jeudi 28 novembre 2013

Uriner dans un violoncelle n'améliore pas le son



Je propose que soit inscrit un nouvel adage dans les livres de l’académie:
"Uriner dans un violoncelle n’améliore pas le son"
(oui, je sais, c’est n’importe quoi mais au point où on en est…)

Il faut dire qu’en jouant sans partition l’orchestre Sainte-Panique en résidence chez nous offre au monde un taux de fausses notes inégalé depuis que Lucius Domitius Ahenobarbus dit NERON s’essaya à la lyre pendant que Rome calcinait sous les flammes de sa propre folie. Et encore, je dois dire que celui-ci y arrivait-il tout seul.

On se demande comment font ces musiciens professionnels pour obtenir un tel résultat. Ils sont pourtant tous diplômés du Conservatoire Parisien de Solferino ou de l’Ecole Nationale de musicologie Administrative appliquée ou encore de l’école Polymusicale. Ils disposent donc tous de pupitres, sans exception, et ont même enrichi le bastringue en ajoutant des pédales au piano double-queue…

Bref, la raison, il n’y en a qu’une: Ils ne jouent pas pour le public! Ils jouent exclusivement pour les seules oreilles des musiciens et des pensionnaires de leur propre boutique d’origine. Il n’y a que ceux-là qui comptent pour eux. Et tant pis pour la foule des autres condamnés abonnés ayant dû payer leurs places d’avance pour cinq quatre longues  formidables prochaines saisons.  

Et ça ne marche même pas! Nous en avons eu un parfait exemple avec la présentation récente de LEONARDA, opéra hystéro-baroque enchaînant des scherzos molto vivace pour s’achever sur un grotesque ma non troppo! Mais-pourquoi-donc? Le directeur musical est-il aussi nul? Il connait son pourtant métier (hélas) mais n’écrit sa musique qu’au jour le jour au gré des mictions incontrôlées de l’orchestre. Ça finit donc forcément à tous les coups en eau de boudin bidet…

Tenez, prenez par exemple le premier violon; l’inégalable Moscou-Vichy parti quémander des piécettes à la cité interdite. Il est parti en fanfare dans la grande Beijing récupérer tout un tas de contrats quasi-décrochés par le Pédalonaute lors de son récent voyage officiel. Il est depuis rentré discrètement par la porte de service, la queue entre les jambes et les mains vides. Totalement vides… Et il n’y est pour rien. Oui, pour rien.

Mettez-vous à la place des chinetoques: Ils voient un type se disant ministre des finances venir la gueule enfarinée chercher des investissements chinois à réaliser dans la grande Fraônce. Alors que, dans le même tempo:
  • Son Premier ministre annonce une remise à plat totale de la fiscalité que son ministre des finances apprend par les journaux; et lance sans débander des consultations sur cette mise à plat avec on ne sait trop qui pour on ne sait trop quoi sans y convier le dit ministre des finances à qui il revient d’expliquer toussa à Bruxelles, Pékin et ailleurs… 
  • Son subordonné en charge du Viagra industriel rappelle bien fort qu’il n’y aura pas un rond pour ce qui n’est pas made in Fraônce
Autant dire qu’en bon pères de famille, les chinetoques ont décidé d’attendre de voir

Bref. Et tout ça pourkwa? Pass’kil a fallu en urgence trouver un truc pour calmer les prébendiers de l’orchestre inquiets de l’inversion de la courbe du fromage.

Et tant pis si Mosco’ était alors à Pékin; ça pouvait pas attendre huit jours. Surtout qu’en y réfléchissant un peu plus, même l’orchestre aurait compris que c’était complètement con. Il aurait alors fallu trouver autre chose…

Alors, Mosco’ est rentré bredouille, les mains dans les poches pour que ça ne se voit pas trop. Sûr qu’étant un des trois ou quatre des trente-huit de l’orchestre à n’être pas complètement incompétent, il va finir par se chercher une sinécure à la commission de Bruxelles avant que ça pète.

On remarquera que les hautes intelligences de la Fraônce, qui forment ce splendide orchestre, auront su réaliser, en 18 mois seulement, des réussites portant uniquement sur des trucs qui se passent sous la ceinture. Outre le mariage de nos frères paydays, ils auront su passer avec brio la future criminalisation des michetons. Ca au moins, ça leur parle et c’est pas DSK et DELANOE qui viendront les contredire.

Il serait finalement peut être utile de psychanalyser tous ces gars, des fois qu'on se rende compte que tous les mâles chez eux ne rêvent pas de passer à la mairie déguisés en mariée et que toutes les femmes ne redoutent pas d'arpenter les trottoirs (séquelles psychologiques de campagnes électorales difficiles, sans doute)

Bref, bon, cépatou, d’ici-là va falloir continuer à meubler. Ce soir on fait la fête à la Mutualité: "Grand meeting de défense de la République contre les extrémismes"

Ce pays est foutu.

Les fous de Dieu


Rien n'arrive sans raison (il n'est pas d'effet sans cause...) et les pittoresques absurdités qui naissent à chaque instant, modelant les rapports entre êtres humains (je n'ose écrire que cela constitue encore une société) sourdent très logiquement de l'absence de sens qui règne désormais dans les institutions, les pratiques qu'entraînent celles-ci, et les raisonnements (pour être indulgent) de la masse des citoyens.

Que soient désormais interdites les encres de couleur qui permettent aux tatoueurs de réaliser sur la peau de leurs clients de superbes figures fortement bariolées, prohibition née du mortifère principe de précaution, ne surprend pas – l'obligation de se cantonner au noir pour orner son propre corps est conforme à la pimpante esthétique du totalitarisme bienveillant.

Plus amusant, mais également prévisible, est la décision d'un juge d'obliger un directeur de prison, sous peine de désagréments pénaux, à servir des repas halal aux détenus adeptes de la religion mahométane.

Dans ses considérants, ce magistrat invoque la laïcité inscrite dans la constitution, de modernes déclarations de Droits, les gènes de la république etc., laïcité qui entraîne, pour tout être humain, le libre exercice de sa religion.

Très bien, mais en quoi ce libre exercice entraîne-t-il une obligation faite à autrui de satisfaire aux desiderata des fidèles de telle ou telle superstition?

Le libre exercice signifie que l'on ne peut empêcher un homme (ou même une femme) de croire à une religion et d'en suivre les commandements, si étranges puissent-ils paraître, mais non, il faut le redire, de fournir à ces croyants les moyens de pratiquer leur culte, moyens qui peuvent et doivent être à leur seule charge.

Si demain, un individu prophète d'une nouvelle croyance prétend avoir reçu de son Dieu, qui lui parle d'Alpha du Centaure, l'ordre de faire construire une immense basilique, devra-t-on la faire édifier, au nom de la laïcité, aux frais de ceux qui rient de ce Dieu?

Si un individu, prisonnier condamné, affirme que sa religion exige qu'il ne soit pas enfermé, va-t-on le libérer au nom de la laïcité?

Et aux suppôts des mahométans incarcérés, osera-t-on rappeler que si ces adorateurs d'Allah se trouvent dans une situation qui les prive de nourriture rituelle, c'est uniquement de leur faute, et qu'ils auraient pu penser (et assumer) cet éventuel souci avant de commettre les délits qui les ont envoyés dans une geôle?

Une vieille règle de droit stipulait nemo auditur propriam turpitudinem allegans, comme tout ce qui a du sens cette règle est tombée dans les oubliettes de la post-modernité, il est donc logique qu'aujourd'hui la turpitude d'un individu lui ouvre des droits, au lieu de l'exclure de la société.

Tout aussi logiquement, des édiles viennent d'interdire l'utilisation dans les lieux dits publics de la cigarette électronique, proscrite, puisqu'elle ne contient pas de tabac, au nom de la guerre contre le tabac.

Amusez-vous à raisonner à l'inverse de ce que commande la plus assurée logique (et le sens commun), et vous pourrez prévoir à coup sûr ce qui arrivera demain.

Ce pays est foutu.

mercredi 27 novembre 2013

La chasse aux putes est ouverte



Enfanté par de haineuses femelles avides de publicité et en carte au gouvernement, un projet de loi visant à détruire les plus essentielles libertés des êtres humains vient enfin de frayer son chemin jusqu'aux tribunes à micro de l'assemblée des élus du peuple (souverain).



Tant dans sa lettre que dans son esprit et sa rédaction, ce projet de loi atteint à la perfection, selon les critères esthético-philosophiques du totalitarisme du XXIème siécle.



Admirons d'abord son intitulé, au jargon mâtiné de concept, car il s'agit d'une loi "de lutte contre le système prostitutionnel". Comme est beau ce "système", même accolé à un assez lourd néologisme, qui évoque tant le système du monde cher aux astronomes que le système de Law de fâcheuse mémoire, suggérant ainsi un subtil mélange entre le bien de la pensée scientifique et le mal des manipulations financières.



Enoncé mi-chèvre mi-chou donc, mais adéquat, car de ce système il n'en sera frappé qu'une partie.



En de laborieuses réunions, les fins conseillers des femelles ministérielles leur ont expliqué que la prostitution est un échange marchand et volontaire entre un vendeur (ou vendeuse) et un acheteur (ou acheteuse), d'où trois possibilités pour abolir toute possibilité d'échange:

  • ostraciser le vendeur,
  • ou l'acheteur,
  • ou les deux.


Ce dernier cas présentait l'avantage d'être égalitaire et paritaire, il ne fut, curieusement, pas retenu.



Frapper le vendeur fut écarté, car des études révélèrent que ces vendeurs sont de temps en temps des femmes, dont on ne peut attenter officiellement à la cause sacrée.



En revanche, il se trouve que l'acheteur est bien souvent un mâle, espèce répugnante et scorie d'un passé en cours d'abolition, que l'on peut piétiner sans que protestent les écoterroristes de Greenpeace et du WWF.



Donc, c'est l'acheteur qui sera puni, le vendeur (ou vendeuse) demeurant, conformément aux valeurs républicaines héritées de ROBESPIERRE et MARAT, parfaitement libre d'exercer son commerce, et que tout chaland s'en approchant soit jeté dans un cul-de-basse-fosse est une autre affaire.



L'arrestation du candidat acheteur sera facilitée par une disposition de la loi supprimant le délit de racolage. Ainsi, comme en Californie, autre paradis socialiste, des flics et fliquettes déguisés en hétaïres pourront, en toute légalité, racoler, par des sourires aguichants et des œillades salaces, d'éventuels clients, afin de les jeter à terre, les menotter (comme à Hollywood! ô joie!) puis les emmener vers une destination carcérale.



Après avoir été condamné à un séjour en prison et à une amende (cela tombe bien, en raison du gros trou dans les caisses de l'État), l'amateur potentiel de galipettes tarifées devra subir, et à ses frais, un (je cite):



    "Stage de sensibilisation à l'achat d'actes sexuels".



La pédagogie de ces stages sera assurée par la bande habituelle d'associatifs subventionnés, charlatans psy et illuminés compassionnels... Quant à la sensibilisation, joli marqueur de valeurs citoyennes, elle n'est qu'égale à cette vieille rééducation (rehab, en américain) pour laquelle feu M. STALINE et ses épigones créèrent des camps que les manuels d'Histoire omettent de honnir.



L'évolution des mœurs a remplacé les coups de fouet et les électro-chocs par une parole sirupeuse mais tout aussi totalitaire que les aboiements des sbires bolcheviks – il s'agit, toujours et encore, d'amener l'individu coupable de rébellion, ou simple indifférence, envers l'idéologie du pouvoir, à faire son auto-critique, puis prononcer son acte de repentance, pour enfin balbutier, tout en versant des larmes de joie, que désormais il voit la lumière, et est un homme nouveau, conforme, soumis – un très humble et obéissant esclave.



Oui, cette loi est parfaite en tous points, et nul ne doute qu'elle sera votée, d'autant que le chef de l'opposition-officielle, tout frétillant de retrouver enfin une occasion de nuire à ses semblables, vient de lui apporter son chaleureux soutien, prouvant ainsi une nouvelle fois –mais en était-il besoin?– l'unanimité des politiciens pour établir et renforcer la terreur législative.



D'après Michel DESGRANGES, novembre 2013.

Charte de Laïcité et lavage de cerveau


Trêves de plaisanterie, j’ai lu la fameuse Charte de la Laïcité.

Ca commence comme ça :
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale
Qu’est ce que c’est que cette connerie encore de République sociale? La dernière étape avant la République socialiste?

Imaginons, juste pour rire, qu’un ministre de l’éducation dans un gouvernement de droite ait pondu une charte à afficher dans toutes les écoles dont le préambule aurait défini la France comme une République libérale?

Genre
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et libérale
Alors c’est très bien de rappeler dans cette charte que l’Etat est neutre à l’égard des convictions religieuses ou spirituelles. Mais qu’il le reste aussi, neutre, à l’égard des convictions politiques.

Car au fil de l'eau je constate que cette république souffre de plus en plus d'une overdose chronique de grands principes. Le plus difficile pour les principaux et proviseurs chargés de la faire appliquer sera sans doute de lui trouver une place sur les murs des établissements déjà recouverts de règlements de toutes sortes, tous censés assurer le respect du bien commun et encore plus de lui donner un semblant de crédibilité aux yeux des élèves, saturés par les dix ou vingt pages de règlement scolaire de l’établissement, soigneusement consignées dans le carnet de correspondance.

En matière d’affirmation des grands principes, l’Education nationale n’a jamais manqué de constance, ni d’obstination. Il n’en va pas de même de sa capacité à les faire vivre, à leur donner corps et l’on ne peut guère en vouloir aux élèves d’accueillir par des ricanements ou des haussements d’épaules ce nouveau caprice ministériel.

Au fil des quinze principes affichés dans la charte, proclamés dans cet imbuvable prêchi-prêcha qui semble la marque de fabrique du ministre, les contradictions, les impostures ne manquent pas qui, au final, lui font perdre toute crédibilité.

Difficile, par exemple, de prendre au sérieux l’affirmation de l’égalité garantie par la République (principe 1) –quel rapport au passage avec la laïcité?– dans un pays déchiré par la crise sociale et par une aggravation des inégalités dont la République semble s’accommoder sans forcer sa nature.

Les élèves ne sont ni aveugles ni idiots au point de ne pas se rendre compte que l’école de la république laïque et indivisible est le lieu d’une sélection et d’une ségrégation sociale brutale, que ceux d’entre eux qui se retrouvent très jeunes en difficulté, avant d’être «orientés», comme disent pudiquement leurs maîtres, en apprentissage ou en lycée professionnel sont issus presque exclusivement des milieux défavorisés.

Les programmes scolaires usent et abusent –en cours d’histoire et d’éducation civique notamment– de références aux déclaration solennelles relatives aux droits de l’homme (Déclaration de 1789, Déclaration universelle des droits de l’homme, Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et j'en passe...) qui, le plus souvent, ne suscitent aucun écho ou tombent à plat dans les salles de classe, tout simplement parce le fossé est profond entre les libertés promises et le vécu quotidien des élèves: la liberté, ce sera pour plus tard.

Demandons nous un instant ce que serait une école qui offrirait réellement aux élèves «les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l’apprentissage de la citoyenneté» (principe 6), par exemple par l’intermédiaire de l’exercice pratique de responsabilités, plutôt que de les afficher sur un mur? Il faudrait une révolution culturelle sans doute hors de portée d’un système éducatif.

Cette charte de la laïcité, par davantage que toutes celles du même type qui encombrent les établissements scolaires, n’est pas en mesure de faire grandir et de former des citoyens: en fait, l’éducation ne se réduit pas à un verbiage prétentieux. Je suis consterné de voir un ministre prétendument de gauche, mettant en avant à tout bout de champ un rationalisme qu’incarnerait la laïcité, se complaire dans une posture et des sermons finalement d’inspiration cléricale aussi peu fondés sur la raison et l’expérience.

Derrière la revendication du vivre ensemble, c’est en réalité la stigmatisation qui est à l’œuvre. Loin de «libérer», comme le prétend PEILLON, la laïcité, enferme les individus dans une identité fantasmée et constitue l’occasion d’occulter des conditions sociales qui fabriquent l’exclusion, en empêchant l’émergence d’une société plus juste et plus harmonieuse.

Aussi, les enseignants feraient mieux de consacrer leur temps à enseigner aux mioches la seule morale «morale» qui vaille la peine: les droits de l'homme et du citoyen qui ne sont ni laïcs, ni bénis-oui-oui. De la maternelle au bac et en intensif. Notamment de rappeler:
« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans d’autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. » [article 25, déclaration de 1948]
Et naturellement, les enseignants viendraient à désigner devant leurs élèves comme illégitime tout élu du peuple qui ne ferait pas respecter de telles clauses. Et de leur apprendre que désobéir à ces malotrus n’est pas seulement légitime, mais constitue un devoir moral.

Ces mêmes enseignants pourraient aussi insister sur l’évolution des déclarations des Droits de l’homme au fil du temps. Voir pourquoi tel ou tel article n’a pas résisté à l’usure des hommes. Comme ce fameux article 35 de l’édition 1793:
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »
Apprendre aux élèves les droits de l’homme, TOUS les droits de l’homme, de toutes les éditions, sacrée mission, non? Ça vaudrait tout de même mieux que de leur faire ânonner les paroles sanguinolentes de la Marseillaise?

Et vous, PEILLON, prenez-en de la graine. Sûr que personne ne songerait à vous comparer à PETAIN si vous mettiez un tel enseignement au programme scolaire officiel.

En attendant donc ce déclic ...

mardi 26 novembre 2013

Pendant ce temps aux chiottes d'Orly - Scandale!


Abomination dans le hall d'un aéroport parisien. 

Ce matin, a l'aéroport, à la porte des toilettes se trouve un panonceau (ou élément de signalétique, en novlangue) où sont représentées trois silhouettes, l'une mâle, l'autre femelle (on les distingue par une sorte de trace de vêtement), la troisième également femelle mais se penchant sur une espèce de paquet, ce qui indique aux personnes averties que cette femelle se livre à l'action de langer un bébé. 

Autrement dit, et ici il faut peser prudemment les mots, ce panonceau sous-entend, et peut-être même affirme, ou pis encore impose, qu'une tâche est réservée à un sexe (femelle) tout en en dispensant l'autre (mâle). 

Cette horreur passéiste et réactionnaire n'a pas manqué d'attirer l'attention aux militants de la Bien Pensance. Ce sujet tombe d'autant mieux qu'il coïncide avec la journée mondiale des toilettes, sans doute placée sous le patronage des ONU, UNICEF, UNESCO, OMS, FMI (et peut-être même CIA, NSA et FBI pour la judicieuse installation de micros et caméras), mais sur cette joyeuse célébration, j'ai omis de m'informer plus en détail. 

Revenons à notre mouton sexiste, misogyne et sans doute également homophobe (car, les deux papas qui viennent d'engendrer un bambin qui a besoin d'être langé, où sont-ils, sur ce panneau? De cette absence, ne faudrait-il pas dévoiler le barbare non-dit?). 

Il est possible de distinguer mâle et femelle selon plusieurs niveaux d'analyse, le premier serait trivialement anatomique (mais il y a là encore quelques efforts à faire pour que la totalité des humains et humaines parvienne à une saine indifférenciation atteinte à ce jour uniquement par deux musiciens, Genesis P. Orridge –ex-mâle– et Anna Varney de Sopor Aeternuspresque ex-femelle), les suivants relèvent de la fonction dans le groupe humain, de la perception du genre par autrui et de sa représentation. 

Mais simplifions: à des époques reculées, et en cours d'abolition, existait des fonctions spécifiques au mâle et à la femelle, lesquelles fonctions étaient perçues ce qui entraînait une représentation. 

Ainsi par exemple, (car il faut en ce domaine tout expliquer et illustrer bien soigneusement), le mâle (pour des raisons purement culturelles, sait-on aujourd'hui) chassait le mammouth, l'observateur percevait que ce chasseur était mâle, pour ensuite se représenter tout chasseur comme mâle, tandis que la femelle allait faire du shopping dans les grottes voisines, d'où, j'abrège, la femelle assimilait sa fonction au shopping. 

Ces représentations forment ce que l'on nomme stéréotypes, sortes de virus malfaisants contre lesquels politiciens et gens de médias ont entrepris de vacciner leurs contemporains. 

Or, malgré les efforts méritoires des croisés de la théorie du genre, ces stéréotypes subsistent et tout particulièrement, comme nous venons de le voir, aux portes des ouatères (à la turque? à l'anglaise? je n'ose m'en enquérir, en raison des présupposés ethniques de ces appellations). 

Je crains que les partisans de l'égalité et de la parité n'aient ici confondus la cause et l'effet. 

Car pourquoi existe-t-il de tels panneaux discriminants? De toute évidence, parce qu'il existe d'une part des toilettes pour femelles et d'autre part des toilettes pour mâles et que dans la mesure où existent deux objets différents on ne peut que les indiquer différemment, car les signaler identiquement entraînerait une confusion dont le résultat serait l'impossibilité de distinguer entre toilettes mâles et toilettes femelles. 

La solution apparaît alors en toute clarté, elle est le remplacement de ces toilettes d'un autre âge par des toilettes tout court où se rencontreraient mâles et femelles, ce qui aurait en plus l'avantage de renforcer le lien social et le vivre-ensemble. 

A ceux qui s'inquiéteraient que subsistent d'anciennes habitudes contraires à cette cohabitation, répondons que le changement est en cours – dans une nation de descendants de Vikings, les instituteurs sont désormais chargés d'apprendre aux petits garçons à faire pipi accroupis. 

Espérons qu'il ne se trouvera pas d'institutrices pour enseigner aux petites filles à pisser debout, introduisant alors une nouvelle et inversée différenciation à laquelle je n'imagine pas de remède.

Ce pays est foutu.

Conseils aux jeunes profs de gauche


Les dernières peillonades nous réservent une fois de plus de délicieuses tranches de rigolade.

Je viens de découvrir les dernières recommandations ministérielles qui imposent désormais dans les logiciels de saisie de notes des élèves l'obligation pour le professeur de laisser, en plus d'une "appréciation générale" sur le travail de l'élève, son impression sur les "progrès et efforts faits dans les matières et dans le comportement" et devra donner des "conseils pour progresser"

Je ne vois dans cet agencement que l'occasion d'une nouvelle perte de temps. Selon moi un bulletin trimestriel doit être fort concis pour avoir des chances d'être lu. Les encouragements et les remontrances sont fournies abondamment aux élèves tout au long de l'année. Quel intérêt d'introduire une réitération abrégée en décembre, mars et juin? Qu'est ce que cela va changer aux performances des lycéens. Et puis pourquoi postuler que les élèves ont nécessairement fait des progrès et des efforts


Mais restons dans une démarche constructive à l'égard des nouveautés pédagogiques qui  sont proposées. 

Je vous propose donc de tester le Générateur semi-Automatique d'Appréciations Aléatoires (que les usagers pourront aussi appeler le GAAA).

Le principe est simple: il suffit de sélectionner un membre de phrase dans chaque colonne du tableau pour obtenir une appréciation à peu près crédible. 

On peut pour cela utiliser un dé à dix faces, ou procéder à un tirage au sort de petits papiers. Je laisse chacun libre de sa méthode. Voilà en tout cas bien du temps épargné!





Dans l'attente de vos commentaires constructifs, que j'espère positifs, une fois de plus je me rends compte que -rien à faire- ce pays est foutrement fichu.