lundi 28 avril 2014

Martin G et la lutte des français contre les indiens (épisode 3)


La France sans le syndicalisme ne serait pas ce paradis de douceur de vivre, aux rivières de miel et de lait pour tous et toutes. Mieux encore, le syndicalisme mène à tout.

C’est le cas, notamment, pour Martin Gall.

Martin Gall est depuis des années responsable syndical, c’est-à-dire qu’il est responsable de l’activité syndicale dans l’entreprise qui le salarie, mais surtout pas coupable. Et il s’y est notamment illustré dans sa lutte contre son rachat par un actionnaire indien, lutte qui lui a permis de lancer en pleine réunion syndicale un tonitruant:
« Et pis quoi encore, bientôt on sera payés comme des Indiens et on mangera avec les mains?! Déjà qu’on travaille comme des Chinois! »
La lutte, il sait ce que c’est, Martin G. Il en a mené une, longue, épuisante mais juste, contre la suppression de sa place de parking attitrée. Il se souvient du temps passé à imprimer des tracts sur les photocopieurs de l’entreprise, de l’odeur d’ozone qu’ils dégagent passé les 1000 premières copies. Il se souvient aussi de ses échecs, comme celui lors de la demande de suppression des tests d’alcoolémie pour les postes à risque…

La lutte, il la connaît aussi par la pression médiatique, subie lorsque des bus entiers l’ont amené avec ses camarades syndicalistes soutenir des grévistes dans des usines de Picardie et d’Île-de-France, par so- so- solidarité. La lutte, pour lui, c’est aussi l’odeur caractéristique des pneus qui brûlent et des saucisses qui grillent, le goût spécial de la 33 Export éventée. La lutte, il la connait bien, mais rien ne l’a préparé à la suite.

Malgré tout, malgré la lutte, l’actionnaire indien a décidé de fermer une partie de l’usine où il travaille. Elle perd de l’argent depuis des années et depuis des années, Martin G sent venir ce jour; depuis le rachat, il sait, il sent même que l’actionnaire étranger a déjà fait ses comptes et n’a rien à faire de l’emploi sur place. Salaud d’actionnaire qui cherche la rentabilité au lieu de faire du social! La fermeture, il n’y a jamais cru… Jusqu’à ce que cela arrive.

Et lorsqu’il apprend cette fermeture, officiellement, il est, bien sûr, désemparé. La lutte serait-elle finale? Le sentiment perdurera jusqu’à l’appel de son chef de section local.

Tu vas voir, c’est très simple: on va préparer un plan pour le maintien de l’entreprise en activité. Une fois que les médias parleront du plan, tout le monde croira que le site est viable. Et là, c’est magique: soit l’État nous soutient, soit on continue la lutte, le site fait faillite et on monte une SCOP. Facile, non? T’inquiète pas Martin G, on est avec toi!

Et effectivement, tout le syndicat est avec lui. Et ça tombe bien, parce que pour les démonstrations de force, et surtout son utilisation, le syndicat s’y connait: grève, protestations médiatiques bruyantes, séquestrations de cadres, interdictions d’accès à l’usine, tout y passe. Et pendant qu’une petite partie des salariés est joyeusement mobilisée, l’autre est violemment immobilisée avec le renfort de nombreux camarades.

Comme prévu, les médias s’emparent du sujet, écrivent de courts articles décidés sur le rôle stratégique de l’acier dans une économie, de longs articles larmoyants sur une région déjà dévastée, de moyens articles philosophiques sur une lutte syndicale forcément d’envergure. Rapidement, tous les projecteurs se braquent sur l’usine, ou, plus précisément, sur Martin G, qui devient la figure de proue facile à identifier de ce combat des petits contre les grands, des gentils contre les méchants, des ouvriers contre les actionnaires, des Français contre les Indiens. Et mieux encore, Martin G parle aux hommes politiques, il s’entretient avec les ministres, bref, il tutoie le pouvoir.

Les élus qui visitent promettent bien sûr leur soutien, annonçant sans risque que des mesures concrètes seront prises, bientôt, après les élections, à la rentrée au plus tard, et des lois seront adoptées. Publiquement, c’est no pasaran et plus jamais ça, mon brave Martin G! En privé, ils lui proposent même de « porter son combat plus haut, là où on a besoin de gens comme lui », c’est-à-dire jusqu’aux racines du mal: l’Europe. Seule condition: Martin G ne doit pas en parler avant le bon moment, ce petit point délicat dans le temps où on va le propulser tête de liste aux élections européennes, par exemple.

Martin G hésite. Il ne sait pas s’il doit accepter. Certes, il pourra porter plus haut les couleurs et la voix du syndicat, étendre la lutte et montrer la puissance de son discours et de ses engagements aussi haut que possible. Mais cela revient aussi à soutenir des politiciens dont il ne sait pas s’il peut leur faire confiance. Un vrai dilemme que ce choix entre la lutte locale ou le destin national, que dis-je, européen!

Ce jeudi, Martin G a été appelé par la chef du Cabinet du Ministre de l’Industrie Solidaire et de la Production Citoyenne. Elle a insisté pour que Martin G se rende à une soirée où seront présents de nombreux responsables politiques locaux. Martin G ne s’est pas fait prier: il veut pouvoir leur parler, il a besoin de se sentir rassuré par leur soutien.

La soirée lui fera découvrir une autre façon de faire de la politique.

Au Conseil Général, dans une salle de réception, Martin G tombe sur de vieux messieurs aux ventres dodus et gonflés par des années de banquets, qui discutent calmement en présence de jolies jeunes filles, apparemment stagiaires en communication et relations publiques. Elles boivent du bon champagne, abondamment servi à un buffet des plus raffinés, et discutent parfois entre elles, parfois avec certains hommes politiques dont elles sont souvent proches. Martin G ne peut s’empêcher de remarquer la similitude de cette réception avec celles auxquelles il a participé dans un des châteaux du syndicat.

Évidemment, de flûtes en flûtes, la tête légèrement étourdie autant par le bon vin que les charmes nombreux des demoiselles, le sujet de l’usine de Martin G, où il a passé l’après-midi à répondre à des interviews pour la presse avec un casque un peu usé qu’on lui a prêté pour l’occasion, a été très peu abordé au cours de la soirée. C’est ballot, mais il faut le comprendre: le sujet est aride, la victoire incertaine, ça passionne difficilement les jeunes filles. Et Martin G comprend qu’il doit plutôt tenter de s’habituer à sa nouvelle vie de prochain élu, d’autant qu’à l’évocation de ses chances réelles de devenir un député européen, l’une des stagiaires semble très intéressée (au point qu’elle lui glisse à l’oreille, entre deux petits canapés au saumon, qu’ils peuvent passer la fin de la soirée ensemble).

Martin G accepte. La journée a été harassante, avec toutes ces questions, et le lourd casque de chantier. La lutte est fatigante et après tout, un guerrier a droit à son repos. Les vapeurs éthyliques (et un soupçon d’excitation?) l’empêcheront de noter que le taxi qui l’attend, à la sortie du conseil général au milieu de voitures officielles avec chauffeur, ne se dirige ni chez lui, ni chez elle, mais dans l’un des rares hôtels haut-de-gamme de la ville. Hôtel dans lequel la stagiaire a ses habitudes puisqu’elle en a déjà la clé. Et pour la facture, pas d’inquiétude: le taxi et l’hôtel sont payés d’avance, « pour que tu t’habitues à ton nouveau statut », lui a glissé un conseiller général à la poignée de main à la fois molle et moite.

Le lendemain matin, émergeant avec difficulté d’une soirée et d’une nuit fort peu réparatrice, Martin G apprend la nouvelle sur les gros titres des journaux régionaux et nationaux déposés devant sa porte de chambre: les hommes politiques ont retourné leur veste. L’actionnaire va fermer une partie de l’usine contre une promesse d’investissements dans la région dont le premier ministre est originaire.

L’appel à la chef de Cabinet confirmera qu’il est maintenant dans une autre cour: désormais, il faut accepter certaines concessions, et faire marche arrière semble délicat (on s’habitue vite aux avantages acquis, foi de syndicaliste!). La pensée, fugace, des barbecues au pneu dans la cour de l’usine, lui traverse l’esprit, et celle de l’espoir qu’il a suscité chez ses camarades de combat. Mais bon, c’est décidé: il doit aller vers de plus hautes responsabilités. Fini les bricolages locaux!

Déjà, dans sa tête, de belles affiches de campagne colorées remplacent les tracts en noir et blanc.

vendredi 25 avril 2014

Les folles idées de Jennifer N - tranches de vies ordinaires en France (épisode 2)



Le plus difficile dans le long cheminement vers le bonheur ultime qu’ont entamé les citoyens français, c’est de ne pas se laisser abattre par les petites déconvenues que la route aura placées devant soi. D’autant qu’il s’agit de mobiliser plus de 60 millions de personnes qui n’ont pas toutes, exactement, les mêmes objectifs de vie. Pour Jennifer N, c’est fort dommage, ces différences individuelles.

Jennifer N, c’est cette citoyenne consciencieuse qui aime faire avancer les justes causes. Jusqu’à présent, elle était de toutes les luttes. Il y a quelques semaines, elle a lutté pour la liberté des femmes d’avorter en soutenant le site lancé par le gouvernement et il y a quelques jours, elle a téléchargé l’application gouvernementale qui redonne, par paquet de douze, de la confiance en elles, aux femmes, pour favoriser le leadership, et l’entrepreneuriat au féminin bien sûr. Régulièrement, elle s’investit contre le sexisme, le racisme, la xénophobie, le conservatisme et la tyrosémiophilie (parce qu’elle croit confusément que ça implique des tortures sur les animaux); pour cela, elle produit des articles qui lui permettent d’exprimer son opinion et de répondre aux commentaires des autres.

Aujourd’hui, elle y pense en chevauchant son Vélib’ qu’elle a pris pour rentrer chez elle. Il lui a fallu tester plusieurs appareils (les premiers étant tous un peu dégradés). Tendrement convaincue par ce mode de déplacement urbain qui lui fait brûler des calories, ahaner lourdement et un peu sentir sous les bras, elle n’a jamais été autant convaincue de son utilité qu’après de petits écarts de conduite qui lui ont coûté son permis. Flashée plusieurs fois à 53km/h au lieu de 50km/h, ayant grillé un feu rouge de quelques mètres pour laisser passer les pompiers sans jamais avoir pu obtenir que l’infraction soit annulée, elle a perdu ses points, beaucoup d’argent et pas mal de temps.

Mais bon: la disparition des places de stationnement de son quartier, remplacées par de jolies voies de bus presque tout le temps vides et des bornes Vélib’ rarement pleines, l’auraient de toute façon poussée à renoncer à la voiture. Et sinon, cela aurait été la baisse des vitesses maximales autorisées, ou la circulation un jour sur deux, ou les embouteillages, ou l’évident cumul des trois.

Face au vent, sous une pluie battante, Jennifer N, farouchement féminine, accepte donc de se faire éclabousser par des bus bondés, des taxis vides (car trop chers ou en grève), et le bruyant cortège d’un ministre en voiture entre deux réunions.
« L’harmonie ahan pfff avec la nature ahan pfff est à ce prix ahan pfff le vivre-ensemble ahan pfff »
… se dit-elle en faisant progresser sa bicyclette blindée d’un coup de pédale à l’autre.

Arrivée chez elle, Jennifer se réchauffe avec un café bio et commerce équitable pris à la cafetière design dont les publicités font intervenir Georges CLOONEY et Matt DAMON. Peut-être peut-on changer le monde en achetant autre chose, mais comme le dit Georges, « What the hell ! » … Ah, pardon, non, c’est « What else ? » mais peu importe: Jennifer N est une partisane du bon café, donc voilà. Et puis elle compense: elle promeut l’égalité des chances, la sauvegarde l’environnement pour enrayer le changement climatique, livre bataille pour les droits de l’homme et votait socialiste jusqu’à récemment (mais faut pas pousser tout de même, les privilèges c'est important).

Cependant, depuis peu, elle s’interroge sérieusement: comment faire pour mener de front toutes ces justes luttes et admirables causes? Car la citoyenneté moderne, ce n’est pas aussi simple que ranger son frigo. Avant, il fallait voter, payer des impôts et aider les vieux à traverser. Mais maintenant, c’est bien plus encore! Par exemple, ça comprend la lutte contre le gaspillageJennifer N aime bien lutter contre, et commence même à aimer préparer les compotes (sans sucre, sans édulcorants, sans rien) et le pain perdu, mais bon, par moments, Jennifer N se demande si le gaspillage est bien là où on le dit.

Par exemple, elle se demande si le meilleur moyen de réindustrialiser la France est bien d’équiper un Train de la Nouvelle France Industrielle pour sillonner les principales villes du pays. Peut-être serait-il plus judicieux d’arrêter ces dépenses farfelues et de réduire la pression fiscale… Et puis, si les éoliennes et les panneaux solaires sont vraiment si bons, pourquoi les riverains s’en plaignent bruyamment? Pourquoi les scientifiques semblent-ils tant douter? Est-il bien nécessaire d’offrir un iPad à chaque élève dans certains départements alors que l’école refuse d’intégrer les nouvelles technologies? Est-il vraiment indispensable d’avoir des locaux spécifiques pour tel ou tel ministre? Hein? D’abord?

Dans la tête de Jennifer N, les questions se bousculent. Il y a tant de choses trop troo injustes. Comme il y en a beaucoup et que sa tête est petite, même s’il y a pas mal d’espace vide, cela finit par s’entrechoquer:

« La lutte contre les discriminations justifie-t-elle de réduire la liberté d’expression? » « Il ne faut pas stigmatiser certaines populations, mais peut-on s’abstenir de lutter contre la fraude sociale? » « Les risques de la vie sont parfois difficiles à anticiper, mais doit-on protéger les citoyens contre les risques qu’ils prennent en connaissance de cause? »

Jennifer N pose sa tasse à café vide, à peine requinquée par les volutes de CLOONEY, et laisse son esprit vagabonder sur le web. D’un clic à l’autre, elle perd pied en lisant deux articles à la suite, le premier décrivant la surveillance des citoyens, le second racontant l’intense mobilisation des forces de l’ordre pour un enfant disparu n’ayant jamais existé; comment justifier la surveillance étendue devant le merdoiement des recherches? Il en faudrait encore plus? À quoi bon? Et puis elle se demande pourquoi ces questions ne sont pas posées. Peut-être est-ce à cause de la subventionite aigüe dont souffrent les journaux, normalement indépendants, mais effectivement accros à leurs subventions plutôt qu’à leurs lecteurs et annonceurs.

Ces pensées (cloonesques) l’empêcheront longtemps de dormir. Elle finira cependant par trouver le sommeil … peu avant que ne sonne son réveil (zut). La tête en vrac et les pensées encore plus confuses qu’à l’accoutumée, elle découvre un peu plus tard avec effroi que les vélos qu’elle utilise d’habitude sont hors d’usage: dans la nuit, des militants d’extrême-gauche en ont crevé les pneus pour dénoncer l’esclavage moderne de prisonniers en réinsertion dont la contribution au fonctionnement du parc de JC Decaux n’est pas rémunérée.

Jennifer N ne voit pas bien comment ce genre de militants peut promettre une vie meilleure dans une société plus juste tout en passant son temps à pourrir la vie des citoyens par des grèves et des manifestations violentes. Tout ceci n’est pas très cohérent. D’autant plus que, comme le lui fait remarquer un autre usager déçu avec une verve poétique,
Avec ce genre de conneries, c’est encore nous qu’on paye!
Cantonnée aux transports en commun, elle ne rencontrera pas l’amie qui lui avait donné rendez-vous. Suite à un incident technique aussi inopiné que répétitif, le métro s’est lui aussi retrouvé immobilisé. Et comme les conducteurs de bus se sont mis en grève pour dénoncer l’insécurité qui règne dans les transports en commun et leurs conditions de travail difficiles, pas question de trouver une alternative crédible à la marche.

Puisque c’est comme ça, elle n’ira pas non plus voter aux prochaines élections. Elle est lasse d’une vie politique où les questions importantes ne sont jamais posées et où les questions futiles, enfilées comme des perles sur un collier de pacotille remis au condamné avant son étranglement, trouvent de mauvaises réponses. Elle désinstalle l’application gouvernementale sur le leadership machintruc-féminin. Elle annule son projet de visite du Train de la Nouvelle France Industrielle. Elle supprime son lien vers le site gouvernemental pro-IVG. Elle se promet de ne plus répondre aux commentaires des sites d’information. Et elle donne même (discrètement) un petit coup de pied à un Vélib’ accroché à sa borne, en étouffant un petit « merde à la fin ».

Mais, elle ne renonce pas à changer les choses, au contraire ; juste comment ? ...

A part ça, rien.

mardi 15 avril 2014

La mort du petit chat - tranches de vies ordinaires en France (épisode 1)


L’administration française, c’est ce savant équilibre de normes, règlements et circulaires qui garantit un homéostat propre à l’harmonie citoyenne et au vivre-ensemble festif et pour assurer la tranquillité des citoyens, elle réclame obéissance et application stricte de consignes méticuleusement écrites. Malheureusement, un grain de sable peut toujours se glisser dans la belle mécanique bureaucratique qui la fait alors toussoter gravement. Ce grain de sable, quelque part, c’est un peu Laurent B.

Laurent B était un jeune désœuvré jusqu’au moment d’obtenir son premier CDI à durée déterminée sous la forme d’un contrat de désir d’avenir. Maintenant, grâce à ce sésame magique fruit d’une régulation étatique finement ajustée, Laurent B aura, pendant trois ans, la tâche citoyenne, nécessaire, et aussi peu festive que peu valorisante de vider les poubelles de chaque bureau du conseil général. Et Laurent B, réaliste, a le mérite de considérer que « c’est quand même mieux que d’être au chômage » (n'spa?).

En quelques semaines, Laurent B prend ses habitudes. Il passe entre les bureaux, ses écouteurs dans les oreilles lui permettant d’écouter les morceaux de rap estampillés « Culture Française », et vide les petites poubelles dans de plus grandes conformément à la circulaire C56-3 et aux règlements idoines appris lors d’une passionnante formation au tri sélectif qu’il a reçue dans un institut commodément géré par le beau-frère du président du conseil général.

Chaque jour, il s’amuse d’entendre de petits pas feutrés au-dessus du faux plafond : un chat semble avoir décidé d’y passer son temps, appréciant sans doute la quiétude de l’endroit et les petits rongeurs que certains fonctionnaires auraient aperçus de temps à autre, courant derrière la machine à café ou se délectant de petits gâteaux abandonnés sur un bureau. D’ailleurs, Laurent B a noté quelques toutes petites crottes derrière certains meubles et ceci ne laisse aucun doute : l’arrière de certains bureaux est autant infesté de parasites que peut l’être l’espace entre la chaise et la table aux heures d’ouverture…

Un chat n’est donc pas de trop dans cet environnement propice à sa chasse… Jusqu’au jour où les pas ne se font plus entendre.

Laurent B imaginera au début que le chat est parti. Au bout d’une semaine cependant, les effluves qui s’échappent d’un local technique écartent tout départ du félin : le petit chat est mort, reposant probablement pour l’éternité au-dessus d’un paquet de câbles.

Enfin, « pour l’éternité » ou presque. Les nuisances olfactives de plus en plus musclées attirent d’abord quelques nuisibles peu ragoûtants, avant de déclencher la grogne des individus alentour. À l’évidence, il faut agir pour arrêter enfin cette puanteur.

Mais voilà : le local technique est normalement sous la férule des services de l’infrastructure technique. Et le nettoyage des locaux, ainsi que leur propreté et leur indispensable hygiène conforme aux normes NF et ISO-trucmachin sont assurés par les services d’entretien. Immédiatement, la situation, déjà passablement puante, passe à méphitique : entre ceux « qui ne sont pas là pour nettoyer la merde » et ceux « qui n’ont aucun mandat à bricoler du câblage dangereux », la lutte s’installe.

Elle s’installe tant et si bien qu’au bout de quelques jours, le couloir dans lequel donne le local infesté est à peu près invivable, puis, tout le quatrième étage du conseil général est alors évité par ceux qui le peuvent. Laurent B, lui-même, ne s’attarde pas pour les poubelles périphériques. Les autres, plus proches de l’épicentre de la puanteur, sont de toute façon vides puisque personne ne s’en sert plus. Mécaniquement, les absences se multiplient dans le personnel victime de rhumes de foins, de légère fatigue et généralement tout démotivé par cette odeur alternative qu’on leur impose.

C’est lorsqu’un dossier urgent, mis en souffrance entre deux hauts-le-cœur, finit par exploser au nez d’un ponte des étages supérieurs que des décisions fermes sont finalement prises. Alors que le problème n’a pour le moment pas réussi à mobiliser plus qu’une paire de chefs de section (l’un à l’infrastructure et l’autre à l’hygiène), le dossier mis en souffrance par les odeurs insupportables propulse pour ainsi dire comme une fusée le matou crevé au plus hautes sphères de la hiérarchie du Conseil et devient ainsi l’objet d’une discorde entre la Direction Générale de l’Infrastructure et la Direction Générale de l’Entretien, le tout immédiatement placé sous l’œil attentif (et paniqué) de la Direction Juridique et de la Direction Générale des Ressources Humaines.

Le Comité de direction approche ? Fort bien ! Le point « Chat crevé au 4ème » est ajouté à son agenda, et plutôt dans les premiers éléments que les derniers (avec cependant l’indispensable reformulation en « Dispositions à prendre pour la résolution du problème sanitaire relatif au local technique E4-7F », restons sérieux, hein).

On prend doctement note du blocage. Évidemment, la décomposition de l’animal et les risques sanitaires inhérents sont rapportés. Une expertise sur les risques courus par d’éventuels dégagements gazeux toxiques est envisagée. Quoi qu’il en soit, une décision sera prise lors du prochain comité de direction, en concertation avec la Direction Juridique et la Direction Générale de la Sécurité, qui sont tenues d’informer le groupe de travail formé pour l’occasion, et supervisé par la Direction Générale des Ressources Humaines.

La semaine suivante est décisive : le Comité de Direction, attendu avec impatience, prend fermement en note le fait que le groupe de travail a rendu un verdict clair demandant l’intervention d’un équarrisseur. Tout le monde salue vivement la décision. Décision qui pose cependant un souci : le local technique est situé en zone sensible et ne peut être rendu accessible à l’équarrisseur.

Et puis au fait, la Direction Générale de l’Environnement doit absolument s’impliquer : après tout, si la collecte des déchets est du ressort de la Direction Générale de l’Entretien, leur enlèvement est en revanche du ressort de la Direction Général de l’Environnement, eh oui, c’est comme ça.

Parallèlement, le problème des odeurs semble se résoudre de lui-même, le cadavre étant à présent réduit à l’état d’ossements.

L’équarrisseur contacté n’a heureusement pas tout misé sur le contrat avec le Conseil Général pour survivre. Entre la demande d’intervention qui lui est faite et les différents obstacles rencontrés, tout indique que cette affaire va tourner en jus de boudin tant elle évoque pour lui l’image d’une poule se noyant dans un verre d’eau.

Ce qui n’empêche pas, du reste, la Direction Financière d’examiner son devis avec le plus grand sérieux, et ce d’autant plus qu’aucune direction ni aucun service n’accepte que les frais de cette intervention ne soit prélevés de son budget de fonctionnement. Et lorsque le troisième Comité de Direction à propos du chat du quatrième arrive, il est surtout constaté qu’en réalité, aucune décision n’a été prise.

Laurent B n’en peut plus. Depuis toujours amoureux des chats et déplorant le sort du félin, il décide de prendre les choses en main. Attrapant François U, de la maintenance, dans un couloir, il lui demande les clés du local technique. François U refuse mais accepte de l’accompagner. Courageusement armé de son seul sac poubelle, Laurent B enlève alors le chat et lui offre une sépulture décente près d’un géranium.

Le Comité de Direction ne connaîtra jamais le fin mot de l’histoire, ni sa morale : poussière, nous ne sommes que poussière, capables de bloquer les rouages de l’infernale machine étatique.

Bienvenue en France.

dimanche 13 avril 2014

Bilan de la semaine au gouvernement


Une merveilleuse semaine de plus en république populaire française qui a consacré l’incompétence crasse et le copinage poussé au paroxysme. Une semaine où l’on se dit vivement qu’on revote, parce que les tocards qui nous gouvernent semblent ne pas avoir bien compris le message des dernières élections…

On se souvient peu des conditions d’arrivées de notre ami DESIR à la tête du PS, dont chacun dans cette secte bolcho-bobo semble découvrir l’incompétence. Il faut savoir qu’à l’automne 2012, à peu près tous les rentiers de la socialie française étaient à peu près d’accord pour mettre CAMBADELIS, un autre repris de justesse, à la tête de la rue de Solferino. Et puis une poignée de ministres qui se pensaient importants, les LE FOLL, PEILLON, VALLS, MONTEMACHIN se sont ligués pour imposer Harlem, un type qui ne ferait ni vague ni emmerdements. Un incompétent qui laisserait tout le monde à peu près tranquille. Alors forcément, c’est rigolo de les voir tous s’étrangler aujourd’hui devant l’incompétence du tocard! C’est justement parce qu’il était mauvais qu’ils l’ont mis là! Mais qu’on se rassure, il a trouvé un joli point de chute: un secrétariat d’état, rien que ça! Cela se passe comme ça, en république populaire. Quand on est mauvais, quand on met un parti en mort cérébrale, quand on prend une dérouillée historique aux élections, et bien au est promu au gouvernement! En même temps, si la compétence était le seul critère de recrutement de ceux qui nous dirigent, il y aurait une sacrée vacance du pouvoir!

Souvenons-nous des faits d’armes de notre ami Harlem! Au-delà d’avoir pris un parti qui comptait 55% des villes de plus de 9000 habitants et de le laisser avec moins de 38% de ces mêmes villes, il nous en a sorti quelques-unes, le garçon. On se souvient d’ailleurs de sa décision courageuse, relatée ici, d’imposer au candidat socialiste de Tarascon de ne pas se maintenir au deuxième tour pour faire barrage au FN! Il ne savait pas, le couillon, qu’avec 6% des voix, ledit candidat ne pouvait pas se maintenir! On se souvient de la belle affaire de Léonarda: Harlem avait, contre toute attente, déjugé son patron, en exigeant le retour de toute la smala sans aucune condition… Rappelons que l’ex pote a brillé au Parlement de Strasbourg par son absence et sa non implication: il n’a participé qu’à 50% des votes de l’assemblée européenne ce qui le place à la 752e place sur 766 députés européens! Il n’a posé que 14 questions parlementaires (601ème) et n’a amendé que 12 rapports (660e). Et on en fait l’interlocuteur français de nos partenaires européens… A part chier sur son pupitre en plein Conseil Européen, je ne vois pas comment exprimer mieux le haut niveau de respect de la France socialiste pour les institutions européennes…

Ainsi en Hollandie on fait tourner les copains. JOUYET intègre l’Elysée au poste de secrétaire général, parce que bon, la BPI et la Caisse des Dépôts, il en avait un peu fait le tour, Jean-Pierre… La conséquence, c’est qu’il fallait recaser l’ancien secrétaire général, Jean-Pierre LEMAS. Cela tombe bien, on va le foutre à la Caisse des Dépôts, c’est chauffé et bien payé… On se souvient, quand même, comment pépère avait hurlé comme une vierge effarouchée au moment où Sarko avait envisagé d’installer MUSCA à la CDC… « C’est la confirmation d’un pouvoir aux abois qui est en train d’essayer de verrouiller l’appareil d’Etat à quelques mois des élections », avait-il alors déclaré, jugeant que la CDC se devait d’être impartiale étant donné le « rôle prépondérant qu’elle joue dans notre économie »… Ben quoi? Il y a que les cons qui ne changent pas d’avis… Et c’est son avis, à Pépère, et il ne voit pas pourquoi il en changerait!

Coté économie, on a touché du gros, du lourd, du très haut niveau. Bercy faisait marrer le monde entier sous le prof d’allemand avec 7 ministres qui ne pensaient pas du tout la même chose mais qui avaient le mérite de représenter toutes les sensibilités du PS. Le tout sous la responsabilité d’un pseudo bellâtre plus feignasse que l’on voyait plus aux terrasses des cafés de St Germain des Prés qu’à son bureau. Ils ne sont plus que deux mais tout aussi antinomiques! Mon gros SAPIN, pour aller pleurer à Bruxelles et supplier l’indulgence des arbitres européens pour l’incompétence de Normal. Et le baron MONTEBOURG, le mec qui visite Florange avec ses BERLUTTI, qui voit des boucs émissaires partout et qui fait toujours, tout le temps et en tout lieu le mauvais choix. Ce qu’on verrait, les amis: ils ne parleraient que d’une seule voix, jamais un avis contraire, à travailler main dans la main… De la fine équipe, quoi… Et en vrai, il n’a pas fallu attendre une semaine pour que, grâce à eux, les Français passent encore pour des peintres! Lundi, ils étaient tous les deux à Berlin, mais pas pour la même réunion. D’ailleurs, ils ont pris deux avions séparés, histoire de bien montrer qu’ils sont deux… Et qu’ont-ils déclaré, tous les deux, au même moment, aux medias? Pour le gros SAPIN, c’est évident: « la croissance ne passera que par la réduction des dépenses publiques… Des économies budgétaires avec des décisions difficiles mais que nous assumeront pleinement pour faire en sorte que l’ensemble des engagements pris par la France puissent être respectés »… Pour le Baron, par contre, ce fut l’exact opposé dans le discours: il a fustigé l’Europe de l’austérité, de la rigueur, qui ne va pas dans la bonne direction. Pour lui, « la question des comptes publics est accessoire par rapport à la croissance. La croissance, c’est elle qui créé les emplois. Les comptes publics ça ne créé aucun emploi, ça peut même en détruire.» A Bercy, il n’y a pas une semaine, on nous avait chanté le temps de la cohérence, de la cohésion et de l’action… Cela commence bien, les mecs

L’Italie ne nous suivra pas. Choupinet se voyait bien faire une coalition de cancres avec l’italien RENZI pour faire plier l’Europe. On serait deux, ce serait plus simple pour faire comprendre à nos partenaires qu’après tout, on peut attendre un peu pour baisser le déficit… Notre Culbuto pensait compter sur un soutien de poids: il est jeune, il est de gauche et il est volontariste. Raté, RENZI a dégainé le premier, et c’est du très lourd. Il a dévoilé lundi ses objectifs budgétaires et il en a profité pour confirmer son intention de respecter les règles européennes en matière de déficit. L’ancien maire de centre gauche de Florence compte ainsi le ramener à 2,6% du PIB, cette année, après 2,8% en 2013, notamment via un plan d’économies drastiques… Là où la France visait 3,9% en 2013 et a atterri à 4,3%! Une paille! Il paraît que pépère n’était pas content du tout… Si même les cancres nous passent devant et fayottent auprès la maitresse Angela, on va vraiment avoir du mal…

« Si tu annules tout, je reviens ». En substance, c’est ce qu’aurait écrit la madone du Poitou, l’allumée de La Rochelle, la tarée du chabichou. Et elle aurait sans doute eu raison, la preuve: il a viré bobonne, rangé au placard Julien Point G qui a disparu aussi subitement des écrans radars qu’un Boeing malaisien, foutu son prof d’allemand à la retraite définitive, celui-là même que Ségo jugeait minable… Et la revoilà, l’allumée du marais poitevin! En sirène insubmersible! C’est dire si la fraise des bois est dans la mouise! Rappeler son ex, c’est qu’il avait vraiment besoin d’une béquille… Bon, pour le reste, elle n’a pas changé d’un pouce! Elle a commencé par foutre le boxon sur le dossier sensible de l’écotaxe avec une déclaration qui a énervé tout le monde, obligée qu’elle fut en une semaine de rétropédaler, expliquer, démentir… Et puis le Figaro nous apprend cette semaine que Pépère est obligé de décrocher lui-même le téléphone pour trouver un mec qui accepte de bosser avec elle! Pas un type ne veut être secrétaire d’état dans son ministère! Partout où elle est passée, ses collaborateurs ont été humiliés, déclassés, virés… Et l’ennui, c’est que ça se sait! On n’a pas fini de se marrer… Faut dire qu’on a de la chance: le premier ministre n’a jamais caché ni son mépris pour son patron ni son ambition présidentielle, une ministre qui se trouve être l’ex du taulier, une ministre de la justice qui hait franchement le premier ministre… et les deux zéros de Bercy qui n’ont mis que quelques heures avant de se canarder par medias interposés

Bon, Manu est là et il faut que ça se sache: monsieur Manu est là pour liquider les errements et les erreurs des deux années précédentes! Il liquide l’AYRAULT, tout simplement. Lui qui veut « redonner confiance aux entreprises », lui qui veut « apaiser », lui qui veut « baisser les impôts ». Ben les gars, si ça continue, il va être plus dur avec son ancien patron qu’avec Sarko! C’est dire! Fallait l’entendre à l’Assemblée, mardi: en 45 minutes, il a surtout égrené une longue liste de réductions d’impôts en tout genre. D’ici 2016, 30 milliards de charges sur les entreprises vont disparaitre comme par enchantement. Puis c’est l’impôt sur les sociétés qui va baisser (bon, ok, d’ici 2020!) à 28%, impôt que le précédent gouvernement a augmenté dans des proportions effrayantes effarantes, rappelons-le. Les ménages les plus modestes vont « recevoir » 5 milliards d’allègements fiscaux… Ben mon cochon, t’a trouvé du pétrole dans ton jardin d’Evry ou quoi? Parce qu’il va bien falloir financer tout ça, surtout qu’en même temps on doit réduire les déficits pour tenir les engagements sur lesquels pépère s’est engagé. Et c’est ça le plus drôle: depuis qu’on le lui demande, pépère et ses sbires passés maitres dans l’art subtil de l’enfumage nous servent les fameux 50 milliards d’économies que les medias nous crachent à longueur de journées: à Bruxelles, il chante que ces milliards seront utilisés pour réduire l’endettement et le déficit. Ici, il nous raconte que c’est pour l’emploi via son pacte à deux balles avec les patrons. Maintenant, Manu le promu nous explique que ça va financer grandement les réductions d’impôts en tout genre à venir! On continue gentiment à nous prendre pour des cons, ça c’est clair… En tout cas, il est désormais évident que VALLS, c’est le liquidateur du nantais! Même ce grand journal, appelé Le Monde, parle de « rupture fiscale » à propos du programme qu’on qualifierait aisément d’électoral du naturalisé. Dernier symbole, dernière banderille dans le dos du prof d’allemand, pour retenir les khmers verts dans son équipe de tocards, il était prêt à revenir sur l’aéroport Notre Dame des Landes… C’est dire si du passé récent, il veut faire table rase… Un qui est droit dans ses bottes, en tout cas, c’est le culbuto! L’air satisfait, le gros, comme si la politique qu’il a menée depuis deux ans avait été une réussite éclatante!

Fallait l’entendre, le naturalisé, à la tribune de l’Assemblée! On aurait pu croire qu’il arrivait après un gouvernement qui n’était pas de sa couleur politique: il a attaqué « la feuille d’impôt trop lourde », « les augmentations répétées de prélèvements » qui « n’ont pas épargné les classes moyennes ». « Il faut en finir avec l’inventivité fiscale qui génère une véritable angoisse chez nos concitoyens » a-t-il encore asséné, comme s’il n’était pas coresponsable de ce désastre de quinquennat! On croit rêver! En clair, il a gentiment lâché plus de 25 milliards! Plus le CICE, déjà à 20 milliards, et les 10 prochains à venir dans le cadre du pacte de mes deux… Pfiou, on accumule les milliards, là, non? Bon, la vérité, c’est que comme il n’y aura pas un centime d’économie, qu’on va tout faire pour dire merde à nos partenaires européens, qui feindront de ne pas entendre, et bien c’est encore la dette qui va gonfler! C’est bien, on est déjà tout prêt des 2000 milliards… un peu plus ou une peu moins, après tout… Bon, ce qu’il faut souligner, c’est que les fameux « allègements fiscaux » annoncés par l’autre, ça annulera à peine les augmentations d’impôts iniques du gouvernement ZERO, quand pépère pensait qu’on pouvait saigner le contribuable comme un goret! Ben oui, la frénésie fiscale, c’est un suicide collectif! Bon, il faut juste se dire que tous ces cadeaux ne sont pas financés et que ce sera encore et toujours la dette qui colmatera les trous. Et merde à l’Europe!

Pendant ce temps, on fait du neuf avec des vieux, c’est à dire qu’on prend les mêmes et on recommence, on en a déjà parlé. Sauf que pour certains, la pilule ne passe pas. Ainsi la momie FIORASO, qui était ministre sous ZERO devient secrétaire d’état. On ne comprend pas trop le changement, mais bon, après tout, on ne s’étonne plus de grand-chose, dans cette Hollandie. Peu importe le titre, elle garde le même portefeuille, les universités et l’enseignement supérieur. Sauf que cette fois-ci, les patrons et profs d’université se mobilisent pour dire tout le mal qu’ils pensent d’elle… C’est vrai qu’après la culture, profondément marquée à droite, l’université est un bastion d’électeurs conservateurs… En quelques jours, une pétition a recueilli plus de 8000 signatures pour dire Non à la momie qui semble faire l’unanimité contre elle! Les signataires précisent « qu’en renommant celle-ci au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, le président de la République et le nouveau premier ministre prendraient néanmoins le risque de heurter de front la communauté universitaire française. Ce serait un risque politique supplémentaire, inutile, pour un pouvoir déjà affaibli par la défaite électorale sans précédent qu’il vient de subir ». No comment.

A l’assemblée, cette semaine, ils étaient 11 à ne pas voter la confiance. Et ils sont une petite centaine, chauffés à blanc par M AUBRY en direct de Lille, qui trépignent… Et comme par hasard, l’exécutif a attendu le lendemain du vote pour annoncer les nominations aux postes de secrétaires d’état… Comme par hasard, on retrouve quelques bons vieux gauchistes qui témoignent de cette volonté d’apaisement affichée: Hormis cette intelligence pure qu’est Harlem DESIR, Laurence ROSSIGNOL fait son entrée, cette sénatrice socialiste qui avait eu l’honnêteté de dire ce qu’elle pensait: à savoir que les enfants n’appartenaient pas à leurs parents mais à l’état. Le gros CU-VILLIER, qui retrouve les transports, sous l’égide de la tarée du Poitou alors même qu’il la défonçait via Twitter la semaine dernière. Normal. Bref, pépère fait le DRH de son parti en lambeaux, après avoir été le fossoyeur de sa propre œuvre, le fameux socialisme municipal.

Ensuite, mardi, nous avons eu la chance de recevoir un tweet de Najat, toujours ministre des droits des femmes. L’action politique, ça la connaît, Najat. Complètement, entièrement. D’ailleurs, à part la promotion de l’idéologie du genre et une appli pour le salaire des femmes au travail, on ne voit pas trop à quoi elle sert. Et ce tweet, d’ailleurs, concernait cette fameuse appli: « ce mardi notre appli blablabla est passée devant CandyCrush ». Tout ça avec notre pognon… L’évaluation de l’action des ministres, c’est assez simple… En tout cas, vous saurez où et quand les sanctionner…

Le monde de la culture est plutôt sympa avec ma chérie, FILIPETTI. C’est vrai qu’elle a dû faire face à la première fausse promesse d’HOLLANDE, le désormais célèbre « budget de la culture qui sera sanctuarisé »… alors que son ministère a vu ses crédits baisser le plus. Bref, elle conserve son poste puisqu’elle n’a pas fait trop chier. En tout cas, le monde de la culture précise pudiquement que son bilan au ministère après deux ans est « mitigé ». A part s’engager courageusement pour le maintien d’une des plus grandes escroqueries qui soit, à savoir le statut des intermittents du spectacle en criant que le « patronat voulait tuer la culture », pour le reste, c’est assez mystérieux. Ah, si, elle avait proposé Julie Point G au jury de la Villa Médicis. C’est dire si elle a tout fait pour être aimée du patron, ma chérie…
A part ça, HIDALGO est à son niveau. Le nouveau maire de Paris a accueilli avec enthousiasme la nomination de DESIR à l’Europe: elle a salué «un grand spécialiste des dossiers européens.», «Franchement, souligne-t-elle, je pense que Harlem DESIR, dans cette fonction de secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, va pouvoir déployer sa connaissance et les réseaux qu’il a pu cultiver.». Entre tocards, il faut bien s’entraider.

A part ça, Valoche twitte encore: alors que son ex arrive au Mexique, elle fout gentiment la pression sur la diplomatie avec un tweet dont elle a le secret. Elle soutient Maud VERSINI dont le mari mexicain a enlevé les enfants. Pépère a apprécié.

A part ça, le baron MONTEMACHIN fout désormais une caméra dans sa bagnole. Comme ça, on le voit vraiment tout le temps. Cette semaine, il en a profité pour allumer son ancien patron, ZERO, en soulignant que sous son règne, c’était l’administration qui dirigeait le pays tellement le premier ministre manquait d’à peu près tout.. Ses électeurs, les fonctionnaires, apprécieront…

A part ça, à Evry, trois étrangers mineurs ont violé une jeune française pour le simple fait qu’elle était française, vu que selon eux « toutes les françaises sont des putes ». Les bienpensants se font discrets.

Et dans le registre pute toujours, la Manufacture des Gobelins a fait incarner la reine Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI, par la prostituée Zahia.

Putain d’époque, c’est le cas de le dire.

A part ça, rien.


Ce pays est foutu.

lundi 7 avril 2014

Oui à l'égalité



Nombreux sont ceux qui, en France, se glorifient de promouvoir l’égalité et lutter contre les préjugés. Plus rares sont ceux qui ont les idées assez claires pour le faire efficacement. Pour les y aider, voici quelques utiles rappels.

Du fronton de nos mairies aux documents les plus officiels, difficile de ne pas connaître la devise française: Liberté, Égalité, Fraternité. Mais il semblerait que son sens donne lieu à diverses interprétations. La liberté, d’expression par exemple, est régulièrement piétinée; l’égalité est comprise selon ce qui arrange le plus les élites du moment; et la fraternité, on la cherche encore.

Des trois, seule l’égalité peut être décrétée, à condition qu’on parle de la seule égalité qui ait un sens: l’égalité des droits. On ne peut que protéger la liberté en y attentant pas par la loi, et la fraternité ne peut que survenir si les citoyens le souhaitent et que la situation s’y prête. Contrairement à ce qui a été fait depuis des décennies, où un marxisme à la française règne en maître dans la politique et les médias, je propose qu’on décrète, pour de vrai, l’égalité; qu’on lutte, pour de vrai, contre les inégalités.

Supprimons les inégalités fiscales. C’est la règle: en France, toute règle doit admettre des exceptions. Faisons y une exception; supprimons les niches, abattements, exemptions dont bénéficient certaines catégories influentes de la population. Les élus ne paient pas autant d’impôts, et n’ont pas à justifier leurs notes de frais. Les journalistes bénéficient d’un abattement fiscal de plusieurs milliers d’euros. Les parlementaires européens paient à peu près autant d’impôts que les évadés fiscaux, alors qu’ils sont payés par l’argent du contribuable. Supprimons toutes ces inégalités devant l’impôt; que plus personne ne bénéficie d’exceptions légales.

Supprimons les inégalités judiciaires. On ne compte plus les hommes politiques qui trempent dans des affaires, mouillés jusqu’au cou ou plus modestement éclaboussés par des affaires de mœurs, de corruption, de détournements de fonds, de financements illicites, de favoritisme, de clientélisme… Malgré leurs promesses sans cesse renouvelées d’exemplarité et de moralisation de la vie politique. Il n’y a aucune raison que les élus, censés être exemplaires, bénéficient d’une quelconque immunité, au contraire. Rendons enfin la justice aveugle au statut et au carnet d’adresses des justiciables.

Supprimons les inégalités sociales. Alors que les gouvernements successifs ne parviennent pas (n’essaient pas?) à réduire les déficits pour contenir l’endettement, la multiplicité des statuts complique inutilement toute réforme. Les règles de calcul de la rémunération des fonctionnaires sont si multiples et complexes (et la coopération des fonctionnaires parfois si difficile à obtenir) que l’État ne parvient pas à se doter d’un logiciel pour informatiser sous un système unique leur paie. Les fonctionnaires bénéficient de régimes de retraite spécifiques et plus avantageux, et ne subissent en cas de maladie aucun jour de carence à l’inverse des salariés du privé. L’expérience avait pourtant démontré que l’apparition d’un seul petit jour de carence dans la fonction publique supprimait de nombreuses absences et permettait de substantielles économies. Supprimons les privilèges et apaisons notre société divisée par tant de clivages.

Il y a, comme on le voit, beaucoup à faire en matière de suppression des inégalités en France; aucun gouvernement ni parti politique ne fait pourtant des quelques points mentionnés plus haut des points saillants de son programme. Ce n’est pas tout; il convient aussi de lutter contre certains préjugés qui entravent la compréhension du monde par beaucoup de Français et leur font prendre de mauvaises décisions.

Personne n’a imposé Amazon et Google. On peut accuser des élites de l’époque pour la ratification du traité de Maastricht ou la signature d’accords de libre-échange; le marché est et sera toujours le meilleur mode d’allocation des ressources. Si Google a un tel succès, c’est parce que les consommateurs le plébiscitent; les organes de presse qui dénonçaient son hégémonie pourraient aussi bien ne pas demander à être référencé par lui. Mais ils perdraient de leur propre aveu une partie importante de leur trafic; en d’autres termes, Google leur apporte un trafic important. Ne nous laissons pas berner par les nombreux dirigeants d’entreprise qui n’ont pas su évoluer avec leur temps; si nous les avions toujours écoutés, nous nous éclairerions encore à la bougie et nous déplacerions à cheval. N’acceptons pas le protectionnisme, le corporatisme et le racket organisé.

Nos dirigeants ont beau prétendre apporter la paix, la démocratie et la liberté en renversant des régimes dictatoriaux, ils n’ont jusqu’à présent su faire la preuve que de leur capacité à tuer des civils, acheter des drones et s’enfoncer dans des guerres civiles. Non, tous les dirigeants de la planète ne sont pas de grands démocrates, ni très soucieux du bien-être de leur peuple. Mais les nôtres le sont-ils vraiment? 

S’accrocher à des privilèges ne nous sauvera pas du naufrage. Oui, les chauffeurs de taxi ont acheté une licence, parfois au prix fort. Mais c’est la faute de l’État qui la leur a imposée, pas de tous ceux qui souhaitent aujourd’hui proposer des alternatives au taxi. C’est la médecine socialisée et placée sous la coupe de l’État qui est un problème, pas la « soumission à une logique de rentabilité » dont aucune activité humaine n’est dispensée: nous disposons de ressources limitées et devons les allouer avec discernement. Une profession dont les tarifs sont fixés par l’État, le numerus clausus aussi, et où tout acte est règlementé n’a rien de « libérale ». Il est facile pour chacun de dénoncer les privilèges des autres et de justifier les siens; la vérité, c’est qu’aucun n’est justifié. Supprimons les.

Personne ne peut forcer tous les citoyens à être amis, mais nous n’avons pas à être ennemis. En imposant des interactions et une organisation sociale données, l’État pense apaiser la société mais la rend conflictuelle; ce qui devrait relever du choix librement consenti est imposé aux citoyens qui ne sont alors plus volontairement charitables, mais contraints d’être solidaires; plus naturellement responsables, mais infantilisés; plus consommateurs rationnels, mais usagers mécontents. Nous devons reconstruire les liens que l’État a brisés pour s’imposer à leur place. Et nous devons commencer maintenant. Nous sommes les citoyens ; à nous de supprimer les inégalités et lutter contre les vrais préjugés. Nos dirigeants semblent résolus à ne rien résoudre; s’ils veulent être le problème, soyons la solution.

vendredi 4 avril 2014

Un nouveau vice-président pour la graônde Fraônce!


Parce qu’il fallait bien changer quelque chose à la suite du rappel à la réalité un tantinet piquant du dimanche 30 mars, Choupinet a décidé qu’il était temps de changer le fusible. Le premier ministre a donc sauté. ZERO s’en va, VALLS arrive, on passe d’une boîte automatique à la version Manuel, on renouvelle les clowns un premier avril, et en avant toutes!

Et voilà donc le fameux virage ultra-néo-libéral de Flamby: un premier ministre promu de la place Beauvau qui a brillé par sa gestion des Manifs Pour Tous, de l’expulsion des Roms en passant par l’affaire Leonarda, et dont le programme avait tout de même récolté presque 5% des voix socialistes lors de ces lointaines primaires qui ont déjà acquis, avec la distance, cette couleur sépia et ce parfum mélancolique d’un passé presque amusant où les dirigeants socialistes en lice pouvaient encore fanfaronner.

Pour justifier son choix, Pépère nous a gratifiés d’un petit discours lu de façon saccadée sur un prompteur apathique, dans lequel, après avoir copieusement chargé la précédente majorité pour la vilaine situation dans laquelle elle avait laissé le pays (eh oui, même après deux ans, ça marche encore), après avoir gentiment remercié ZERO pour ses petits efforts (et aussi ses grands silences compacts), le président de la Publique a détaillé ce qu’il entendait faire faire à Manu. Et pour du virage libéral qui claque, c’est du virage libéral qui claque: au pacte de responsabilité dont nous n’avons toujours pas la moindre description de contenu, le président entend attacher un pacte de solidarité qui aura l’immense avantage d’enrober toute amélioration -même microscopique- de la condition d’entrepreneur en France dans une gangue épaisse de lois sociales de redistributions et d’orientations comportementales imposées par en haut. Et si l’on y ajoute l’inévitable promesse d’une diminution des impôts (ceux-là même que le même François aura cru bon d’augmenter dans des proportions inouïes), bien sûr étalée autant que possible jusqu’en 2017, ce n’est plus du libéralisme, c’est vraiment le capitalisme le plus débridé et le boulevard offert au patronat mangeur de bébés communistes.

À présent, j’attends avec gourmandise de voir comment le prochain gouvernement va pouvoir relever le défi.

D’un côté, il va falloir donner des gages sérieux à la Commission Européenne, aux investisseurs institutionnels et aux agences de notations qui, tous, ont clairement fait comprendre que la France était dans une fort mauvaise passe. Le stagiaire président pourra toujours prétendre avoir enfin trouvé le Manuel de sa boîte à outils, les indicateurs économiques se succèdent et se ressemblent dans leur médiocrité, les déficits continuent de se creuser, la croissance ne repart décidément pas et le nombre de chômeurs s’obstine à augmenter. La morosité ambiante, déjà palpable avant les élections, s’est cristallisée avec les municipales. Les élections européennes promettent une seconde vague de commentaires navrants de la part des classes jacassantes sur le mode de la terrible montée de la bête immonde et autre perte de civisme de ces cons de Français qui votent de travers. Bref: le moral et l’économie sont au plus bas, et Babar donc choisi un premier ministre détesté par la droite et détesté par la gauche pour mener le pays. C’est subtil.

Mais de l’autre côté, le Roi Solex est toujours très sensible à sa petite personne et a toujours les yeux rivés sur 2017. En bon mitterrandien, il continue de bidouiller politiquement pour s’aménager une réélection pépère. La dissolution sera probablement l’arme ultime qu’il pourra utiliser lorsque VALLS le chimique, usé, sera définitivement grillé et écarté de la route élyséenne … Ou il sera débarqué (dans un grand éclat de rire) à la suite d’élections européennes particulièrement calamiteuses, ce qui permettra de mettre la droite au pouvoir et de la fusiller électoralement de façon définitive pour 2017 (dans cette configuration, VALLS aura alors fait deux mois en tant que premier ministre, ce qui serait assez goûtu, mais peu réaliste).

De ce point de vue là, il n’a donc aucun intérêt à placer des gens trop futés ou trop capables dans le gouvernement. Avec sa composition dévoilée mercredi, on est immédiatement rassuré: Pédalo conserve une partie de ses chances pour une pitoyable réélection par défaut en 2017. En substance, si l’on passe rapidement sur un petit jeu de chaises musicales et le camouflage de quelques ministères en secrétariats, l’équipe reste essentiellement la même. Le changement, c’est très très modéré et il se concentre sur trois points essentiels: 
  • le ministère de l’Édulcoration Nationale, 
  • le ministère de l’Écolonergie Durable et 
  • le ministère de l’Économie Démondialisante.

En résumé: le changement c'est mollo.

Ainsi, Benoît HAMON, petit ministricule jusqu’alors insignifiant, dont les faits d’armes se résument à des tombereaux d’idées incapacitantes pour les entreprises, se retrouve propulsé à la tête d’un ministère qui lui va comme un gant: qui mieux que lui peut cornaquer et brosser dans le sens du poil le mammouth éducationnel? On comprend qu’en le mettant à cette place, VALLS et Guimauve le Conquérant se sont contentés de calmer l’aile majoritaire du parti socialiste. Ne comptez pas sur le petit Ben, dont le dogmatisme n’a probablement d’égal que l’opacité mentale à toute idée réellement valable, pour réformer quoi que ce soit. D’autant qu’avec un tel poste et son égo surdimensionné, le petit lycéen frondeur des réformes DEVAQUET, qui n’a jamais exercé la moindre activité professionnelle concrète en dehors de « politicien », sait qu’il aura les coudées franches pour donner libre cours à ses délires constructivistes appuyés par un fan club déjà acquis à sa cause.

À peine débarrassée d’une concubine, la République s’en récupère une nouvelle dans le fumant ministère de l’Écolonergie Durable: la sublime Ségolène, dans une bravitude éffrénée, et après avoir laissé nos tympans tranquilles pendant 7 ans, revient donc sur le devant de la scène. 7 ans, quand on sait ce qu’on va prendre, c’est court. Placée là pour ses inénarrables talents à maîtriser la fusion (froide, chaude et tiède) ainsi qu’une écologie de combat qui va ravir les téteurs de subventions, elle va avoir la tâche éminemment amusante d’enterrer la transition énergétique et lancer le gaz de chips (!) en France tout en ménageant l’électorat écologiste, les susceptibilités industrielles et la filière du nucléaire. Compte-tenu de son récent passé à la Banque Publique d’Investissement (BPI pour les intimes), on peut parier sur un capitalisme de connivence revigoré, et une cargaison fraîche de petites phrases ridicules qui feront rire la planète entière (voir même les proches galaxies).

Et bien sûr, le pompon, la timbale et la queue du Mickey sont tous chopés d’un coup par Arnaud MONTEBOURG au commandes du Redressement Économique, promu à Bercy, qui gagne un tour gratuit (càd payé par nous) sur le manège républicain. S’il fallait une personne pour montrer que tout ce cirque n’est qu’un hochet médiatique destiné à occuper les esprits avec des foutaises, ce serait bien lui, à cette place là. Avocaillon et littéraire incapable de faire une règle de trois, ne voyant dans le reste du monde qu’une enquiquinante contingence pour ses lubies colbertistes, il nous offre des perspectives enchanteresses avec son passé tumultueux, ses saillies économico-comiques consternantes, son bilan ministériel qu’un microscope à balayage n’arriverait pas à déceler, et cette franchise pleine de bonne humeur que seuls les cuistres et les imbéciles peuvent mobiliser pour raconter absolument n’importe quoi, n’importe comment, à n’importe qui et au plus mauvais moment.

Pas de doute, ce « nouveau » gouvernement (de combat) est une collection de bras cassés qui ont tous prouvé leur parfaite nullité, au sens premier du terme: enlevez-les, personne ne saura qu’ils sont partis. D’ailleurs, comme le remarque judicieusement un confrère blogueur, qui peut dire ce que VALLS a accompli de vraiment marquant à l’Intérieur? Du reste, on se demande exactement comment il va pouvoir tenir ces fortes têtes; pourtant, le gouvernement ne pourra s’embarrasser d’à-peu-près et de cacophonie. On demandera donc à Manu de tenir ses troupes comme jamais auparavant: ce n’est pas le moment d’avoir des francs-tireurs (et bonjour à Arnaud), des petites phrases (Ségolène, c’est une spéciale dédicace pour toi), des dissensions gouvernementales (Benoît, bisous d'ici). On attend une retenue exemplaire de tous ces gens dont tous ont largement indiqué ne travailler que pour l’intérêt commun qui consiste, comme chacun s’en doute, à dézinguer l’adversaire, le copain de cantoche, le collègue de travail et le prochain concurrent…

Bref, bref, la France avait plus que besoin d’une équipe gouvernementale toute dédiée à la réduction des déficits, à faire comprendre l’impérieux besoin de redressement des comptes qui ne peut passer que par une diminution drastique et urgente de la taille de l’État, par une réduction de son périmètre, du nombre de ses servants et de ses dépenses. En foi de quoi, on hérite d’une poignée d’apparatchiks usés et enfarinés et d’une paire ou deux de branleurs mémorables. Absolument rien, dans ce gouvernement, n’indique autre chose que poudre aux yeux, politicailleries et bidouillages électoraux.

Ce pays est foutu.

Il y a 33 ans ...


Je souhaitais dans ce post pointer cette intéressante vidéo tout droit sortie des archives de l’INA. Elle nous projette 33 ans en arrière, en 1981, alors que la campagne électorale — pour ce qui allait déboucher sur les « années Mitterrand » — touche à sa fin. 

On y découvre, pendant 18 minutes montées avec cette candeur que plus aucun communicant n’oserait, les bonnes recettes d’un certain Georges MARCHAIS, figure emblématique d’un Parti Communiste qui ne retrouvera jamais sa superbe ensuite, pour créer de l’emploi, redresser le pays, faire repartir la croissance et ouvrir grand le robinet des bisous.

Passionnant retour dans le passé où l’on découvre que les communistes de 1981 préconisaient:
  • des nationalisations, 
  • le passage au 35 heures par semaine (fait), 
  • envisageaient l’impôt sur le revenu à 75% (tenté) et sur la fortune (fait),
  • la retraite à 60 ans (fait),
  • la prise en compte de la pénibilité (fait),
  • la hausse du SMIC (fait, de façon continue, depuis 33 ans),
  • une bonne décentralisation des familles (faite),
  • l’augmentation des allocations familiales et autres redistributions sociales pour les nécessiteux divers et variés (fait, big time, plusieurs fois),
  • le relèvement des retraites (fait), et
  • un combat acharné contre les stages, les vacataires et les agences d’intérim (régulièrement tenté et partiellement bouclé).

En trente-trois années, la France a, de gouvernements en gouvernements, fini par appliquer à peu près tous les points du programme du parti communiste de 1981.

Mais rassurez-vous: la France est un paradis ultra-néo-libéral, et avec VALLS, on va le démultiplier, bien sûr.

Ce pays est foutu.