lundi 30 décembre 2013

Les contes de la Bécasse



Si les guerres s’arrêtent à Noël, les charlots qui nous gouvernent eux ne connaissent pas de répit. Du moins dans leur capacité à nous prendre pour des imbéciles. De ce point de vue-là, la semaine qu’on vient de vivre est encore une fois un grand cru !

Déjà... La promesse présidentielle, non pardon, l’engagement présidentiel d’inverser la courbe du chômage aura fait long feu. Tel un pétard mouillé, les peintres qui nous gouvernent ne sont pas parvenus « à cacher la merde au chat » comme disait ma grand-mère. Le nombre de chômeurs a augmenté en novembre contrairement à ce qui nous était chanté sur toutes les ondes socialisantes disponibles depuis 1 an. Même les dizaines de milliers de contrats aidés, qu’ils soient qualifiés de « jeunes, francs, d’avenir, de confiance ou des mes-choses-sur-ton-nez » n’auront pas suffi à sauver la parole de pépère. C’est un massacre. Pire que tout, si on rentre dans le détail des chiffres tombés jeudi, toutes les catégories sont concernées par cette hausse : jeunes, plus de 50 ans, de longue durée… toutes les catégories sans exceptions sont à la hausse ! Et si on compte toutes les catégories et les DOM-TOM, on frôle les 6 millions de personnes sans emploi, ce qui nous met à un taux de chômage réel sans doute très proche des 20% de la population active. Les amortisseurs sociaux auraient tenu. Personnellement, j’appelle ça prendre les gens pour des cons.

Alors on se dit que pépère va la jouer profil bas, va demander à ses conseillers et autres comités Théodule grassement payés, ou même l'éminent Claude SERILLON de lui trouver quelque échappatoire de communication… Et bien pas du tout. Il persiste et surtout il continue à nous prendre pour des petits lapins de 3 semaines en nous racontant que tout va pour le mieux puisque le chômage baisse ! On se souvient d’une sortie fracassante qu’il avait faite en conseil des ministres il y a quelques mois : 
«Ce qui est bien, c’est que personne ne croit à cette inversion de la courbe du chômage, avait-il lancé. Ce sera donc une bonne nouvelle!» 
Ou une branlée, donc. Parce qu’aujourd’hui, c’est bien de cela qu’il s’agit. Alors dès la tombée des chiffres, l’Elysée s’est fendue d’un communiqué lunaire: 
« L’inversion de la courbe du chômage, sur laquelle je me suis engagé, est bien amorcée, insiste-t-il. La diminution durable du chômage est désormais à notre portée. » 
Et consigne était passée à tous ce que la Hollandie compte de bénis-oui-oui d’aller porter la bonne parole dans les médias aux ordres. SAPIN, REBSAMEN, tous y sont passés dans des explications des plus alambiquées : ici on compare les hausses par trimestre, là on oppose telle catégorie à telle autre…

La vérité, c’est que « l’engagement » de pépère était déjà une opération de sauve-qui-peut et que ce subterfuge cynique pour gagner du temps lui pète aujourd’hui à la gueule. Même le très Hollandiste journal du soir, Le Monde, fait son éditorial de samedi 28 décembre sur « le déni de François Hollande ». Et dire que le culbuto a retardé sa conférence de presse à la mi-janvier pour pouvoir se targuer de « résultats »… Il aurait peut-être intérêt à la retarder encore un peu… D’un an ou deux, même. On se souvient qu’à l’automne, un poids lourd du gouvernement déclarait, lucide: 
« Cette promesse, c’est la clé de tout. Il n’y a que ça qui compte, tout le reste n’est que littérature. Une partie du quinquennat se joue là-dessus. Si on échoue, on est très mal… » 
Il semblerait que pépère ait fait tapis et que son jeu ressemble à des chiottes de gare roumaines après 3 semaines de grève des services d’hygiène. Je sens qu’on va bien se marrer en 2014…

Non vraiment, ces fêtes ne seront pas formidables pour pépère. Oh, qu’on se rassure, le foie gras sera bien présent à sa table et rien ne pourra l’empêcher d’entretenir son embonpoint de chef de gare provincial. Mais il se peut que la potion soit un peu amère. En effet, avant d’aller taper dans la dinde (je parle du menu de Noël, hein, pas de la première copine…) pépère a été invité au dîner du 70e anniversaire du CRIF. Et il s’y est exprimé avec le seul talent que tout le monde lui reconnaît : la petite blague. Manque de pot, cette fois-ci, c’est l’incident diplomatique. Parlant de VALLS qui rentrait d’Algérie, il a eu ce commentaire : « il est sain et sauf, c’est déjà beaucoup ! », laissant par là même supposer que l’Algérie était un coupe-gorge pour les ministres français. Classe. Subtil même...

Cela n’a pas raté, la classe politique algérienne s’est indignée et elle a eu raison de le faire. Au point que le « palais » a été contraint de publier un communiqué pour s’excuser de l’interprétation qui a pu être faite de cette sortie. On ne voit pas bien quelle autre interprétation était possible, mais bon… A noter que cette petite blague a été sortie par les médias… algériens, et pas français ! Comme quoi, les services élyséens avaient pour une fois bien bossé en demandant aux rédactions de passer sous silence cette saillie gênante… Lui qui ne comptait plus que sur le vote communautaire pour se faire réélire, 2017 commence à sentir singulièrement le roussi….

Pendant ce temps, Bagnolet, petite bourgade de la « banlieue rouge » ou du moins ce qu’il en reste a su se distinguer, comme d’autres communes du 9-3, par le communautarisme et un vaste mouvement d’islamisation. N’ayant absolument rien contrôlé, le maire, communiste, en est réduit à chasser le vote communautaire pour espérer se maintenir dans son fauteuil. Quitte à perdre absolument tout sens commun.

Ainsi, pour plaire à une frange de la population de confession mahométane qu’on imagine aisément radicale, notre bon maire n’a rien trouvé de mieux que de faire Citoyen d’Honneur de sa ville le plaisant Georges Ibrahim ABDALLAH. Pour les plus jeunes d’entre nous, il faut savoir que cet ABDALLAH était le géniteur de la Fraction Armée Révolutionnaire Libanaise, mouvement marxiste pro-palestinien qui a revendiqué l’assassinat de 2 diplomates internationaux. Charles RAY, attaché militaire américain à Paris, et Yacov BARSIMENTOV, deuxième conseiller à l’ambassade d’Israël qui avaient tous deux été tués d’une balle dans la tête en plein Paris. Reconnu coupable de ces meurtres dont il a toujours été fier, le nouveau « citoyen d’honneur de Bagnolet », Georges Ibrahim ABDALLAH, a été condamné à perpétuité en février 1987. J’en connais qui doivent bien se marrer au fond de leur mosquée. 

Par ailleurs, la minustresse des Droits de la femme sait être généreuse avec ses "copines". Le ministère bidon de la belle lyonnaise coûte bien cher. L’hebdo Valeurs Actuelles nous apprend cette semaine qu’une association comptant une trentaine de membres à peine a reçu en 2012… 1m€ de subventions ! Cette association, FIT, présidée par une proche de Najat donc, Mme LEMIERE, est déjà à l’origine du baroque rapport sur « l’individualisation de l’impôt sur le revenu ». Sans doute gêné aux entournures, le cabinet de la bécasse avait alors publié un communiqué sur le fait que cette personne méritante avait piloté le rapport en tant qu’économiste et non en tant que patronne d’une association bidon subventionnée par les copines bien placées… Une coïncidence à 1m€, donc que les contribuables apprécieront à sa juste valeur… 

Quid du budget ? D’abord, il faut savoir que le budget 2014 voté comprend, malgré tous les subterfuges gouvernementaux, plus de 10md€ de hausses d’impôts ! Rien que ça ! Et puis vu les prévisions des peintres sur les rentrées attendues (moins 11md€ et des brouettes dans le budget 2013), on peut déjà annoncer que le financement du fameux CICE via la hausse de la TVA ne sera pas assuré l’année prochaine… Et c’est encore la dette qui va en prendre un coup… Bref…

Comme le souligne le dernier bulletin de l’IREF, Choupinet croit aux miracles. Quand on regarde la politique menée depuis 20 mois maintenant, il pense certainement que les impôts créent des emplois. Il faut savoir que nous avons tout récemment passé le taux d’imposition des entreprises de 36 à 38%, ce qui est absolument inédit dans les grandes économies modernes ! Alors que, depuis les années 1980, les impôts sur les entreprises ont baissé dans les 30 pays membres de l’OCDE, en moyenne de 38 à 27 %. Pendant la même période, le taux est passé de 38 à 24 % pour les pays membres de l’Union européenne. En Grande-Bretagne, l’IS est passé de 28 % à 22 % entre 2010 et 2013 et sera de 20 % en 2015.

Non seulement la baisse de l’IS n’a rien coûté à l’Etat, mais elle a, au contraire, stimulé la croissance du PIB d’un tiers ! Ensuite, il pense que le poids de l’état diminue et que ça va stimuler la croissance. Bon, en fait il faut regarder vraiment les choses : la dette l’année prochaine va vraisemblablement crever un nouveau plafond à 95% du PIB, malgré la charge de 70Md€ d’impôts supplémentaires depuis 2011 ! C’est dire si la fameuse: 
« progression tendancielle » 
est violente ! Pire, alors que toutes les économies modernes ont réduit la voilure en termes d’agents publics, nous, on les augmente ! Il faut savoir par exemple que la Grande-Bretagne a supprimé (depuis 2009) 600 000 postes de fonctionnaires, et les Etats-Unis environ 721 000 postes ! Soit il est visionnaire et il a raison contre tout et tout le monde, malgré ce que lui montre la crue réalité. Soit il nous emmène dans le mur. J’ai une petite idée de la réponse…

Bref, ce pays est fichtrement foutu.

lundi 23 décembre 2013

Un Soldat, un (président)



Parfois le regard se détourne des affaires du monde, par distraction, inadvertance, ou par une nécessité pressante de satisfaire à un besoin naturel, et pendant que nos yeux se sont posés ailleurs, que les efforts de notre esprit furent mobilisés vers un agir égoïstement individuel et non tendu vers la compassion, le partage et le vertueux souci d'un accroissement du vivre-ensemble, avec toujours plus d'ensemble et toujours moins de vivre, pendant ce funeste repli sur soi, combien et tant d'évènements au retentissement cosmique se déroulèrent!

Et alors que le sens du devoir nous ramène à la contemplation de l'océan tumultueux des nouvelles-qui-comptent se distinguent deux vagues roulant des abominations annonciatrices de malheurs terrifiants, d'apocalypses inédites et de copie pour les journaux.

Tremblant d'effroi et surmontant le haut-le-cœur accompagnant la découverte de redoutables ignominies, le chroniqueur a appris que... fut montrée sur tous les écrans devant lesquels se rassemble l'élite de l'humanité l'image d'un homme, un soldat de la bienfaisante troupe chargée d'apprendre à des peuplades exotiques les beautés du multiculturalisme et les principes de tolérance établis par John LOCKE, un combattant du Bien qui exhibait sur la manche de son uniforme de paix une sorte d'écusson où était inscrite une devise, qui fut celle des armées du Mal.

Un seul homme, une seule phrase, c'était assez pour que se mobilisassent les gardiens de la vertu, de la démocratie et de l'amour, et parmi ces sonneurs de tocsin se firent bruyamment entendre les membres d'un Parti jadis allié à ces mêmes armées du Mal, et dont le chef toujours vénéré avait déserté pour, réfugié au sein du Komintern, ne pas combattre les envahisseurs de sa terre natale.

Il fut un temps où les troupes d'élite entonnaient des chants de marche empruntés à l'ennemi d'hier, aux paroles parfois modifiées, parfois conservées, ces chants leur étaient venus de vaincus enrôlés dans la Légion étrangère, et les officiers qui, eux, avaient versé leur sang pour affronter la Bête immonde, n'hésitaient pas à en reprendre les hymnes, parce qu'ils étaient guerriers, exaltant des valeurs qui sont celles, universellement, des hommes qui combattent.

L'imprudent soldat devenu ce jour star-Facebook n'avait pas compris que certains mots, parce qu'ils furent employés soixante-dix ans auparavant par les fidèles d'une idéologie authentiquement criminelle mais totalement annihilée, sont désormais proscrits, et il n'est pas indifférent que ces mots qu'il n'est plus permis de prononcer, ni même de penser, soient honneur et fidélité.

Mais il y eut, en ce même temps que le chroniqueur fut négligent, un plus considérable cataclysme : le Président fit une plaisanterie. L'homme, on le sait, est d'humeur badine, et lorsqu'il doit s'occuper de l'inversion du sens d'une quelconque courbe (chômage, dette, analphabétisme, production industrielle, atteintes à la parité, revenu disponible de l'opulente Leonarda, et tout ce qui s'accroît ou s'effondre, mais ne fait que monter quand cela devrait descendre et descendre quand il fut annoncé que cela montait), hop! un coup d'œil dans les collections de Marius et du Hérisson, gazettes qui faisaient la joie des commis-voyageurs et disparues avec eux, et un bon mot, une saillie y sont puisés, et répétés, avec un sourire chargé d'une ironique supériorité, devant des auditoires que l'admiration rend muets.

Hélas, l'esprit présidentiel, (et ici esprit est employé dans le sens que M. le duc de SAINT SIMON parlait d'esprit Mortemart et M. PROUST d'esprit Guermantes) pourtant apte à résoudre, par la seule force d'un verbe primesautier, toutes les difficultés intérieures passées, présentes et à venir, a paru trop subtil pour être saisi, en toutes ses fines nuances, par une population étrangère, bien que nous lui ayons, autrefois, fait cadeau de notre langue.

Bref, cette population, qui loge en partie outre-Méditerranée et en partie dans les banlieuessensibles, se sentit vexée par l'humour présidentiel (et même d'autant plus outragée que la phrase fut dite devant les adeptes d'une religion autre), et exprima son mécontentement en des termes sévères, peu conciliants, et guère amènes pour le Président.

Sous cette volée de bois vert, un homme soucieux de son honneur eût répondu en faisant canonner les palais des insolents, mais nous avons vu que l'honneur a été aboli, par ailleurs, les troupes disponibles (et dans lesquelles, comble de malheur, se pavane un élément indésirable) s'affairent dans la partie noire du continent que conquit l'homme blanc, il ne restait plus au Président qu'à présenter des excuses, s'abîmer en regrets et se rouler dans la repentance.

Il se montra habile en cet exercice, mais les mots ne suffisent pas à guérir les blessures qu'infligèrent d'autres mots, et c'est en chemise, pieds nus et la corde au cou que le Président ira demain (cérémonie retransmise sur Arte et Youtube) implorer le pardon des Barbaresques, pendant que l'on déversera sur sa tête des seaux emplis de pipi de chamelle.

Et tout sera (enfin!) pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

(Amen)

mercredi 18 décembre 2013

La mort pour tous, c'est maintenant!


La question de l’euthanasie revient avec fréquence dans les médias, telle la comète de HALLEY dont on sait qu’elle passe à intervalles réguliers. C’est une sorte de marronnier qui marche pas mal quand le journaleux n’a rien à se foutre sous la dent. Et malheureusement c’est avec le même dégoût que je lis et relis tous les ans ce sujet avec les mêmes articles, les mêmes témoignages et conclusions et les mêmes exemples. Un peu comme les thématiques sur les francs-maçons, les prix de l’immobilier et les hôpitaux…

Souvenons-nous qu’il y a deux-trois ans on a pu mater en 16/9ème sur écran extra-plat le visage tuméfié et déformé de Chantal SEBIRE. Une exhibition honteuse reprise par certains qui en firent la promotion pour revendiquer une loi sur l’euthanasie.

Mon propos n’est pas d’écrire que je suis contre ou pour l’euthanasie mais contre une loi. Chacun a la propriété exclusive de son corps. Si une femme veut avorter et bien qu’elle avorte, de même que si un homme veut se donner la mort, libre à lui. Mais refusons que la pieuvre législative intervienne dans une question si personnelle. Malheureusement, toujours soucieux de manifester sa bienveillance envers ses sujets par médias interposés, et dans le plus infime détail et dénuement, le Léviathan vient de faire publier un rapport, ou étude, ou document, ou griffonage, ou chiffon (ces termes sont synonymes) établi par une haute commission, ou haut comité, ou haut conseil, ou haut aréopage (même remarque) composé(e) de spécialistes du néant, experts en art sorcier, chercheurs en art contemporain auxquels s'ajoutent, de hautes personnalités et d'aléatoires quidam pêchés dans la menue plèbe.

L'objet de ce rapport (pour simplifier), est de faire progresser, sans trancher mais en suggérant des propositions aptes à devenir des avancées législatives, la question, déjà débattue sans succès, de l'euthanasie, du suicide assisté, de la fin de vie, et diverses désignations d'un passage de l'existence vers le rien (ou le paradis, l'enfer...).

Rien de plus grotesque que l'expression fin de vie: on ne peut savoir qu'un individu s'est trouvé en fin de vie qu'une fois qu'il est mort, car s'il semble que la mort soit un événement certain, sa date, elle, étant incertaine, et l'on peut aussi bien dire qu'était en fin de vie depuis sa soixante-quinzième année un monsieur mort, en bon état, à quatre-vingts ans que l'était en son dernier matin une demoiselle de vingt ans tuée l'après-midi par une chute de tuiles.

Pour le reste, jeté en vrac dans ce pseudo-débat avec la confusion propre à ces agitations essentiellement spectaculaires (entendu: destinées à fournir un spectacle), il s'agirait à la fois du suicide en dernier ressort et de la possibilité accordée à des bourreaux, ou médecins, d'expédier ad patres un agonisant dont on n'espère plus rien et dont l'entretien devient onéreux.

En fait, toute l'affaire se résout à la question, prudemment occultée, de la propriété de soi, que l'on peut considérer de trois manières :
  • La plupart des religions affirment que toute vie humaine appartient à Dieu, et que lui seul en dispose, quiconque partage cette croyance s'en remettra aux interprètes de la parole divine, les prêtres, pour déterminer s'il doit vivre ou mourir, décision qui ne regarde en rien la Pieuvre,
  • D'autres êtres humains ont la conviction que leur vie leur appartient, qu'ils ont le droit d'y mettre fin selon leur bon plaisir, et qu'il est légitime et moral (mais hélas non licite) de prier un tiers (médecin, charcutier, piposophe...) de leur tirer une balle dans la tête pour ensuite dévorer leur carcasse. Cette position est fortement combattue, et sa mise en œuvre prohibée par des nuées de lois,
  • La troisième attitude, qui prévaut, est celle de la Pieuvre qui considère que la vie de ses sujets lui appartient et qu'elle est seul maître de la préserver ou de la détruire. Cette dernière se sentant d'autant plus riche et forte qu'il y a plus de sujets, et qu'il est toujours plus amusant (sinon reposant) de régner sur des millions d'individus plutôt que quelques dizaines (d'où l'interdiction du suicide dans diverses cités antiques, telle Massilia, parmi d'innombrables d'autres exemples).
Cette certitude de propriété de la vie de ses sujets s'exprime par toutes sortes de lois destinées, plus à tort qu'à raison, à protéger cette vie, telle l'obligation de mettre une ceinture d'esclave pour s'asseoir dans une automobile, l'interdiction de consommer certaines substances arbitrairement déclarées stupéfiantes, ou la condamnation au feu de l'ouvrage Suicide, mode d'emploi, qui contenait des conseils utiles pour quitter commodément ce monde, et échapper définitivement aux tentacules gluantes de ce foutu pays.

Bref, dans la société actuelle, c'est le Léviathan, et lui seul, qui s'est arrogé le droit de dire, très éventuellement..., quand et comment (attendrissante concession...) un être humain peut choisir de mourir plutôt que vivre.

L'affaire n'est pas nouvelle, elle a resurgi parce que l'on en discute en d'autres contrées, ou en raison de larmoyants documentaires télévisuels, ou pour le plaisir de faire papoter, et a pour charme essentiel d'être absolument insoluble dans les termes où elle est enfermée—c'est-à-dire de vouloir la résoudre par une loi.

Ce n'est en effet pas la même chose que le cas d'un M. DURANT, assez mal portant et fort âgé, mais capable de se plaindre d'intolérables souffrances et d'exprimer clairement son désir d'être piqué pour en finir (mais ces souffrances n'ont-elles pas annihilé sa volonté, son libre-arbitre?) et d'une Mme DUPONT, pardon Mme SEKKYYEH (égalité et diversité oblige) réduite à l'état de légume à la date de péremption dépassée, et dont l'arrosage (ou maintenance sous perfusion ) commence à peser à ses proches et obérer la cassette de nos gouvernants -- dans ce dernier cas, c'est un autrui qui recevrait le droit de l’envoyer dans les limbes, ce qui est, en fait, un meurtre (qui peut être légitime).

Bref, une solution serait d'autoriser chaque sujet à écrire, un jour de pleine conscience et de belle humeur, un document par lequel il autoriserait une personne de confiance dûment nommée à le tuer dans certains cas précis qui peuvent advenir (et dont l'énumération ne pourra jamais être exhaustive). Mais si la personne de confiance trahit la confiance (dans l'espoir d'un héritage, par exemple...)? Ou si ce sujet ne trouve quiconque à qui remettre son destin? Eh bien tant pis… de toute façon il est impossible de tout prévoir, tout régler –car ainsi va la vie, et la mort.

En tout cas je trouve absurde de vouloir légiférer sur tout. Il est impossible, tant les gens et les situations sont différents, de vouloir définir un standard du droit à mourir. Car ou placerait-on la limite? Qui aurait le droit de décider? Penchera-t-on pour la famille alors qu’elle n’a pas de compétences médicales? Ou le malade qui au moment où il exprimera son choix n’est pas en mesure de le faire de manière éclairée tant l’appel à la mort sera ressenti comme un appel à l’aide? Ce choix du malade, dont la conséquence est irréversible, sera-t-il constant dans le temps? Ou préférera-t-on laisser le choix au personnel soignant alors que le Léviathan les presse de plus en plus vers des choix économiques? Tiendra-t-on compte des perspectives de progrès qui laisseront entrevoir l’hypothèse de pouvoir soigner des maladies aujourd’hui réputées incurables? Tiendra-t-on compte des intérêts familiaux?

En fait, il est impossible de standardiser la mort assistée et c’est la raison pour laquelle je crois qu’il est urgent de ne pas légiférer sur ce sujet. Pour ma part, et ce à quoi je suis prioritairement intéressé, si je n'ai le bonheur de trépasser subitement, je sais que, malgré toute volonté que j'aurais pu exprimer librement, si je dois me trouver en triste état et livré aux médecins et fonctionnaires assortis, il en sera de faire en sorte de me garder ici quoi qu’il advienne car je pense aimer trop la vie, malgré mon amertume pour le pays, pour vouloir y renoncer.

dimanche 15 décembre 2013

Le rapport de la désintégration et le président douillet


Le Président s'étira voluptueusement. Loin des tracas de la « ville-capitale » de l’égalité et des orages contestataires, bien décidé à profiter en toute bonne conscience de son escapade dans cette plaisante colonie dont le climat tropical était particulièrement plaisant en hiver. Il s'était fait accompagner, plutôt que de sa concubine numéro 2 dont les babillages engagés le lassaient un peu, d'une fringante ministresse récemment canonisée et élevée aux cieux par un magazine féminin, un méta-philosophe mondain et un collectif de théologiens inuit -et dont les ancêtres avaient ensemencé de leur sang et leurs larmes cette terre désormais couverte de champs fertiles et de bureaux d'aide sociale-.

La veille, la ministresse, coquettement vêtue d'un pagne traditionnel, avait, sur la grand place de la préfecture et devant un peuple en liesse, allumé le bûcher où allait se consumer, pour avoir été déclaré coupable d'apologie de crime contre l'humanité, le roman, jadis célèbre mais un peu oublié, de Frédéric Soulié Le bananier (Paris, 1843), dans lequel un philanthrope abolitionniste achète une plantation pour en libérer les esclaves et découvre que ceux-ci, nourris, logés, blanchis (selon la formule consacrée) par des maîtres bienveillants en échange d'un léger travail accompli au son des rires et chansons souhaitent que rien ne soit changé à un sort qui satisfait leur tempérament (et conforme à leur nature, eût précisé Aristote).

Le souvenir de la cérémonie citoyenne emplissait d'une tendre émotion le cœur sensible du Président qui, dans le plateau de douceurs indigènes (mangues, papayes, litchis…) apporté pour qu'il se sustentât, attrapa le fruit d'une plante monocotylédone de la famille des musacées, commença d'en ôter la peau, se souvint de ne pas la jeter à terre car elle pouvait le faire glisser, quand... "Ding ding!" fit son smartphone arc-en-ciel, lui signifiant ainsi l'arrivée d'une alerte de notification. Il regarda et ne put retenir une exclamation:

-Pathétique andouille ! Goîtreux des Pyrénées! Crétin des Alpes!
-Qu'est-ce qui se passe, mon Président ? s'enquit la ministresse, dont les yeux de gazelle s'étaient emplis d'inquiétude.
-C'est le Premier commis !

Le Président expliqua. Profitant sournoisement de l'absence de son maître, le Premier commis avait mis en ligne sur son site primo-ministériel le Rapport sur la désintégration de la société fraônçaise, établi, après des mois de labeur honnêtement rétribué, par les membres les plus éminents du Politburo (chercheurs en recherche, syndicalistes, sorciers kanaks, universitaires dyslexiques, et Cie…).

Cette publication avait entraîné le Premier commis dans un pugilat électronique 2.0, mené à coups de touitts assassins, avec le chef de l'Opposition officielle et subventionnée, qui avait fait ricaner des commentateurs malveillants, nuisant à la crédibilité du gouvernement, à la baisse de la rétractation négato-positive du PIB et aux ondulations browniennes de la courbe du chômage.

Surtout, elle avait dévoilé la feuille de route d'un vaste programme de mise en conformité de la population indigène avec les acquis les plus généreux de la sensibilité nouvelle.

-Et pourtant, dit le Président, quoi de plus légitime que cette proclamation de l'égalité des langues! Comme l'ont prouvé nos anthropologues culturels, en ce même siècle où Corneille comptait péniblement les pieds de ses fascistes alexandrins, dans une savane où paissaient en gai vivre-ensemble gazelles et lions, des bardes de génie composaient des épopées sublimes que nous eussions conservées si ces peuples n'avaient eu l'excusable étourderie d'omettre d'inventer l'écriture!

"Quant à nettoyer notre passé de toute trace de ces hommes que les scientifiques américains nomment dead white men et ont depuis longtemps chassé de leurs manuels d'Histoire, ce ne serait que rattraper un retard qui peut nous mettre au ban de l'Unesco et nous exclure de toute communauté du savoir!

"Et cette dimension arabo-orientale des terroirs bretons ou auvergnats, n'est-elle pas l'expression fraternelle d'une géographie enfin débarrassée de ses vieux démons ethnocentristes!

"Enfin, n'était-il pas temps de créer ce crime de harcèlement racial, indispensable complément de ces prohibitions du harcèlement religieux, du harcèlement patronymique et du harcèlement discriminatoire que je viens d'ordonner de voter...

"Il n'y a rien dans ce rapport qui ne s'inscrive dans la logique de mon action, rien qui ne soit d'une parfaite cohérence avec le monde nouveau que j'entreprends de bâtir et dont les premières pierres humanistes ont été posées, s'il faut le préciser, par mes prédécesseurs.

Mais, en habile politique et fin connaisseur de l'état d'esprit des diverses couches de populations qu'il gouvernait avec sagacité, le Président avait observé que des groupes attachés à d'obscurantistes superstitions pouvaient opposer quelque résistance à la destruction, pour leur bien, de modes de vie et de pensée ancestraux, et qu'il lui fallait donc agir par petites touches législatrices, infusées avec autant de discrétion que de constance, sans dévoiler en son entièreté le vaste plan d'ensemble qui ferait accéder les dessouche au bonheur fusionnel de leur absorption par un Autre conquérant.

- Que faire ? s'interrogea le Président. Je ne peux nier le rapport sans me renier, je ne peux l'avouer sans risquer un vacillement de mon indice de popularité...
-Il y a une solution, murmura la ministresse en lui jetant, sous ses longs cils enduits de khôl, un regard chargé de complice tendresse.

Alors le Président convoqua porteurs de caméras et de micros et, à la question qu'il avait demandé qu'on lui posât, il répondit:

-Je ne suis pas au courant.

Puis il passa à autre chose, guerres exotiques, marchés du siècle, concassage du squelette de Frédéric Soulié – et tout fut oublié.

vendredi 6 décembre 2013

Léonarda et la malheureuse pastèque discriminée


La mise en examen d'un célébrissime chanteur américain coupable d'avoir prononcé une phrase offensant je-ne-sais plus quelle peuplade est-européenne marque une nouvelle étape du processus d'abolition de toute liberté d'expression. D’ailleurs, ces plaignants ne figuraient pas, jusqu'à ce jour, au registre des espèces protégées.

La phrase fut dite dans une interview donnée à un magazine américain, puis traduite pour l'édition française, et voilà le délit constitué par les ayatollahs de la Bien-Pensance qui sévissent au pays des droits de l'homme antiraciste et humaniste. Son sens, que j'ai cru deviner assez mal fondé, et même marqué par le préjugé, importe peu, mais importe l'extension continuelle du nombre et des catégories de victimes recevables à traîner devant les tribunaux quiconque a le malheur de vouloir dire ce que, à tort ou raison, il pense.

Je refuse, pour ne pas trop m'aigrir l'humeur, de lire le code pénal, ni même de m'informer de toutes les nouvelles prohibitions, dont l'avalanche décourage le décompte, mais crois savoir qu'il n'est désormais plus permis de porter, sur certaines périodes historiques, un jugement divergent de la vérité officielle, gravée dans le bronze de la loi, et je crains que quiconque entreprendrait de publier un éloge, mérité, de Simon DE MONFORT encourrait les foudres d'une association (subventionnée) de Cathares et autres Parfaits.

Le principe de précaution enseigne que désormais, et en de telles circonstances, le plus sage est de garder de CONRART le prudent silence, un auteur moins prudent, et que sa plume démange, trouvera dans La persécution et l'art d'écrire de Leo STRAUSS quelques idées de ruse rhétorique transposables à notre temps. Une solution, donc, est d'éviter d'écrire tout nom propre , de personne, de peuple, de pays, de fleuve, et sans doute de planète et galaxie, en faisant attention à ne pas citer de fonction permettant une identification – par exemple, un modeste:
"la vision de la ministresse du redressement des torts me fait penser à un flan" 
serait vite compris, traduit et poursuivi par les vigilants Sherlock HOLMES associatifs. Peut-on encore, marchant sur les traces du Président de MONTESQUIEU, tracer un tableau de notre pays et de ses plus grotesques citoyens sous le masque de lettres persanes? Je crains qu'il ne faille attendre une jurisprudence pour se prononcer, mais mieux vaut n'en être pas le cobaye.

A l'exception de Sainte LEONARDA, montée depuis au ciel du Kosovo, ce n'est pas ici la crainte du gendarme qui me guide, mais la volonté de donner à ces absurdités triomphantes un caractère d'exemplarité, qui dépasse la triste personne de tel ou telle, ou mieux résumé, de m'élever à la dignité plus haute du moraliste –tout en négligeant la gloire du martyre–.

Dernière chose, citons un édile méridional qui vient de tenir des propos sur une population nomade, mais séjournant sur le territoire de sa commune, le temps de commettre quelques menues dépravations et recevoir de copieuses allocations, exprimant par l’occasion ce que pensent ses administrés, et même la grande majorité des citoyens qui ne sont pas membres de l'oligarchie, ni intellectuels ou artistes subventionnés, et ne demeurent pas à Passy ou Saint-Germain-des-Prés (qui ne vivent pas dans les beaux quartiers, comme écrivait ARAGON). En effet, selon les mœurs du temps, un espion sans doute muni d'un smartphone enregistra les propos, sans en percevoir l'ironie, puis les diffusa urbi et orbi de sorte qu'ils atterrirent à la Une de médias perpétuellement indignés.

Aussitôt, vigoureusement manié par les petits chefs de son propre parti, le fouet s'abattit sur le malheureux maire, qui fut en même temps voué aux gémonies, au gibet, aux galères et à l'estrapade, à l'exécration des bien-pensants et à la damnatio memoriae – sans oublier une menace d'exclusion du paradis de l'opposition consensuelle.

Cela montre encore une fois combien il est imprudent –aujourd'hui– de parler, tant la liste des sujets interdits s'accroît à chaque minute. C’est pourquoi mon mauvais esprit me pousse à citer des propos désobligeants, dénigrants, et même racistes, qui s'attaquent à des personnes non-humaines, catégorie que je viens d'inventer en espérant que le gouvernement lui assurera les nécessaires protections légales.

A ce titre donc, citons des textes qui, j'en frémis..., contiennent des jugements de valeur et établissent de très inégalitaires hiérarchies au traité Sur les facultés des aliments de GALIEN DE PERGAME: 
"Difficile à digérer, et mauvaise pour le cardia, [la graine de chanvre] fait mal à la tête et a un suc mauvais."
"Crue, [la citrouille] est désagréable, elle est tout à fait mauvaise pour le cardia et ne se digère pas. Par conséquent, même si on se force à manger de la citrouille par manque d'un autre aliment, comme on y est déjà résigné, on sentira une lourdeur froide et accablante dans le ventre; le cardia se troublera et se mettra à vomir, seul moyen de l'affranchir des symptômes qui le contraignent."
"Quant aux pains qu'on appelle "cachés" parce qu'ils sont cachés dans les cendres pour la cuisson, les cendres leur apportent quelque chose de mauvais [c'est moi qui souligne]."
"Les melons sont moins humides que les pastèques, ils ont un suc moins mauvais, sont moins diurétiques et passent moins en bas. Ils ne peuvent ni provoquer la nausée pareillement aux pastèques ni s'altérer vite dans le ventre."
"Toutes les dattes se digèrent mal et font du mal à la tête si on en mange beaucoup. Certaines produisent la sensation d'irriter l'orifice du ventre, ce qui fait qu'elles font plus mal à la tête."
Abominable passé, heureusement révolu, éradiqué, aboli grâce aux lois humanistes, passé où il semblait anodin de critiquer et comparer, sans se soucier de stressants traumatismes éprouvés par les victimes que critiques et comparaisons reléguaient à une place inférieure.

Ne trouvez-vous pas que, le pain caché, la citrouille et la pastèque pourraient revendiquer, et obtenir, un traitement antidiscriminatoire (ainsi que des dommages-intérêts pour les associatifs qui s'en sont faits les hérauts) et bénéficier ainsi de cette égalité qui, dans l'actuelle démocratie, place certaines catégories, humaines, animales, végétales et bientôt sans doute minérales, très au-dessus de leurs semblables?

Bref, ce pays, vous le savez, est foutu.

jeudi 5 décembre 2013

Ma relation fiscale avec la France


Il y a quelques temps, le service des Impôts m'a renvoyé la déclaration des revenus pour 2012. Stupéfaction!

Ils me demandent combien de personnes sont réellement à ma charge. Je présume qu’une erreur s’est glissée dans ma case “liste des personnes à charge”? En effet, j’avais répondu: 500.000 immigrés illégaux, 3 millions de drogués, 1 million d’utilisateurs de restos du cœur, 68.000 personnes écrouées en prison, la moitié du Maghreb et 925 parlementaires. Ils me signalent que cette réponse n’est pas acceptable.

Alors je me demande ... qui ai-je bien pu oublier? 

Ah bah oui, ça y est, il y a aussi les immigrés légaux, les trafiquants de tous poils et barbes, les dirigeants syndicaux, les associations anti-nous, les associations diverses et subventionnées, les observatoires théodule, les fonctionnaires européens, leurs secrétaires filles ou gendres, les pondeurs de rapports, les emplois fictifs, les emplois subventionnées sans-avenir, stages poubelle, les planqués, les exonérés parce que riches et ayant investi dans les DOM-TOM-COM-POM-PI-DOU, les bénéficiaires des lois Périssol-Duflot, les titulaires de comptes paradisiaques, bref quasi tout le monde quoi, puisque nous sommes une minorité solvable…

J'oublie aussi les constructeurs de voies ferrées et d’autoroutes, qui braderont l’exploitation dès que nous aurons fini de financer la construction. Plus les profs dans nos écoles publiques, les fonktionnaires en mille-feuille dans toutes les couches de l'administration, les artistes de rue, les chercheurs en art contemporain, les exposeux de photos de rectum, les théâtreux iconoclastes à la mode de chez nous, les musicos, les cinémacomateux autoproclamés génies du siècle, les chercheux jamais trouveux, les chorégraphes moderneux …

Pluss$ les possesseux de journaux subventionnés le doigt sur la couture du pantalon, les journaleux aux privilèges fiscaux qui mériteraient d’être mieux connus, tous ces gens-là grassement subventionnés et tous pressés de réduire notre société en poudre de riz … 

Pluss$ les fraudeurs à la CAF, les bicentenaires outre méditerranée qui continuent à percevoir leur retraite, ceux qui bénéficient de villa HLM F6 en se déclarant famille monoparentale après avoir fait plein d’enfants avec le même homme qui vit sous son toit depuis 15 ans...

Pluss$ tous ceux qui bénéficient de la cantine scolaire gratuite en ayant une télé, un ordinateur et une console vidéo par chambre...

Pluss$ tous ceux qui sont soignés gratuitement sans jamais avoir versé une once de cotisation, ceux qui perçoivent un minimum vieillesse sans avoir jamais travaillé, ni cotisé ni même vécu en France (et ça, c’est mal de nous avoir privé de la richesse qu’ils pouvaient nous apporter…).

Bref, la liste est ouverte! A vot' bon coeur!

Le pauvre homme, simple contrôleur fiscal était loin du compte! Rions!

lundi 2 décembre 2013

Vers une révolution en France? certainement pas...



De quoi demain sera-t-il fait?
Soucieux de résoudre ce petit mystère, et pensant sans doute que plonger dans le passé dévoile l'avenir, l'excellent Boulevard Voltaire a demandé à des essayistes et chroniqueurs: "Sommes-nous en 1968, 1958 ou 1788?".

Si M. Alain FINKELKRAUT n'a pas joué le jeu, en répondant un froidement réaliste: "Nous sommes en 2013" tuant tout suspense, je vais cependant m'y livrer, pour rappeler certaines réalités historiques méconnues, notamment d'un agitateur néo-bolchevik qui a déclaré hier que "nous sommes en 1788".

En mai 1968 se déroulèrent des manifestations étudiantes, jadis nommées monômes, provoquées par une brutale évolution des mœurs, surtout sexuelles, et des lectures hâtives d'idéologues aussi contestataires que confus; le Président eut l'étourderie de d'abord regarder ailleurs, il se reprit, et tout rentra dans l'ordre antérieur.

En mai 1958, en raison du drame algérien et du discrédit absolu où avaient sombré institutions et personnel politique, un coup d'Etat militaire entraîna un changement de régime (et, plus ou moins, de personnel).

En 1788, il apparut un blocage du pouvoir, dû à l'opposition systématique des parlementaires à toute tentative de réformes proclamées nécessaires par le souverain et ses ministres.

Ce sont là des situations fort différentes, aux suites encore plus dissemblables.

En 1968, politiquement, il ne se passa rien, socialement en revanche se mirent en place des mutations, plus destructrices que libératrices, dans l'enseignement, les arts et lettres et les conduites des hommes, mutations qui trouvent aujourd'hui leur pleine récompense.

En 1958, se remit en marche un pays affaibli, simplement parce qu'était revenue dans le cœur des hommes la confiance en l'avenir.

En 1788, il ne se passa qu'agitation verbale et brouillonnes gesticulations ministérielles, mais l'année suivante, en trois mois, furent détruites monarchie, institutions et société.

En ce qui concerne les gens qui agissent, il n'y avait guère, et même quasiment pas, de révolutionnaires en 1788, peu en 1958 et pléthore en 1968. Je n'en conclurai pas que l'absence de révolutionnaires favorise les révolutions et que leur présence les empêche.

Plutôt que considérer les années en huit (chiffre porte-bonheur pour les Chinois..), d'autres commentateurs à visées divinatrices préfèrent évoquer et invoquer la chute de l'Empire romain d'Occident (à cause de panem et circenses). Il me faut donc encore rappeler qu'il ne se produisit pas une telle chute pour l'excellente raison qu'il n'y eut jamais d'Empire romain d'Occident, mais un Empire unique gouverné par deux Empereurs, l'un siégeant à Rome (puis Ravenne), l'autre à Byzance. En 476, le barbare ODOACRE, officier de l'armée romaine, déposa l'Empereur Romulus AUGUSTULE, se fit proclamer roi, tout en reconnaissant l'autorité de l'Empereur de Byzance qui lui accorda en retour la dignité de patrice. Ce coup d'Etat fut le point d'orgue d'une longue dissolution politique, commencée plus de deux siècles auparavant, et dont les enseignements ne peuvent se situer que dans la longue durée...

Il serait tout aussi pertinent, pour prédire 2014..., de regarder la disparition de l'Empire des Gupta, en Inde, ou la dégénérescence de l'Empire Ottoman, ou encore, si l'on veut rester en ex-Gaule, de scruter deux révolutions négligées des actuelles pythonisses, celles de 1830 et 1848, où l'on vit des groupes sociaux (la grande, puis moyenne, bourgeoisie) intriguer pour s'emparer du pouvoir politique grâce à un changement de régime propre à satisfaire leurs ambitions.

1788, 1830 etc. (oublions la farce de mai 68), ce qui a fait qu'il y eut alors révolution fut qu'il y eut remplacement des institutions – j'ignore ce qui se passera demain et n'en ai même pas le soupçon, mais je ne vois nulle part aujourd'hui (à l'exception de groupuscules d'ultra-gauche peuplés de permanents syndicaux) d'hommes et de femmes réclamant l'abolition de l'actuel ordre politique, je n'entends que criailleries pour réclamer des privilèges ou des exemptions, et que cela soit accordé sans que par ailleurs rien ne change, sans que soit détruit ni même amendé le système qui a engendré ce que l'on peut nommer mécontentements, ou injustices, ou encore dysfonctionnements et même (en exagérant...) révoltes, sans que quiconque semble vouloir, plutôt qu'attaquer les effets, s'en prendre aux causes.

Oui, nous sommes en 2013, et seulement en 2013. Pour ce qui est de l'an prochain, il reste un mois à attendre (et sans doute un peu plus pour un bouleversement spectaculaire).

Ce pays est foutu.