mardi 18 juin 2013

Pourquoi la jeunesse devrait se révolter


Si la jeunesse s’attend à un départ à la retraite à 70 ans, et en conservant les paramètres actuels du régime général, le rendement qu’elle peut attendre de son investissement est nul. En particulier, la pension que recevra un homme sera deux fois moindre que la rente qu’il aurait obtenue en prêtant ses cotisations à l’État. 

Un sondage récent mené par l’Ifop montre que 48% des jeunes de moins de 25 ans s’attendent à partir à la retraite après 70 ans. Est-ce crédible, et quelles sont les conséquences financières ?

Commençons par un petit rappel comptable. Les recettes du système par répartition sont égales à la cotisation moyenne par salarié multipliée par le nombre de salariés. Les dépenses sont égales à la pension moyenne multipliée par le nombre de retraités. Soit, à l’équilibre : 

Cotisation moyenne x Actifs Occupés = Pension moyenne x Retraités 

On peut blablater longtemps sur l’équité, mais la vérité comptable est aussi basique. Seules trois variables peuvent rééquilibrer un système en déficit : 

  • L’âge de la retraite, qui ajuste le nombre d’actifs et de retraités
  • Le niveau des pensions
  • Le niveau des cotisations 

L’hypothèse du départ à 70 ans 

Si on suppose qu’on ne touche pas aux cotisations et aux pensions, l’hypothèse d’un départ à la retraite à 70 ans pour un jeune ayant actuellement 25 ans est-elle réaliste ? Pour répondre à cette question, il suffit de se demander si une retraite à 70 ans est nécessaire pour assurer un rapport actifs/retraités de 2060 égal à celui de 2013.

La réponse est oui. Si on en croit le scénario médian de l’INSEE, la pyramide des âges de 2060 implique effectivement que le ratio des (20-69 ans)/(+ de 69 ans) sera égal à 2,58, c’est-à-dire une valeur semblable au ratio actuel des (20-62 ans)/(+ de 62 ans), à savoir 2,52. Le maintien d’un âge à 62 ans impliquerait un ratio de 1,57. Mathématiquement, cela signifie que pour maintenir les pensions et l’âge de la retraite à 62 ans, il faudrait augmenter le taux des cotisations de (2,52/1,57 – 1) = 60%. Ou pour maintenir les cotisations et l’âge de la retraite constant, réduire les pensions de (1-1,57/2,52)=38%.



Bref, si on s’en tient à la dure loi des mathématiques, l’hypothèse d’un départ à 70 ans pour les jeunes est très réaliste. Sauf qu’à la vérité, on aura bien du mal à faire travailler les gens jusqu’à 70 ans. Et puis est-ce à ce prix que la morale socialiste veut nous interdire la capitalisation ? 

Conséquence financière 

Mais admettons l’hypothèse que fait une bonne partie de ma génération, c’est-à-dire un départ à 70 ans. Devons-nous alors accepter un tel système ?

Lorsqu’on épargne, ce qui est le principe fondamental de la préparation de nos vieux jours, la question pertinente est celle du rendement au regard du risque encouru. Examinons la chose froidement, en supposant que le reste du système conserve ses paramètres actuels.
  • Si je commence à travailler à 22 ans, je vais payer 16,5% de mon salaire (sous plafond) pendant 48 ans.
  • Puis je vais toucher une pension, égale à 50% de mes 25 meilleures années (sous plafond), de 70 ans jusqu’à ma mort. À condition, bien sûr, de survivre d’une année sur l’autre.
La chose est mathématiquement trop complexe pour un billet de presse. Mais examinons-la avec des règles de trois basiques.
  • Imaginez que votre salaire est de 20 000€ par an et reste à ce niveau toute votre vie active (hypothèse arbitraire sans grande importance). Vous (ou votre employeur) allez payer sur ce salaire en moyenne 16,5% pour financer le régime général de la retraite. Donc vous allez payer sur votre vie active 16,5% * 20 000 € * 48 = 158 400€
  • Puis une fois retraité, vous toucherez 20 000€ * 50% = 10 000€ par an. D’après les hypothèses de l’INSEE, l’espérance de vie en 2060 sera de 86 ans pour les hommes, et 91 ans pour les femmes. Donc, si vous êtes un homme, vous recevrez en tout 10 000€ * 16 = 160 000€, et pour une femme 210 000€.
Bref, si on résume, le deal pour un homme est le suivant «  tu me donnes 100€ maintenant, je t’en rends 100€ (corrigé de l’inflation, tout de même) dans 40 ans ». Pour une femme, la chose serait un peu plus généreuse, mais resterait ridicule.

Maintenant si notre jeune homme investissait son argent par lui-même, qu’aurait-il obtenu ? Plutôt que vous jouer le tour de la capitalisation en bourse, à laquelle on va fanatiquement me répondre « oui, mais c’est risqué », supposons que notre jeune prête librement son argent à l’État. Dans ce cas, le profil de risque est semblable à celui des retraites, le créancier étant le même. Historiquement, le rendement réel (corrigé de l’inflation) de la dette publique tourne autour de 2%. En investissant librement dans la dette publique, notre jeune aurait obtenu la somme suivante en 2060, en euros de 2013 (corrigé de l’inflation) :

Eq1

Ensuite, il aurait converti son capital en rente viagère, obtenant :

Eq2

Ce qui donne une pension (P) d’environ 19 000 € par an pour notre jeune homme. Contre 10 000€ par an avec le système par répartition qu’on lui promet. Autrement dit, avec les paramètres actuels et un âge de la retraite à 70 ans, la pension versée sera deux fois moindre que si vous aviez placé votre argent dans des obligations d’État.

Une reformulation de ces calculs serait de dire que, pour un jeune homme s’attendant à toucher 20 000€ par an et à prendre sa retraite à 70 ans, l’existence du système par répartition est équivalente à son inexistence + une taxe annuelle de 9000€ à partir de 70 ans. Ou encore, qu’un jeune homme ayant de telles attentes de salaire, et maîtrisant les principes fondamentaux de l’analyse financière, serait prêt à s’engager à payer 9 000€ par an à partir de 70 ans, pour avoir le droit d’échapper au système et d’investir ses cotisations dans des obligations d’État.

Nota Bene : je précise que ces calculs ne cherchent pas à déterminer le montant futurs des pensions, car mon hypothèse d’un salaire de 20 000€ est totalement arbitraire, mais bien la performance future du système en termes de rendement.

Et les baby-boomers avec lesquels il faut « partager les efforts » ?

Mais pourquoi un système aussi nul existe-t-il ? Eh bien refaisons les calculs de manière rétrospective. Vous êtes cette fois un homme né en 1950, vous commencez à travailler à 20 ans, et vous prenez votre retraite à taux plein après 40 ans d’efforts, en 2010. Combien avez-vous gagné ou perdu ?

J’ai fait les calculs à l’aide de l’historique des salaires moyens fournis par l’INSEE, et surtout l’historique des taux de cotisations. En 1970, les taux de cotisations pour le régime général étaient deux fois moindres, à 8,75% et sont progressivement montés à leur taux actuel.

Si on prend le salaire moyen comme base, et en revalorisant les cotisations de l’inflation, le salarié moyen né en 1950 et ayant pris sa retraite en 2010 avait versé 114 000€ de cotisations.

Avec un salaire moyen sur ses 25 meilleures années égal à 31 500€, il touchera une pension de 15 650€. Comme l’espérance de vie à 60 ans est de 21 années pour les hommes, notre baby boomer va toucher 15 650€ pendant 21 années, soit 328 650€.

C’est-à-dire 3€ de pension pour 1€ cotisé. Nettement plus intéressant que ce qu’on promet à notre jeune homme de 20 ans d’aujourd’hui, à savoir 1€ pour 1€!

Et notre baby-bommer, qu’aurait-il obtenu s’il avait investi son argent dans la dette publique ? Sur la base des rendements historiques de la dette publique, on obtient un capital de 257 000€. Ce qui, sur la base d’une espérance de vie de 21 années, se convertit en rente de 14 900€.

Résumons

1$ investi en 1900 dans le S&P 500 s’est transformé, après correction de l’inflation, en 140$ aujourd’hui. Similairement, 1$ investi en 1900 dans les bons du trésor, est devenu aujourd’hui 8,5$. Voici l’historique du capitalisme, crises comprises.

Dans le beau système que nous promet la « solidarité », 1€ versé aujourd’hui, donnera droit à 1€ versé dans cinquante ans.

Et grâce à ce système, une taxe moyenne de 26% (régime général + complémentaire) sur le travail empêche la jeunesse de trouver un emploi.

Jeunesse, les générations qui vous ont précédés ont décrété qu’elles auraient le droit de ponctionner le travail de leurs enfants.  Et puis, curieusement, elles ont oublié d’en faire. Ce contrat intergénérationnel, vous ne l’avez pas signé. Ce n’est donc pas un contrat. Aujourd’hui, on vous dit que vivre du travail d’autrui dérive du principe moral de « solidarité ». Et si vous n’êtes pas convaincus, on vous promet que vous aussi, une fois vieux, vous pourrez prélever les fruits du travail des jeunes. N’allez pas croire que c’est une bonne affaire, ils seront trop peu nombreux.

Barrez-vous ou révoltez-vous, mais ne laissez pas les anciens partir sans payer ! Je sais, ce sont nos parents, nous les aimons, mais ça ne leur donne pas le droit de nous faire les poches ou de nous laisser leurs ardoises d’impayés.

lundi 17 juin 2013

J'ai composé l'épreuve de Philo - Que devons-nous à l'Etat?




Sujet : "Que devons-nous à l'Etat?"

Voilà un sujet qui m’aurait particulièrement plu et auquel j’aurais volontiers pu répondre sur plusieurs pages. Déjà pour commencer, j’aurais évité les classiques pièges comme parler de concepts communs et banals tels que d'évoquer les amendes et les taxes à payer. Je me serais aussi abstenu de mélanger le gouvernement et l'Etat et enfin d’amalgamer le droit, qui n’est pas le sujet ici, et le devoir du citoyen.

Plan

0/        Intro 

La question nous interroge sur la relation que nous devons avoir avec l’Etat. Elle prend donc un sens politique : Nous sommes des individus privés soumis à des principes dictés par l'Etat et auxquels nous devons nous soumettre. De la même manière que nous sommes des citoyens qui aidons collectivement ce même état à élaborer ses lois de telle sorte qu’il puisse être « souverain ». C’est le principe de la démocratie.

Comme le rappelle le philosophe WEBER, l'Etat est le pouvoir supérieur qui détient les clefs du législatif, du judiciaire et de l’exécutif : Il a le monopole de la violence légitime qui lui permet de recourir à la force pour faire appliquer ses principes pour servir l’intérêt collectif et garantir les libertés individuelles.

Alors « que doit le citoyen » ? La question paraît invraisemblable car il est souvent question des « droits de l'homme et du citoyen » qui met plutôt en rapport ce qu’un individu peut demander à l'Etat en terme d’éducation, de sécurité, de droits sociaux, d’infrastructure ou d’éducation à la manière du concept « d’état providence ». Or il est bon de rappeler qu’il ne peut y avoir de droits dans un pays sans sa propre contrepartie: les obligations parmi lesquelles le pays ne saurait exister.

Et par extension de se rappeler et de se questionner sur le fondement et le mode d’organisation de l'Etat qui appelle à faire appliquer des devoirs civiques en plus du seul seuil de l’obéissance qui suffit à une tyrannie.

1          Nous devons obéissance aux principes de l'Etat. 

Par la contrainte, nous devons nous soumettre et obéir aux règlements qui permettent de garantir le maintien de l'ordre dans le Pays car nous sommes tous asservis à la loi.

Nous devons honorer l'Etat et ses plénipotentiaires. Toute tentative d’offensive envers un représentant de l’Etat doit être réprimandée car il s’agit par extension d’une attaque symbolique envers l'Etat.

Nous devons participer au financement par une contribution. Nous y sommes contraints et en cas de désobéissance, l'Etat peut recourir à la force légale. Dans son livre, le LEVIATHAN, ou Traité de la matière, de la forme et du pouvoir d'une république ecclésiastique et civile, le philosophe HOBBES explique son concept d'Etat pluripotente autoritaire à qui nous devons une servitude absolue, garantissant l'ordre et la paix civile. De la même manière, nous devons aujourd’hui obéissance entière à l'Etat  et renoncer à nos libertés naturelles sans contrepartie pour le Pays qui nous doit peut être de nous épargner de la guerre civile et le concept premier du tous contre tous (Etat de nature).

2.         Nous devons servir l'Etat 

En tant que peuple souverain, nous sommes aussi à l’origine des règlements qui régissent notre pays. Nous participons à l’élaboration de la loi et constituons par la même occasion une partie de « l’Etat », du moins dans une démocratie.

Les devoirs civiques (recours au vote, organisation régulière d’élection, paiement de contributions à l'Etat  organisation de la défense ...) sont des garants invariables des Etats dit « libres » et contrôlés par leur peuple.

Nous devrions, à la limite, sacrifier notre vie si le Pays est en danger. Ce concept peut paraitre étonnant aujourd’hui mais il prenait tout son sens du temps des armées révolutionnaires constituées à la suite de la révolution lorsque la France était menacée par des pays étrangers.

Ces obligations laissent aussi penser, non à Etat totalitaire comme décrit dans le  LEVIATHAN, mais à un Etat fondé sur le modèle du « contrat social » décrit par le philosophe ROUSSEAU. En d’autres termes, les individus ont des obligations et des droits entre eux et chacun s’engage à concourir de telle sorte que l’état soit légitime et reconnu.

3.         La forme que prend l'Etat dépend de nos devoirs 

Si nous ne devons que servitude, nous évoluerons dans un Etat tyrannique, où le Pays n'a que des droits et l’individu que des obligations. Tout est dû au Pays qui ne nous doit rien.

Un Etat légitimé par son peuple (démocratie) se base sur la définition première du  contrat social: l'Etat a des obligations envers son peuple qui lui-même lui est tributaire. Dans ce modèle, le « souverain » est le peuple et non un monarque absolu comme le rappelle une citation de Louis XVI devenue célèbre: « L’Etat c’est moi ».


Néanmoins, la théorie du contrat social peut être discutée: pour que l'Etat xiste et puisse nous garantir des biens et des services, il faut que son peuple lui laisse le « monopole de la violence légitime ». De la même manière que le Peuple devra céder à ses libertés naturelles. De plus, l'Etat démocratique ne présage-t-il pas l'établissement préalable d'un LEVIATHAN?

La soumission incontestée semble bien être la première obligation qui rend possible l'Etat-même. Ensuite viennent les autres droits et devoirs... Ce qui appelle à se poser la question si le droit d’un Pays est la base de la force de l'Etat  ou si c'est la force qui fonde le droit avec pour conséquence le devoir d'obéissance à la base des droits exigibles par la suite.

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A illustrer d'exemples
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mardi 11 juin 2013

Joyeux anniversaire François


C’est ton premier anniversaire de Moi Président, mon Françounet, et je dois bien t’avouer qu’après un an d’exercice, on a la bougie un peu molle et la flamme vacillante. Souviens-toi pourtant, c’était un joli soir de mai comme tu les aimes, enfin comme on les aimait.

Le peuple de gauche revenait triomphant à la Bastille, la droite et l’extrême droite consolidaient leur alliance en dénombrant quelques drapeaux algériens dans la foule, hurlant déjà à la légalisation prochaine des prières de rue et du piétinement des principes républicains et laïcs par des fous de Dieu extrémistes. Un an plus tard, on en rigole pour ne pas en pleurer, ce sont les mêmes qui s’agenouillent sur le bitume et bafouent la démocratie au nom d’un obscurantisme qui n’a rien d’islamiste. Mais cette victoire sur les cons, cette application méthodique d’une des propositions fortes de ton programme, est bien la seule raison de se réjouir franchement de cette première année de mandat. Oh si, remarque, il y en a une autre, d’importance : on préférera toujours ta bonhomie un peu empruntée à l’hystérie vulgaire et dangereuse de celui que tu boutas hors du Palais. Comme à tout prendre on se satisfait de s’endormir dans la paix de savoir qu’on n’est plus dirigés par HORTEFEUX, BUISSON, GUEANT, WAUQUIEZ, PECRESSE ou DOUILLET. On se satisfait de peu, et on s’endort beaucoup, faut dire.

Cette gauche camomille que tu incarnes, on en viendrait presque à lui préférer la gauche caviar d’autrefois, bien qu’avec CAHUZAC on en ait retrouvé à nouveau brièvement le goût et le dégoût, et qu’accompagné de fromage suisse, le caviar soit encore plus indigeste. Mais la camomille, tiède de surcroît, sucrée à l’aspartame du réalisme économique et de la rigueur budgétaire, n’est pas non plus la tasse de thé qu’on attendait en te confiant l’argenterie et la porcelaine élyséennes.

Ton “ennemie” la finance t’a finalement accepté pour ami sur le Facebook du renoncement et de l’impuissance, et MERKEL a liké avec des coeurs et un smiley radieux. Si encore tu paradais comme un cador sur la crête des sondages, si ta politique de droite maquillée de quelques fards sociaux t’avait rendu populaire, on pourrait se sentir cocus mais contents, au moins pour toi. Mais à 25 % d’opinions favorables, chiffre sans doute corrigé à la baisse d’ici la parution de ce billet, tu dégraisses plus vite encore que pendant la campagne tout en imposant à tous ton régime de merde.

Ou tu n’as rien compris, François II, ou alors tu es au contraire le plus grand stratège socialo depuis François I et personne encore ne s’en est aperçu. Le capitaine de pédalo dans la semoule, pour parodier ce con de MELENCHON, serait ainsi un croisiériste averti qui trouvera la bonne vitesse pile au moment où il faudra franchir la ligne d’arrivée, avec pour objectif un second tour de bassin. D’ici là, combien de pauvres gens auront passé par-dessus bord ? Combien finiront dévorés par les requins dont tu préserves étrangement la prolifération ? Combien auront eu la gerbe ? Quelles tempêtes aura-t-il fallu traverser et combien d’avaries auront entamé ton rafiot ? A quoi aura servi tout ça, hormis à t’assurer un strapontin pas trop miteux dans l’histoire de France ? Putain, Francesco, il reste quatre ans, fais pas ton Raymond ! Si tu échoues sur le sable ou plonges dans les abysses, qu’au moins l’honneur soit sauf et les regrets moins salés.

Je t’embrasse pas, t’as du boulot. 

Repris de Christophe Conte

lundi 10 juin 2013

Les antifa et les fachistes - des morts pour rien



Les militants d’extrême gauche ont pour habitude de s’interpeler entre eux par le terme « camarade ». Selon la définition du Robert, le camarade est la « personne qui partage le sort d’une autre ».

Manifestement Clément MERIC n’aura jamais connu ce genre de partage puisqu’au lieu de défendre ce chétif roquet sortant tout juste d’une leucémie, ses « camarades » l’ont au contraire poussé vers le danger en excitant sa hargne, selon le témoignage du vigile, « chambré verbalement » selon BFM TV, se mettant eux-mêmes en retrait et ne tentant même pas de lui porter secours, quittant les lieux alors même qu’il s’écroulait au sol… Belle camaraderie… 

Le vigile déclare avoir entendu Clément dire « ce sont des gens qui ne devraient même pas être vivants », ajoutant qu’il n’était pas le chef de la bande et que sans le bourrage de crâne du meneur antifa le poussant à la haine et à la bastonnade, le jeune freluquet embrigadé serait toujours en vie. Ce témoin crucial accable les antifas dont le leader a sorti des gants de boxe de son sac en incitant les autres à se battre alors que les skins tentaient de partir pour les éviter, réclamant même de l’aide au vigile.

On voit où sont les vrais fachos, alors qu’il a été démontré que l’auteur du coup fatal a au contraire fait en sorte de calmer le jeu, de prévenir le vigile. « Tranquille, tranquille » répétait-il à la bande écumante qui était là pour en découdre, tout en montrant la paume de sa main en guise de drapeau blanc. Il nie par ailleurs avoir utilisé un poing américain. « Tout le monde le connaissait avec son crâne rasé, ses blousons en cuir, ses treillis et ses tatouages, mais à part ça, il n’était pas connu pour des faits de délinquance » selon le maire de sa commune.

Le jeune MERIC quant à lui avait de bien curieuses méthodes pour un humaniste. On a pu le voir le 17 avril dernier s’incruster dans la Manif Pour Tous afin d’agresser les manifestants avec sa fraternelle petite bande. Profitant de son look d’ado bien propre sur lui, il se la jouait fayot devant les flics, rajustant son bandana sur son visage lorsque les CRS étaient éloignés. Il portait au doigt une chevalière destinée à frapper en cas de besoin, et selon les circonstances en cachait le chaton lorsque les CRS se trouvaient à proximité, pour le replacer ensuite vers l’extérieur quand la possibilité de frapper se présentait. Un humaniste … !

Les gauchos ont pour habitude « d’aller au contact » comme disent certains journaleux de parti-pris, ce qu’il faut traduire par « aller casser du facho », sous-entendu tout ce qui n’entre pas dans la catégorie autorisée « antifas ».

Leurs slogans hurlés alors qu’ils cherchent l’affrontement en disent long sur leur bienveillance « A bas l’Etat, les flics et les fachos ! », « cathos fachos, hors de nos villes ! », « mort aux fachos ! », « flics fascistes assassins ! ».

Leur hypnotique anathème « facho » revient en boucle, comme pour s’auto-convaincre et légitimer leur lutte contre ceux qui pensent différemment d’eux et qu’ils entendent détruire au nom d’un humanisme très largement dévoyé.

« Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes » disait Winston Churchill.

Sur le Figaro une femme commente « je viens de voir une photo d’un rassemblement, jeunes le crâne rasé, tatoués, bras tendus… j’ai cru que c’était des extrêmes droites, non des antifa ». Il faut dire que leurs couleurs identiques à celles du drapeau nazi ne peuvent que créer la confusion. Ils portent les mêmes marques de vêtements, utilisent les mêmes codes, usent des mêmes méthodes, de quoi s’interroger sur leurs différences…

Dans la vidéo on voit aussi un « Gentil » antifa faire un doigt d’honneur aux CRS alors qu’un autre crie « qu’est-ce que t’as à jouer les grosses couilles, abruti ?! ». Les flics ont dû apprécier l’ambiance…

A part cela, sous prétexte sans doute de venger la mort de leur « camarade » envoyé au casse-pipe par ceux de son propre camp, des vitrines ont été brisées, du mobilier urbain et des voitures dégradés. Un « facho » pris au hasard dans la rue parmi des gens qui passaient a dû être protégé par la police afin de ne pas se faire massacrer par une bande de « Gentils » qui par moments se mettaient à courir en molestant des gens qui passaient par là.

Ces faits montrent donc sans le moindre doute de quel côté se situe la violence, celle contre laquelle ne s’indignent aucun de nos politiques, plutôt attachés à interdire tout ce qui vient de la droite, forcément qualifiée d’extrême et dont la diabolisation ne reste qu’un sentiment, et avalisant la violence des milliers de petits fachos de gauche, ceux de leur camp, le camp du Bien. Des milliers de petits fascistes de gauche seront toujours plus fréquentables pour ce gouvernement désireux de liquider les libertés du peuple, que les quelques centaines de tatoués qui montrent leurs paumes pour éviter le conflit.

Si celui qui a donné la mort à Clément MERIC est en détention provisoire pour « homicide volontaire » (comment qualifier de volontaire un homicide survenu lors d’une bagarre initiée par le camp du décédé ?) après lui avoir porté deux coups fatals au visage, les propres « camarades » de Clément, ceux qui l’ont poussé à la haine et à l’agression envers un plus baraqué que lui se concluant par sa mort seront-ils poursuivis ? Non-assistance à personne en danger ça va chercher dans les combien?

En reprenant le Robert pour vérifier l’origine des mots, si je vois que la droite est la dextre, la gauche est bel et bien la senestre, la sinistre, en l’occurrence la bien nommée. 

Et pour conclure, extrême gauche, comme extrême droite, la force de vos idées ne mérite pas des morts inutiles. Paix à cette pauvre âme, à ce citoyen, en dépit de ses idées extrêmes.

vendredi 7 juin 2013

Lettre ouverte aux fanatiques


Chers ardents défenseurs de notre civilisation en déclin à cause des homos, des immigrés, des cas soc', de l’Europe, des communistes, chers gars de la Marine, et du pauv' adorateur de Jean-Luc, chers (con)citoyens, chers catholiques, musulmans et croyants de tous bords, je m'adresse à vous.

Trouvez-vous normal que des individus se promènent en bande partout dans votre pays, la France, vêtus de bombers, de rangers, de treillis militaire, de signes nazi tatoués sur le corps, de T-shirt revendiquant appartenir à une race pure et supérieure et détenteurs d'armes blanches? Trouvez-vous normal que ces milices -car il s'agit bien de cela- répondent à des provocations verbales par l'ultra violence pouvant entraîner la mort sous prétexte que cet enfoiré l'avait bien cherché? Etes-vous si désespéré au point de penser que la solution finale serait la seule issue à nos emmerdes? Trouvez vous normal de voir des familles défiler avec pour chars des poussettes remplies de mômes qui ne comprennent rien à ce qui se passe et que l'on utilise pour remplir les rangs des manifestants ou comme bouclier humain contre des agents de l'ordre?

Récemment, l'un des vôtres a expliqué qu'il serait souhaitable de stériliser les cas soc' car à quoi bon leurs laisser faire de futurs chômeurs?.. Puis il a rajouté que l'on devrait leur donner à tous un balai pour les faire bosser gratos en échange des allocs et que s'ils refusent, alors on leurs couperait les vivres. Et puis tant mieux s'ils crèvent la gueule ouverte, ça serait des parasites en moins dans votre (si belle) société.

Que se passe t-il dans vos têtes, dans vos coeurs, dans vos vies? Que se passe t-il pour que vous trouviez tout cela normal? Que se passe t-il pour que la haine et le rejet de la différence deviennent ordinaire? Trop de machins, trop de noirs, trop de juifs, trop de pédés, trop de communistes, trop de profiteurs, trop d'Europe et puis quoi encore? Trop de handicapés? Trop de chinois? Trop de vieux? Trop de malades?

Que vous arrive-t-il? Vous êtes devenus fous en pensant que vous détenez la raison? Où est passée votre humanité? Savez-vous que vous êtes vivants? Savez-vous que la vie est belle? Savez-vous pourquoi vous êtes l'élu? Êtes-vous convaincus que votre vie ne sert qu'à faire du fric et haïr son prochain? Savez-vous que vos semblables sont vos égaux au point de pouvoir se reproduire ensemble en mélangeant nos gênes? Savez-vous que mêmes les homos peuvent se reproduire et avoir des enfants naturels (hé oui bonhomme, tu savais pas?)

Savez-vous tout cela ou êtes-vous complètement lobotomisés, zombifiés et aveuglés par votre souffrance? Savez-vous que vous souffrez? Savez-vous ce qu'est la souffrance? Savez-vous que la famille et les proches de Clément souffrent? Savez-vous quelle souffrance ressentent des parents qui viennent de perdre leur enfant? Savez-vous que la haine n'engendre que la haine? Savez-vous que la violence n'engendre que la violence?

Savez-vous que je souffre en constatant que votre pays, la France, se décompose? Savez-vous que j'ai envie de vomir et de pleurer devant tant de souffrance humaine? La vôtre, la leur, la sienne? Savez-vous que je souffre de vous voir souffrir? Savez-vous que je souffre de n'être plus fier de vous? Savez-vous que je souffre de perdre espoir en des jours meilleurs. Que je souffre de penser qu'inéluctablement, la délivrance et la libération de nos souffrances ne se fera que dans la douleur?

Mon peuple et mes origines sont prisonniers de leurs phobies. La France est paranoïaque, amnésique et schizophrène. Elle cède à la haine, l'individualisme et la violence en pensant que c'est le remède à ses souffrances. Mon peuple est manipulé et déshumanisé pour le compte de l'argent, d'une couleur de peau, d'une religion, d'une sexualité, d'une idéologie... Mon peuple se divise, se déchire et banalise la violence la mort.

Toi qui m'a lu jusqu'ici, regarde toi dans le mirroir et pose toi cette question: "Si c'était ton fils?"

Sincères condoléances à la famille et aux proches de MERIC, sincères condoléances encore au jeune étudiant de l'ENSAM mort cette nuit pour n'avoir pas donné une cigarette, condoléances encore aux personnes assassinées en Corse, à Marseille, aux victimes juives de Toulouse dans l'affaire Mehrah et aux pédés battus dernièrement dans la rue par des lobotomisés de cette vieille folle de Frigide. A tous les enfants qui ne naîtront pas de ces victimes. Condoléances à tous ces morts "pour rien" ou plutôt morts pour des idéologies bidons que certains portent en croyant qu'ils détiennent la vérité.

Sincères condoléances enfin à la France, toi, petit pays qui n'est plus rien, et qui suffoque à l'aulne de ta dernière heure. Je ne pleurerai pas sur ton sort, ta tragique histoire qui pourtant commençât si merveilleusement et qui se finit avec tant d'insipidité...