation des secteurs d’activités réduisent réellement les risques et vont directement au coeur du problème. [...]

C’est pourquoi il est nécessaire, dans une deuxième étape de séparation concernant ces banques, que les activités de dépôt et de crédit soient protégées de la zone grise des opérations des banques d’investissement. [...]

Le modèle de holding de l’OCDE offre une solution permettant de mettre en oeuvre pratiquement la séparation des secteurs d’activités.Selon ce modèle, les activités de crédit et de dépôt, la banque d’investissement et les autres secteurs d’opérations sont menés dans une société holding par des filiales juridiquement et économiquement autonomes, et possédant une licence bancaire. [...]

La séparation des secteurs d’activités au niveau même de leur organisation activités permet d’accroître la transparence: les risques sont rendus apparents là où ils naissent et la couverture des risques se fait là où les bénéfices découlant de ces risques sont encaissés.Cette séparation augmente aussi la stabilité des banques: si un secteur d’activités à risque enregistre de fortes pertes, les dégâts activités restent cantonnés à ce seul secteur.On empêche une propagation des pertes à l’ensemble de la banque, et les secteurs d’activités essentiels pour l’économie réelle peuvent être maintenus plus facilement lors d’une procédure de restructuration.
 
Amusant qu’on ait fort peu entendu parler en France – il est sorti fin septembre 2012…  
 
Bon, je n’achète pas tout, évidemment, mais ça va franchement dans le bon sens. Je signale aussi que, pour la plupart, un conservateur non inféodé aux banques pourrait signer…  
 
Alors, le changement, ce sera pour 2013, mais en Allemagne?

De qui se moquent Cécile Duflot et Delphine Batho?



Cécile DUFLOT et Delphine BATHO clament que l'austérité tue leurs ministère, alors que leurs crédits augmentent de 2 à 20%!

Depuis la présentation du projet de loi de finance 2013, l’austérité budgétaire est tombée comme un couperet. Nos ministres ont dû se faire à l’idée terrible que les dépenses de l’État n’augmenteraient que de 6 pauvres milliards d’euros entre 2012 et 2013, ne passant que de 368,6 à 374,6 milliards d’euros.

Depuis, le spectacle est bien triste à voir : les ministères ressemblent à de véritables champs de ruines. Des ministres en guenilles observent avec désespoir le déclin de leur administration, repensant aux riches heures du passé où l’austérité ne limitait pas encore à un nombre si ridicule de milliards les augmentations de dépenses.

Comment accepter que l’État fasse l’effort de n’augmenter ses dépenses que de 6 milliards? Pendant que les contribuables font la fête avec des impôts et taxes qui n’augmentent que de 28 milliards!

C’est pourquoi certains, ou plutôt certaines, de ces ministres ont pris leur courage à deux mains. Tel l’Abbé PIERRE un jour de février 1954, la ministre de l’Écologie et du développement durable et de l’Énergie Delphine BATHO a lancé un cri de désespoir médiatique : «On est au maximum de ce qu’on peut faire en termes d’économie et de réduction des dépenses. Le Premier ministre, Jean-Marc AYRAULT, a pris des dispositions extrêmement sérieuses, on le voit dans tous les départements ministériels et nous ne voulons pas sacrifier les investissements d'avenir.»

Il faut dire que son ministère a été particulièrement touché par l’austérité. On ne lui a autorisé une augmentation de ses dépenses que de 420 millions d’euros entre 2012 et 2013 soit seulement une augmentation de 2%... C’est un émouvant cri de détresse de la part de la ministre qui est elle-même probablement à la rue depuis qu’elle a été expulsée au printemps dernier de son logement social insalubre de 108 m² seulement.

Et en parlant de logement, c’est de sa collègue Ministre de l’Égalité des territoires et du logement, Cécile DUFLOT, à qui on doit le deuxième cri de désespoir de la semaine. Étranglée par une hausse de seulement 20% des crédits de son ministère entre 2012 et 2013, c’est la voix tremblante face à l’injustice de ce monde que madame DUFLOT a crié que «personne ne peut croire que de l'austérité naîtra le retour des temps meilleurs». 

Puisse-t-elle être entendue afin qu’à l’avenir, cette belle politique de logement, si efficace, croisse de bien plus que 20% par an.

A quoi sert le salon de l’agriculture ?

 
Tous les ans, c’est la même chose. Le non-événement du mois de février est le salon de l’agriculture, et nous aurons droit à plusieurs reportages sur le sujet. Mais de quel sujet s’agit-il exactement? Du salon, de l’agriculture, de l’élevage, ou de la politique?  
 
En premier lieu, il paraît évident que c’est de la politique, puisque, plus que le salon ou les vaches, on nous montrera le président manger, discuter et politiser, à grand renforts de caméras et de commentaires, comme si il y avait quoi que ce soit à dire à cet événement.  
 
En second lieu, il y a le fait que ce salon soit ouvert au public. Tous les ans, des milliers de personnes viennent le visiter, mais que viennent-ils visiter réellement? On peut se poser la question, puisque la plupart des fermiers n’habitent pas à Paris, et ne fournissent donc pas directement la capitale. Voir les animaux? Éventuellement, pour les enfants, mais quel intérêt de voir des animaux parqués dans des enclos au milieu de milliers de personnes? Il me semble limité, même si, au moins, ça permet aux enfants de voir des animaux en vrai, ce qui devient suffisamment rare pour le souligner.  
 
Mais personne ne leur explique ces jolies vaches qu’ils vont caresser vont finir dans leur estomac par l’intermédiaire de leur assiette, chut, mieux vaut qu’il devienne carnivore sans s’en rendre compte, c’est moins compliqué.  
 
Et pour les adultes, à quoi ça sert? A manger à l’œil, certainement, à se faire voir par les caméras, peut-être, à s’occuper, sûrement. Par contre, à voir la réalité : pas du tout. Car ce salon est très loin de la réalité : 90% de la viande est produite de façon intensive, comprenez, les animaux sont parqués comme des objets, nourris de façon optimale pour les faire grossir le plus vite possible, puis ils sont parqués dans des conditions de transports pire que lorsque vous êtes 5 dans une 205, pour être finalement abattus sans pitié, avec étourdissement ou directement égorgés.  
 
Et lorsqu’on parle de 90%, ce chiffre est à prendre avec des pincettes: bien des viandes sont importés, moutons, bœufs, chevaux… Eh oui, chevaux ! Le scandale Findus nous a prouvé, une fois encore, que la filière n’était que peu contrôlée, et surtout, que la mondialisation et la concurrence nous fournissent largement dans nos assiettes, avec un risque toujours plus grand, puisque le nombre d’intermédiaires augmente considérablement.  
 
Salon de l’agriculture? Salon de l’imposture, plutôt. Car, bien sûr, suite au scandale de la viande, le président s’est lancé dans de jolis discours pour faire croire qu’il y aura toujours plus de contrôles, voire, un étiquetage clair. Oui mais, si les étiqueteurs sont les industriels, qui nous dit qu’ils ne vont pas encore tricher? Personne.  
 
Mais surtout, ce qui chagrine, dans ce salon, c’est qu’à aucun moment, une remise en cause du bien être animal, de la consommation de viande ou de tout autre sujet remettant en cause la filière, sans pour autant vouloir son extinction, juste, une remise en cause, du fait de ses nombreux travers, n’est évoquée. Rien, pas un mot, pas un pet. On continue d’accuser les vaches d’être responsables du réchauffement climatique, mais on ne se pose pas la question du pourquoi il y a autant de vaches dans le monde.  
 
On s’étonne de voir de la viande de cheval dans un plat qui devrait contenir du bœuf, mais on ne pose pas la question de la surconsommation de viande qui entraîne tant des problèmes économiques, sociaux, environnementaux que sur votre propre santé.  
 
Alors, braves gens, allez! Allez visiter ce salon dont on parle tant, allez investir votre temps et votre argent dans cette industrie qui vous bouffe dans tout les sens du terme, allez, faites semblant de ne rien voir, continuer, présenter le à vos enfants, et continuer de leur faire manger ces animaux qu’ils aiment tant… Mais pour combien de temps? Au moins jusqu’à l’adolescence, car après, si y’a pas bifteck et ketchup dans l’assiette, c’est le scandale… Ou le MacDo.

mercredi 20 février 2013

Après 9 mois de navritude, le gouvernement accouche toujours d'impôts



L'actualité économique devient difficile à suivre en France, surtout si l'on se fie aux déclarations discordantes des différents membres de ce qui passe pour le gouvernement. Et puis, en l'espace de quelques heures, quelques jours tout au plus, ce que l'un de nos clowns d'apparat déclare se trouve infirmé par la réalité ou par l'un de ses collègues. Et le plus amusant, c'est lorsque tout ce petit monde parle en même temps : la cacophonie s'installe.

D'ailleurs, ce n'est pas comme si le gouvernement avait une direction claire, des objectifs précis et pris des décisions pertinentes. En sept mois, mis à part l'extraordinaire avancée sociale du mariage homosexuel dont on peine à deviner comment il va diminuer le nombre de chômeurs, réduire les coûts des salaires ou dégraisser l’État-mammouth, on a bien du mal à lister les chantiers d'envergure que les ministres auraient entamés pour redresser la situation économique. Des taxes, des impôts, des ponctions nouvelles, ça oui, on en trouve en brouettées bien fournies ; mais une volonté de réformer autre chose que les horaires de classe, on n'en voit point.

Alors, n'ayant aucune feuille de route, les ministres imaginent, se laissent aller, papotent et pipotent.
Prenez ce brave SAPIN. Il est supayr-confiant : pour lui, la reprise arrive, pardi! Comme en 2008, pardon 2009, pardon 2010, pardon 2011, pardon 2012. Mais voilà: aussi brave SAPIN soit-il, il n'a pas les mêmes tuyaux que FABIUS qui a profité de son passage devant un gros micro mou pour lâcher un chiffre de croissance franchement pas folichon (moins d'un demi pourcentage).

Effarement dans les rangs du gouvernement. Mélange probable de surprise, d'incompétence ("Ah bon, on ne va pas faire 3% ? Mais non, imbécile, ça, c'est l'objectif de déficit!") et de parfaite désorganisation, les ministres ne semblent plus se synchroniser que par voie de presse et encore, dans une confusion qui donne une image assez exacte de l'état mental des titulaires de maroquins républicains. En substance, tout se passe comme prévu par les libéraux, et exactement à l'inverse de ce que les imbéciles socialistes s'entêtent à croire: la pluie d'impôts fait fuir les entrepreneurs, le chômage explose, la croissance, soutenue artificiellement par des dépenses somptuaires, à crédit, et parfaitement débiles, s'effondre subitement lorsque les pépètes viennent à manquer. Les rentrées fiscales directes et indirectes (TVA, droits de mutation), en berne, ajoutent à la déroute. Et lorsqu'on entend, au milieu des petits cris stridents panachés d'ultrasons insupportables d'une DUFLOT en mode semi-hystérique, que le bouton "austérité" a été poussé au maximum alors même que l’État n'a pas changé un iota de son train de vie, on comprend que la cacophonie va continuer sans faiblir tant est grande la déconnexion des gouvernants avec la réalité palpable.

Et je ne parle même pas des consternantes âneries de certaine autre candidate PS à la mairie de Paris, Anne HIDALGO, qui s'inquiète des baisses des dotations de l'État aux collectivités locales, au prétexte que «Les villes, les territoires interviennent dans l'activité économique du pays», montrant de façon dramatique cette inculture économique fermement chevillée au corps de nos "élites" (vitre cassée, ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, navritude et persistance dans l'erreur, tout ça...). 

Croissance évaporée, chômage record, objectifs de déficits dessinés sur un coussin péteur, après neuf mois de blagounettes vaseuses de HOLLANDE et d'indécision stupéfiée d'AYRAULT, on aurait pu s'imaginer que le gouvernement se serait, vaguement, ressaisi et aurait compris que l'avalanche de taxes et d'impôts provoquait plus d'effets néfastes que de bénéfices pour les finances exsangues du pays.

Eh bien non : toute la brochette de pitres ministériels a décidé de remettre ça.

Ainsi, dans la plus parfaite opacité mentale que la tradition de mathématiques socialistes emploie depuis déjà un moment, d'un côté, l’État ponctionne le moutontribuable pour pouvoir ensuite distribuer des allocations familiales. Notez qu'il se sert au passage. De l'autre, l’État commence à envisager de taxer ces allocations. Notez qu'il n'a pas été envisagé de diminuer ces allocations, mais simplement de les intégrer au revenu, et par voie de conséquence, de les fiscaliser. Une partie de l'argent distribué, sur lequel avait déjà été prélevé une dîme de passage, va donc repartir dans l'autre sens, et subir une nouvelle dîme. Bon, ok, il se murmure dans les couloirs de Bercy que MOSCOVICI, le patron du TROU, aurait tiqué à l'idée proposée par MIGAUD, mais rassurez-vous : c'est une nouvelle taxe, elle verra donc le jour.

Tout comme verront le jour, soyez-en sûr, une taxe sur le numérique (histoire d'inciter les grands groupes de l'Internet à venir chez nous, je suppose), la taxe sur les transactions financières (au niveau européen cette fois), la taxe "poids lourds" (exorbitante et qui coûte déjà de l'emploi), celle sur les hauts revenus, bientôt prête les enfants ne vous impatientez pas, ou celle sur l'assurance-vie, gros bas de laine bien trop juteux pour être laissé tranquille. Il doit y en avoir quelques autres, plus énigmatiques, plus finement ciselées, mais le rythme, comme on le voit, ne diminue pas.

D'autant que les autres leviers de la fiscalité à la française sont explorés: par exemple, pour les retraites, on va très probablement diminuer les pensions (mais si : soit directement, soit par l'inflation, soit les deux), augmenter les cotisations, et bien évidemment, allonger la durée de cotisations.

Aucune piste de taxation, aucun nouvel impôt, aucun bricolage sur l'assiette, la quotité, la profondeur ou la puissance des ponctions ne seront oubliés. En revanche, pour ce qui est de faire maigrir le mammouth républicain, vous pouvez toujours vous brosser.

Comme EINSTEIN le disait fort bien, «la folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent» HOLLANDE, AYRAULT et son gouvernement prouvent donc, à qui en doutait encore, que nous n'avons pas affaire à des gens rationnels : leur obstination à vouloir résoudre le problème français par un accroissement de l'intervention de l’État, par une augmentation des taxes et des impôts vire maintenant au trouble obsessionnel compulsif. Si les cons osent tout (c'est à ça qu'on les reconnaît), les fous gouvernementaux n'osent plus rien d'autre que cette unique solution de la taxe, sans pouvoir s'arrêter, sans pouvoir imaginer autre chose.

Et parce qu'ils s'entêteront à mort, ce pays, bien sûr, est foutu.

Maurice M. Taylor Jr


Le ministre du Redressement productif avait espéré un retour du groupe américain et s'était fendu d'une lettre le 31 janvier lui priant d'entamer des discussions. Le PDG de Titan international lui a répondu dans un courrier daté du 8 février. Dans cette lettre, il exprime sans ambages les raisons qui lui ont fait renoncer au projet de reprise de l'usine d'Amiens-Nord: il fustige les méthodes de production française, la collusion entre les syndicats et l’État, ainsi que l'arrogance et l'inutilité du gouvernement français.

Voici la traduction de l'intégralité de cette lettre, et j'avoue que je ne sais toujours pas quoi en penser:


Le 8 Février 2013

M. Arnaud Montebourg
Ministère du Redressement productif
139, rue de Bercy
Teledoc 136
75572 Paris Cedex 12

Cher Monsieur Montebourg,

De retour aux États-Unis depuis l’Australie où j’ai passé quelques jours pour affaires, veuillez recevoir mes excuses de ne pas avoir répondu à votre courrier daté du 31 janvier 2013.

J'apprécie le fait que vous pensiez que votre ministère protège l'industrie et les emplois en France. Titan et moi avons une expérience de quarante ans dans le rachat d’entreprises et d'usines déficitaires de plusieurs millions de dollars, et dans leur redressement en affaire viable jusqu’à verser de bons salaires. Goodyear essaie depuis quatre ans de sauver une partie des emplois à Amiens, avec des salaires particulièrement élevés, mais les syndicats français ainsi que le gouvernement ne font rien d'autre que bavarder.

J'ai visité cette usine plusieurs fois. Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures. Je l'ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m'ont répondu que c'était la façon de faire en France.

Vous êtes un homme politique, c’est pourquoi vous ne voulez pas faire de vagues. Les Chinois inondent le marché français de pneus – ainsi que toute l’Europe – et pourtant vous ne faites rien. Le gouvernement chinois subventionne tous les fabricants de pneus. Dans cinq ans, Michelin ne sera plus en mesure de produire de pneus en France. La France va perdre son activité industrielle parce que son État est plus qu’un État.

Monsieur, votre courrier formule la demande que Titan démarre une discussion. Pensez-vous que nous sommes si stupides ? Titan a l'argent et le savoir-faire pour produire des pneus. Mais que possèdent ces cinglés de syndicalistes ? Ils ont l’État français. L’agriculteur français souhaite des pneus à bon prix. Il se fiche de savoir si les pneus viennent de Chine ou d'Inde, et si ces États les subventionnent. Votre gouvernement s’en fiche aussi : « Nous sommes Français ! »

Le gouvernement américain ne vaut pas mieux que l’État français. Titan a dû verser des millions à des avocats de Washington pour poursuivre des fabricants de pneus chinois en raison de leurs subventions. Titan a gagné. Le gouvernement a collecté les droits. Nous n’avons rien perçu, tout pour le gouvernement !

Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins d'un euro l'heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin. Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers. Titan n'est pas intéressé par l'usine d'Amiens Nord.

Cordialement,

Maurice M. Taylor Jr.