mercredi 30 juillet 2014

Le fléau de la religion écologique

Dans un ouvrage prophétique paru en 1991, La Peste verte, Gérard BRAMOULLE dénonçait la dérive idéologique de l’écologie. Mais il était malheureusement en dessous de la vérité. Car, devenue une religion, l’écologie se situe désormais au delà de l’idéologie

Comme religion de l’oligarchie, au même titre que la religion antiraciste, l’écologie se place dans le registre de la révélation, du dogme et des anathèmes contre ceux qui ne partagent pas la foi nouvelle: elle est devenue inaccessible à la raison et en particulier à la raison scientifique.

La foi écologique consiste à croire que la nature se porterait mieux en l’absence de l’homme occidental, responsable notamment du réchauffement climatique qui résulterait des émissions de CO2. On ne reviendra pas sur le fait que ce diagnostic du réchauffement climatique n’est nullement avéré. Par définition la révélation se situe au-delà de la vulgaire preuve scientifique. Intéressons-nous seulement aux effets concrets du dogme vert.

C'est l'anéantissement vert. Quel est le bilan réel des politiques conduites depuis la fin du siècle dernier au nom de cette religion? Tout simplement nul ou catastrophique pour les Européens.

Pensons à tous ces « Grenelle » ou conférences internationales censés nous prémunir contre les périls climatiques en faisant diminuer notre empreinte carbone, qui joue le rôle de premier Satan dans cette nouvelle religion. Mais ses adeptes oublient de nous dire que les efforts que cela implique pour nous se trouvent immédiatement annulés par le développement économique de tous les pays émergents et notamment de la Chine. Par conséquent tout ce que l’on nous demande de faire pour diminuer nos émissions de CO2 ne sert absolument à rien par rapport au but affiché.

Cela rend-il au moins notre vie plus agréable ou plus facile en Europe ? On peut en douter car, au concret, le prêche écolo débouche avant tout sur deux choses: une avalanche de réglementations et de normes qui ne font que compliquer l’existence et renchérir le coût des produits et des services, d’une part ; une augmentation continue des prélèvements publics, d’autre part.

Ces deux fléaux se conjuguent pour réduire la liberté d’initiative des Européens et leur capacité à affronter un monde de plus en plus concurrentiel. Car les adeptes de la nouvelle religion ne se bornent pas, hélas, à proférer des idées bizarres dans des colloques: ils veulent surtout faire le bien de la planète malgré nous.

La liste ne cesse de s’allonger, en effet, des méfaits déjà imputables à la nouvelle religion verte en Europe:
  • l’affirmation d’un principe de précaution généralisé qui handicape toute prise de risque;
  • la lutte active contre l’énergie nucléaire, et plus récemment contre le «gaz de schiste», c’est-à-dire contre ce qui permet d’assurer l’indépendance énergétique à moindre coût;
  • des dépenses publiques massives au bénéfice de prétendues énergies ou moyens de transport «propres» comme le photovoltaïque, les éoliennes ou les réseaux ferrés dont la productivité est aléatoire et le coût élevé. Grâce aux zélotes écolos, les Européens sont en tout cas assurés de payer leur énergie toujours plus cher!
  • la réduction continue de la liberté de circulation automobile. Car l’auto, inventée par les Européens justement pour faciliter les déplacements, est l’autre grand Satan de la religion verte. Grâce aux écolos, les villes sont ainsi devenues autophobes: des millions d’Européens se trouvent désormais contraints de dépendre de transports collectifs ou de se déplacer à pied ou à vélo pour faire leurs courses, se distraire ou se rendre à leur travail. Retour au XIXe siècle, à la différence notable toutefois que les lieux de domicile et de travail se trouvent aujourd’hui beaucoup plus éloignés!
  • l’apparition d’une «fiscalité écologique» qui représente quand même déjà 1,86% du PIB en France et qui s’ajoute par conséquent à un niveau de prélèvements publics et sociaux élevé (46%) et que les charmants élus verts veulent bien sûr augmenter à des fins «pédagogiques»;
  • des paysages européens dénaturés par les champs d’éoliennes;
  • la difficulté croissante d’entreprendre et de conduire de grandes opérations d’aménagement, en raison du harcèlement auquel se livrent les associations au nom de la défense de l’environnement;
  • le ralentissement de la recherche dans certains domaines (ex: les OGM) 
  • les troubles d’ores et déjà apportés à l’écologie animale et à l’environnement humain du fait d’une ingénierie «verte» brouillonne, comme en témoignent par exemple les perturbations croissantes apportées par la multiplication des loups et des sangliers en Europe, espèces que les zélotes verts voulaient «protéger».

La rhétorique écolo sert ainsi à merveille l’oligarchie pour justifier tout à la fois un renforcement du contrôle social de la population et une relance artificielle de la consommation.

Dans certains pays européens le tri des déchets ménagers, de même que l’utilisation de voitures aux heures de pointe, fait déjà l’objet d’un contrôle répressif des personnes. Et il suffit de penser à la phrase inoubliable de Jacques CHIRAC lors du sommet de Johannesburg en 2002 pour qui nous nous rendrions coupables d’un crime contre l’humanité future, pour comprendre tout ce que recèle en puissance cette sympathique philosophie de la culpabilisation de l’action humaine.

Le mot écologie, capable d’annihiler tout sens commun chez le récepteur, est devenu un argument publicitaire de première importance. L’argument «vert» (dans l’industrie), «bio» (dans l’alimentaire) ou «durable» (dans les services) a eu une fonction capitalistique bien précise : relancer la commercialisation de nouveaux produits. Le système marchand doit impérativement stimuler en permanence le consommateur, en effet. La religion verte y pourvoit.

Ainsi le consommateur sera tout content d’acquérir une voiture «hybride» dont le coût d’acquisition est en réalité très supérieur à un produit normal et ne sera que très exceptionnellement amorti par l’heureux propriétaire. Bien entendu le discours sur les énergies «propres» convient à merveille aux vendeurs de matériel idoine qui se trouvent par un heureux hasard financer aussi les ONG écolo.

La justification verte a permis de transférer au surplus sur le consommateur final des charges auparavant supportées par l’entreprise. C’est donc double bénéfice! Le consommateur peut ainsi acheter des yaourts, des œufs ou des légumes «bio» plus chers, mais il aura le plaisir en plus de ne pas recevoir d’emballage: s’il veut un sac on lui demandera de le payer. Mais heureusement, au nom d’une noble cause: sauver la planète! Les publicitaires doivent bien rire.

Plus fondamentalement, la religion verte s’analyse comme un des nombreux symptômes de la décadence européenne: cette religion traduit la peur de l’avenir des vieux Européens, au sein du grand hôpital qu’est devenu l’Occident.

Elle ne présente les évolutions de notre environnement que sous un jour apocalyptique, alors que celles-ci peuvent constituer, au contraire, de nouvelles opportunités humaines.

Elle sous estime totalement la capacité de l’homme européen à surmonter, grâce à la science et à la technique, qui sont une création de son génie propre, les défis environnementaux.

La religion verte réussit aussi la performance de promouvoir le paradigme de la décroissance en Europe, alors que notre continent est le seul à souffrir du chômage structurel et de la désindustrialisation! Elle condamne enfin l’agriculture moderne dont les rendements permettent seuls de nourrir une population croissante.

A entendre les zélotes verts, notre avenir européen passerait par le vélo, les éoliennes et le chauffage au bois. Un avenir de réserve folklorique. Les Chinois et les Indiens, eux, misent sur l’atome, l’informatique, la génétique et la recherche spatiale.

Chacun son truc en définitive.

Ce pays est foutu.

mardi 29 juillet 2014

Plus que 1000 jours - résumé d'une semaine rocambolesque


Une bien belle semaine estivale vient encore de s’écouler. Avec Pépère toujours à son niveau de forme olympique et ses ministres de caniveau, le tout au son des slogans rafraîchissants de « Mort aux Juifs » chantés gaiement dans les rues de Paris… La dévalade a encore gagné un degré dans le grand n’importe quoi …

Le retour des Pogroms : Paris est donc condamnée à vivre au rythme des émeutes islamo-antisémites, enfin, plutôt au prétexte, du conflit israélo-palestinien. De manifs interdites en scènes de guérilla qu’on aurait du mal à imaginer en Ile-de-France, tout ce que la gauche compte comme irréductibles révolutionnaires se presse pour soutenir les pauvres petits malheureux lanceurs de gentilles roquettes sur Israël. D’ailleurs, lors de la manif-interdite-mais-qui-a-eu-lieu samedi dernier, on a pu voir que tout ce que cette gauche islamo-terroristophile était dans la rue : des résidus du NPA au cadavre du Front de Gauche qui bouge donc encore un peu, on a même vu le maire EELV du 3e arrondissement de Paris manifester avec les casseurs. Et ce gentil édile parisien, bien généreux avec ces hordes de sauvages, n’a pas hésité à s’afficher avec son écharpe tricolore d’élu de la nation. C’est donc en tant qu’élu que ce monsieur s’est rendu à une manifestation interdite par le représentant de l’Etat.

J’en déduis deux enseignements :

  •  Le premier, c’est que ces gens-là n’ont aucune idée de la responsabilité qui est la leur en tant qu’élu du peuple.
  •  Et la seconde, c’est que l’autorité de l’état a définitivement sombré avec le gollum corrézien au point qu’un minuscule élu écolo brave une décision préfectorale, donc de l’état. Tout est désormais possible. Même le pire des scénarii.
Mais tout va bien, Madame la marquise. La France entière a pu voir, en boucle, les images du quartier de Barbès et l’intifada qui s’y est déroulé le weekend dernier : voitures brûlées, vitrines pillées, flics caillassés… des scènes de guérilla difficilement imaginables en France. Surtout pour une manif qui, d’après la loi, ne devait pas avoir lieu! Et bien face à cet incroyable déferlement de violence, les autorités sont contentes d’elles-mêmes : la préfecture considère « avoir rempli ses objectifs » qui étaient d’éviter des affrontements entre pro-palestiniens et juifs. Pas de victime juive, donc tout va bien, ce que je comprends de la position de la préfecture. Les habitants et les commerçants de Barbès apprécieront. Pire, c’est CAZENEUVE, le technocrate au charisme d’huitre qui a la charge de la paix civile, qui considère avoir fait « mieux que la droite en 2009 ». Bon, ben les gars, tout va très bien. D’un côté on met à sac un quartier mais on remplit les objectifs. Et de l’autre, la clef de lecture des autorités reste la comparaison avec des situations datant de 5 ans en arrière. Puisqu’on en est là, je propose à nos schtroumpfs gouvernants qu’on juge la paix civile d’aujourd’hui à l’aune d’une période autrement plus marquante: 1939-1945. Comme ça, tant que nous n’aurons pas de dénonciations massives de juifs et des fusillés dans les rues de Paris, tout ira pour le mieux.

Ce gouvernement de pleutres restera malgré tout amateurs jusqu’au bout. Même sur les sujets plutôt consensuels comme les positions de la France vis-à-vis de l’extérieur, Lardon 1ier arrive à se viander lamentablement. Cette fois, c’est dans le tapis rouge diplomatique qu’il s’est pris les pieds et que sa gauche, encore et toujours elle, lui a mis le nez dans ses bêtises. Encore une fois, une fois de plus, ce nain s’est retrouvé prisonnier de ce qu’il est, de ce qu’il pense et surtout de ce que les autres croient qu’il pense. En fait, la position de l’Elysée a été pour le moins extrêmement difficile à suivre dans cette histoire. Première réaction, un soutien à Israël, l’Elysée exprimant « la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza. Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces » ajoute le communiqué. Devant la fronde socialo-écolo-communiste, c’est à dire sa majorité, il a fallu réécrire un communiqué, plus équilibré dans les mots : la France exprime alors « son inquiétude devant la montée de la violence et déplore le nombre de victimes palestiniennes ». Enfin, après deux essais ratés donc, la position de la France semble être trouvée dans sa traditionnelle voie médiane : « la France condamne les tirs de roquette en direction des civils israéliens » tout en demandant à l’Etat Juif de faire preuve de « mesure dans sa riposte ». Une position claire, en somme !!! En tout cas, les atermoiements de la diplomatie française font sourire les observateurs. On rigole moins au quai d’Orsay où une source anonyme raconte que « les diplomates français sont atterrés »

Et puis parlons de ce cher Laurent BINET, vous savez, cet inconnu du grand public mais qui a commis une retentissante ode à notre nain national appelé « Rien ne se passe comme prévu ». Sorti en août 2012, ce petit torche-balle se voulait le journal de la campagne présidentielle de pépère. Prudent, le public ne s’est alors pas trompé puisque cet opuscule sans intérêt aucun fut écoulé à moins de 20.000 exemplaires. Ce cher Laurent, appelons le plutôt Laurent BENET, a repris sa plus belle plume pour, cette fois, éreinter celui qu’il servit si bien il y a moins de 3 ans ! Dans une tribune intitulée « Plaisir de trahir, joie de décevoir », le petit scribouillard parisien crache toute sa déception contre cet ersatz de président en qui il a tant cru ! « Ce n’est pas seulement que ce cynisme goguenard nous dégoûte. Après tout, il y a une forme de panache dans ce crachat à la gueule des électeurs. […] Mais c’est, d’une certaine manière, une déclaration de guerre » écrit-il notamment. Plus loin, et c’est absolument délicieux, le petit homme s’étonne encore que « les mots ne veulent rien dire, ils sont réversibles comme des gants, ne nous écoutez jamais, ne croyez jamais ce qu’on vous dit, on vous a entubés jusqu’à la garde, abandonnez toute espérance, après nous le déluge ». Encore un, un de plus, qui aurait gagné un temps fou à nous lire dès les premières semaines de ce quinquennat maudit

L’incroyable mollusque qui tient lieu de maire des parisiens, j’ai nommé le bidet andalou, semble se forger une solide réputation en matière de trou. Que dis-je, en matière de gouffre. D’abord, il y eut celui du budget 2015 : 2 mois à peine après son élection, voilà que Madâame découvre, comme c’est bizarre, un « trou » de 400 millions d’euros dans le budget municipal 2015. Rappelons qu’en tant que 1ière chèvre de sa seigneurie Bertrand 1ère, c’est un véritable exploit qu’elle a réussi : ne pas voir une petite boulette budgétaire à 400 patates, alors même qu’elle criait au mensonge lorsque sa rivale, NKM, lui agitait sous le nez, documents financiers officiels à l’appui. Cette semaine, c’est un autre gouffre qui vient amputer encore un peu le reste de crédibilité de la gourde transpyrénéenne : celui des Halles. Le chantier, pharaonique, accuse déjà un méchant retard et surtout un surcoût de 15%… Et les travaux sont très loin d’être finis… Mes amis, les ménages parisiens n’ont pas fini de combler les trous.

Quant à l’impact du pacte, le Sénat a cherché à mesurer les effets du fameux Pacte de Responsabilité sans pour autant le publier. Et pour cause mon cher Arthur. Il est sans appel pour les peintres qui nous gouvernent. Ce qui prouve, au passage, la complicité de toutes les institutions dans les mensonges qu’on nous sermonne à longueur de reportages et d’émissions. GATTAZ, pris en étau, a commencé à préparer le terrain cette semaine, en déclarant sur RTL que l’économie française était eu bord du dépôt de bilan et qu’il fallait aller bien plus loin que les mesurettes annoncées ici et là mais toujours pas mises en œuvre. Surtout, les études, qu’elles soient du Sénat, de l’Assemblée ou d’économistes sérieux, semblent converger vers les mêmes données : il manque 26 à 27 milliards d’euros à ce « pacte » qui a déjà du plomb dans l’aile… Et 27 milliards, si on les couvre par des économies de dépenses publiques, c’est, de l’avis de tous, environ 0,3 points de PIB en plus à horizon 2017. Pas énorme. En tout cas pas suffisant pour assurer une réélection sous des hourras populaires! Mais si on ne les couvre pas, c’est de l’endettement supplémentaire, donc des impôts de plus, et du déficit encore et toujours…

Une chose est certaine, les socialos savent être généreux avec ton blé… Les hurluberlus qui nous gouvernent ont eu la bonne idée de mettre en place l’AME pour tous, donc les soins médicaux « gratuits » y compris pour les étrangers en situation régulière. Oui, gratuits pour eux, mais pas pour toi, con-contribuable, qui finance ce cadeau avec tes impôts. Et comme par hasard, ce dispositif est un formidable aspirateur à sans-papiers ! Même la vieille bique de TOURAINE, en charge de la question, s’en est fait l’écho cette semaine au Sénat : les fraudes de patients venus d’ailleurs font littéralement exploser le budget de l’Aide Médicale d’Etat. Sans blague… La hausse est de 35% pour le budget de la nation, donc pour toi et moi, pour un coût global de 750 millions en 2013 contre… 580 millions prévus initialement au budget. Le cas le plus typique ? Un étranger qui a un visa de touriste, qui se fait hospitaliser le dernier jour de validité de son visa… C’est donc l’AME qui couvre l’hospitalisation puisque le « patient » est de fait, en situation irrégulière ! En fait, la terre entière est plus maline que le couillon de contribuable français qui paie pour tous les abus, toutes les escroqueries, toutes les rentes dont son pays, asphyxié par l’état socialiste, a le secret… Il faudra bien, un jour prochain, que tout cela s’arrête.

Pendant ce temps-là, le gros dîne. C’est sans doute ce qu’il fait de mieux à son poste, comme en témoigne son embonpoint et une quasi-couperose qui lui donne cet air incomparable de goret repu. Il lui arrive même de diner deux fois, comme lors des cérémonies normando-débarquemantesques… Cette semaine, ce sont des journalistes, ses meilleurs copains, qui l’ont invité. Et il s’est rendu à un diner, vous pensez bien : on ne rate pas une telle aubaine. Alors il a parlé, pour commenter comme d’habitude, ses propres échecs. Un grand vide que cette parole présidentielle, à l’image de sa réaction aux émeutes islamo-antisémites du weekend précédent : Parlant de « groupes très organisés », il explique que « c’est terrible pour les musulmans: comment être identifiés à ce qui s’est produit. C’est terrible pour les juifs: ne peut-on plus vivre en paix en France ? C’est terrible pour nos concitoyens: dans quel pays est-on ? Mon rôle, c’est d’arriver à unir, fédérer ». Justement, quelle est ton action, ta réaction, ton plan d’actions ? Le commentaire, toujours. Oyez, oyez Braves Gens ! Dormez tranquille, à l’Elysée on a un avis sur tout quant à la maitrise des événements, vous repasserez…

Sinon, il se joue une drôle de partie en Europe actuellement. On le sait, MOSCOVICI à une furieuse envie de devenir commissaire européen aux affaires économiques et monétaires. Le problème, c’est que ses états de service ne plaident pas, mais alors pas du tout pour lui : son passage à Bercy pendant les 2 premières années hollandistes laissent un souvenir amer aux français, et ça n’a pas échappé aux européens : chômage record, déficits et dette en plein boom, aucune réforme, pas un euro d’économie dans la dépense publique… Bref, c’est carton plein! De ce fait, c’est la sorcière GUIGOU qui reprend un peu de couleurs pour un poste dont Paris se fout royalement : commissaire aux affaires extérieures… Mais comme elle est française, elle est socialiste, après tout ça devrait plaire à l’Elysée, se disent les faiseurs de roi européens.

Et c’est sans rappeler MELANCHON qui finit mélancolique cette semaine. Il n’y est plus, le pauvre Jean-Luc. Le révolutionnaire millionnaire n’y croit plus. Après des promesses de lendemains qui chantent, les municipales puis les européennes ont, semble-t-il, sonné le glas de son rêve de révolution et surtout de son mariage incestueux avec le PCF. C’est sûr que ta Révolution, si elle ne résiste pas à quelques postes dans les exécutifs locaux, elle n’est pas bien vaillante ! Tu la voyais belle et fringante, telle la Liberté guidant le peuple de DELACROIX, alors qu’elle n’est en réalité qu’une vieille radasse décatie qui tapine encore dans une station sous le périph, quelque part quand la nuit se barre et que le jour n’est pas encore là, de ces tromblons dont la simple vue vous file la gerbe et qui jette au paumé égaré dans son espace de travail un regard qui se veut salace mais qui n’est en réaliste qu’aussi coulant que ces pauvres fesses bleuies par les vergetures. Franchement, mon bon Jean-Luc, l’heure est venue pour toi de te consacrer à la pêche ou au scrabble. Et puis pendant que tu attendras le goujon comme hier le grand soir, tu croiseras bien, dans le Perche ou en Normandie, un pauvre type sympa qui écoutera tes élucubrations révolutionnaires de pacotille, tes révoltes en bois et tes tirades bidons. Allez mon Jean-Luc, casse-toi, va. C’est mieux pour tout le monde, tu le sens bien. Tes amis communistes d’hier te marchent sur la gueule. Tes électeurs filent par paquet de 12 à l’autre Front, celui de Marine. Tes idées rances qui font ton fonds de commerce n’ont plus guère d’écho qu’en Corée du Nord…

Sinon, la semaine dernière, nous relations le discours un brin surréaliste du VICOMTE qui semble avoir décidé à ouvrir les professions réglementées, comme s’il avait été enfin touché par la grâce et qu’il se mettait à penser que la concurrence avait du bon pour faire baisser les prix… Lui qui nous expliquait hier croire aux cartels et à l’organisation des marchés par l’état… Comme quoi, ils sont prêts à raconter vraiment n’importe quoi pourvu qu’ils nous prennent pour des cons… Mais s’il se met à être lucide, le baron, qu’il s’attaque donc à la première des rentes, celle qui coûte vraiment cher à la société : la fonction publique ! En effet, à l’heure de faire payer les greffiers, huissiers ou pharmaciens, ce qui peut s’entendre, pourquoi ne pas commencer par les premiers rentiers de la République ? Pour contribuer à cette démarche salutaire, voici quelques pistes : de l’aveu même de Bercy, ils sont plus de 2.000 fonctionnaires à toucher plus que les ministres, c’est à dire plus de 120.000 euros par an ! Même LEBRANCHU avait envisagé en avril dernier une contribution exceptionnelle sur cette population pour le moins aisée… Depuis, plus rien, naturellement ! On ne touche pas impunément à ses clientèles électorales… Pire, une « note confidentielle » provenant du ministère de cette même LEBRANCHU, estime à 6 milliards d’euros les économies qui pourraient être réalisées en cinq ans si l’on « stabilisait » tout simplement les effectifs de la fonction publique territoriale, qui compte tout de même 1,9 million d’agents ! Allez, mon gars, c’est bien de toucher aux rentes. Mais encore faut-il s’attaquer aux bonnes…

Enfin l’assemblée a voté cette semaine la fameuse réforme territoriale, et entérine du même coup la fameuse nouvelle carte de France, à 13 régions. Tant pis pour AUBRY… On peut s’en réjouir ou le déplorer, peu importe, mais surtout personne n’a relevé un fameux amendement. Il faut dire qu’ils s’y sont pris tard dans la nuit… Quel est-il, ce fameux amendement qu’a fait voter en commission le rapporteur du texte, Carlos DA SILVA ? Tout simplement, un dieu au plafonnement à 150 élus régionaux, prévus initialement dans le projet gouvernemental: les nouvelles régions créées par fusion disposeront d’un nombre d’élus équivalent à la somme des élus des anciennes régions et les régions inchangées, comme l’Ile-de-France, pourront garder le même nombre d’élus. Ainsi donc 1 757 conseillers régionaux garderont leur poste… Pour les économies, qui étaient rappelons-le l’alpha et l’omega de cette pseudo réforme, ce ne sera pas un centime ! Il y a même à parier que ça coute au con-contribuable… Merci la Hollandie !

A part ça, les enquêtes s’entassent et se confirment : VALLS-la-menace chute littéralement dans les sondages d’opinion (moins 6 points pour l’IFOP de début juillet) alors que pépère reste accroché au fond du panier, à 18%. Et l’effet « émeutes en France » ne s’est pas encore fait sentir, les enquêtes ayant eu lieu avant… A part ça, un délégué EELV, Pierre MINNAERT, a estimé que « Quand les synagogues se comportent comme des ambassades il n’est pas étonnant qu’elles subissent les mêmes attaques qu’une ambassade », légitimant ainsi les attaques au cri de « Mort aux Juifs ». Ah, la gauche et sa vieille tradition antisémite… A part ça, SERILLON aurait officiellement quitté le staff élyséen. Il devait reprendre en main la com’ du gnome. Ce dernier a changé de lunettes et est devenu commentateur sportif. SERILLON, ou le sentiment du devoir accompli. A part ça, VALOCHE aurait un nouveau mac, pardon, un nouveau mec, un certain Hani YAKAN. « Je me trouve beaucoup plus séduisant que lui » aurait déclaré pépère en réaction à cette news de première bourre. Hani, mon grand, tu dois vraiment ressembler à un cul… A part ça, une trentaine de députés socialistes ont manifesté mercredi en soutien au Hamas, derrière une pancarte « Hollande, Assassin ». Drôle… A part ça, la gauche n’aime toujours pas le mérite. FIORASO, cette vieille peau, contrairement à ce qu’elle avait préalablement annoncé, a supprimé la bourse au mérite créée par SARKOZY : tous les bacheliers ayant obtenu une mention Très Bien pouvaient prétendre à une aide de 1800 € par an, pendant 3 ans. L’excellence républicaine n’est définitivement pas de gauche. A part ça, rien.

Ce pays est foutu.

dimanche 27 juillet 2014

Une journée dans les administrations


La France est un pays d’ordre et de méthode. Il y a des choses qui se font, d’autres qui ne se font pas, mais quoi qu’il arrive, s’il y a une procédure pour les uns et les autres, elle sera appliquée à la lettre. Qu’on postera avec assiduité, tant que cela sera nécessaire.

Hier, par exemple, je voulais renouveler mon permis suite à un incident épisode avec des roms gens du voyage qui m’ont dérobé emprunté le sac dans lequel je confinais mes papiers.

Le renouvellement se passait au bureau des permis à la préfecture de police de Paris, boulevard Ney. Je décidai d’y aller à 11h en dépit d’une intuition reptilienne qui me murmurait aux oreilles que ce n’était pas la bonne heure pour se rendre à de tels offices.

Motivé, je décidai d’y aller quand même. Téméraire, mais prévoyant, je me renseignai préalablement sur le site internet de l’une des nombreuses agences gouvernementales qui pullulent dans ce marigot putride que contient la Toile afin de connaître la nature des documents qui me seraient demandés.

Je choisis d’y aller en voiture, en pensant gagner un peu de temps par rapport aux transports qui sont en permanence en retard, surtout en période estivale. C’est donc naturellement que j’ai eu la joie de me retrouver dans des bouchons sur tout le trajet, dans des rues en travaux ou des voies fermées à la circulation avec absence de signalisation, automobilistes en colère et périphérique bouché. Car c'est l'été et c'est la meilleure période n'spa?

Je trouvai finalement une place à plus d’un demi-kilomètre de la préfecture, dans une rue lugubre abandonnée dans l’un des nombreux bidonvilles qui jouxtent la Ville Lumière, faute d’avoir obtenu une place de parking en première proximité des locaux. Mais c’est normal, je m’y attendais car pour régler le problème de stationnement à Paris la mairie a décidé tout simplement de supprimer ces places comme elle sait le faire pour fluidifier la circulation en supprimant les routes et les remplacer par d’immenses esplanades piétonnes à la gloire du Dieu Eco-responsable et construites à coups létaux de longs chantiers payés avec nos impôts stratosphériques citoyens.

Arrivé sur place, je tombai sur un portique de contrôle au-delà duquel les forces de police réalisèrent une fouille « approfondie » de mes sacs et sous-vêtements. Bah oui cher monsieur, avec les événements actuels, on n’est jamais trop prudent. Je concède bien que ma tête de terroriste méritait une attention si particulière. Je tombai ensuite sur un aiguillage visible et millimétré qui m’indiquait « permis → ». En arrivant sur place, je pris mon ticket et j'entamai une longue attente de 40 minutes, période pendant laquelle je me suis morfondu sur une chaise en plastique dure confortable  et digne des heures les plus sombres mythiques à la gloire de l’union soviétique. Lorsque le guichetier m’a appelé –il était seul, le pauvre– celui-ci a dû m’expliquer, laconiquement, que je n’étais pas au bon guichet et que pour les permis volés empruntés il fallait se rendre dans l'aile droite en sortant sur la gauche un niveau plus haut après la huitième porte à droite gauche de la machine à café, et que je ne devais pas confondre avec le distributeur de boissons qui se trouvait en sens opposé. Je profitai quand même de l’instant pour lui expliquer que l’affichage indiquait explicitement « permis » et que naturellement le pékin français moyen pouvait être induit en erreur. Mais, merci de l'info quand même, cher Monsieur.

C’est à mon arrivée dans le bâtiment B que les choses se corsèrent et se compliquèrent car l’attente était double triple double. Il fallait d’abord stationner à une première queue pour se faire contrôler les pièces justificatives et obtenir un ticket puis une seconde pour se faire appeler à l’enregistrement. J’entamai donc une première file, debout, pendant plus de 45’ dans un local non climatisé, non aéré, agrémenté d’odeurs corporelles oscillant entre la sueur et le déodorant. Bien évidemment je n’étais pas prioritaire dans cette file puisque passaient avant moi les invalides, les handicapés (ils conduisent ?), les estropiés, les invalides de guerre (eux aussi ?), les personnes âgées, les femmes enceintes, les femmes avec enfants, les femmes tout court, les situations spéciales, les gens avec rendez-vous et tous ceux qui avaient une voix plus forte que la mienne et exaspérés devant l’ampleur homérique de la file d’attente.

A mon arrivée devant le grand Juge, en l’occurrence la guichetière, celle-ci s’excusa pour se rendre aux toilettes. Comme elle était seule à cause de la période estivale, je dus attendre quinze minutes de plus, au grand désarroi des autres idiots comme moi qui stationnaient derrière moi. Puis vint le tant attendu contrôle des papiers. Malgré tous les documents que j'avais à ma disposition il fallait AUSSI apporter les originaux et ceci contrairement à ce qu'indiquait le site internet.

C’est donc prestement que je repris la direction de ma voiture pour récupérer les originaux à la hâte. J’eus quand même la surprise de découvrir une amende collée sur mon pare-brise, 35€, après le passage d’une pervenche qui avait estimé que l’arrière de ma voiture dépassait de quinze centimètres la limite de marquage au sol. Dégoûté, je me retrouvai à nouveau dans les bouchons de retour, qui au passage, s'étaient aggravés pendant l’heure de midi, le tout sous une chaleur de plomb.

Vacciné par l’amende, je décidai de repartir en transports en commun en prenant le tramway. A mon retour au premier guichet du bâtiment B, après une nouvelle minutieuse fouille, le nouveau temps d’attente m’a coûté 50 minutes. Car oui, la situation, faute de bras, s’était aussi aggravée. Pendant ma lente avancée –toujours debout, toujours dans des locaux non climatisés et substantiellement plus chauds– une gentille vieille dame se mit à me parler racontant qu’elle avait aussi perdu son permis de conduire et que la préfecture de Haute Saône –lieu où elle habitait avec sa fille–  l’avait renvoyée à Paris car son permis avait été délivré par le passé par la préfecture de Paris. La vieille acariâtre tenta quand même avec ruse de me passer devant, mais en bon prince je la remis à juste place: en l’occurrence juste derrière moi. Donnons-nous au moins une bonne conscience : Si elle n’avait pu me raconter ses déboires, elle l’aurait peut-être fait à son médecin moyennant une consultation remboursée par mes impôts la sécurité sociale. Heureusement pour moi, la juge tordit ses petits doigts potelés par des années de bonne nourriture et il ne manquait rien cette fois dans cette pluie diluvienne de justificatifs que nos inventifs politocards nous réclament. L’horodateur me vomit le ticket No D74 et je me dirigeai vers la salle d’attente où je vis le compteur afficher majestueusement « D08 ». J’en déduisis qu’il y avait 66 personnes devant moi.

J’ai donc entamé une nouvelle attente incertaine qui me coûta 80 minutes. Pendant toute cette durée –la faute à la place que j’ai choisie sans doute–, les gens entrant dans la salle m’auront demandé huit fois si j’avais un stylo pour remplir le formulaire CERFA numéro un-million-huit-cent-quatre-vingt-trois-mille-quarante-doute et cinq fois s’il fallait bien passer d'abord par la première file d'attente pour avoir le ticket jusqu'à ce que, las, je demandai avec colère si j’avais la tête d’un agent d'accueil pour me poser systématiquement cette question ?

Chanceux, lorsque j’arrivai enfin au guichet, tout se passa bien. Je notai quand même que la batterie de mon téléphone était passée près de 100% à 11h à 0% à 16h45. P*tain d’iPone de m$rd* ! Je pris la sortie derrière le bâtiment B qui n’est autre que l'entrée du bâtiment C destiné aux demandeurs d'asile. J’y trouvai une population hétéroclite de gens vêtus de boubous, de tchadors, et autres draps et rideaux de douche délicatement posés avec style sur la tête. C’est là que je conclus que toute cette faune aussi riche que diversifiée était une chance vraie et indéniablement, une force-vive que le pays abesoin. C’est avec émotion que je souhaitai la bienvenue à un homme qui me réclamait une présupposée cigarette (« je-attente, tu-rette »).

Mon retour se fit par le tram 3 après un contrôle Navigo où mes trois voisins de siège et les deux derrière moi se virent dresser une amende forfaitaire pour absence de titre de transport, preuve imparable que même des gens prévoyants peuvent oublier de valider leurs titres.

A ma sortie porte de la Villette, toujours sous une chaleur de plomb, en sueur, un homme se mit à racler le fond de sa gorge pour purifier les bronches et fertiliser le sol bitumeux de l'avenue de Flandre qui ne démériterait pas d'être rebaptisé avenue de N’importe quoi.

Je me souviendrai longtemps de ce rocambolesque contact avec les agences du Léviathan qui ne cesse d’augmenter son influence et son besoin irréfragable de pognon par larges brouettées.

J’en conclus que petit-à-petit, lorsque le débat public n’est pas occulté par les indispensables prises de positions des uns et des autres sur le sort d’une présumée-lycéenne présumée-kosovare, le peuple s’interroge sur la douloureuse question de la complexité administrative : un peu mieux, ou un peu moins, ou un peu plus ?

Il est quand même dommage que, malheureusement, peu de gens voient que le bougre éléphantesque, par ses fringales continuelles, provoque par contagion des effets dévastateurs, formant une espèce de cercle vicieux que les uns ignorent ou que les autres mettent sur le dos du capitalisme libéral apatride ou sur la malchance, ajoutant parfois la dissonance cognitive au déni de réalité pour faire un tableau clinique bien copieux.

Nos administrations sont totalement à la déroute et leurs performances échappent à tout contrôle et tout reproche. Leur qualité diminue. Leurs prestations s’évaporent. Leurs temps de traitement augmentent. Leurs coûts montent en flèche. Leurs déficits s’accumulent. Les couinements des payeurs sont à peu près inaudibles. Ainsi, et c’est encore moins visible, la multiplication des lois, décrets et autres règlements dans tous les domaines aura provoqué, en 40 ans, une situation intenable où tout joue contre des populations de plus en plus pauvres. Car oui, ce sont bien les plus pauvres qui paient le plus lourd tribut aux règlementations délirantes que les politiciens mettent en place au prétexte de venir en aide, justement, aux populations précaires.

Il y a pire encore : l’averse permanente de lois, de règlements, de normes et de contraintes imposées par l’État provoque une atmosphère de défiance et entame le moral des citoyens. Combien d’entre eux, qui se seraient lancés dans l’aventure entrepreneuriale, abandonnent avant d’avoir créé ? Combien d’opportunités manquées ? Combien partiront et créeront de l’emploi ailleurs, faisant bénéficier d’autres pays de la manne de taxes et de cotisations qu’ils créeront avec leurs idées qui furent découragées ici ? Quel est le coût, réel, bien palpable, de cet impôt sur le moral, puisque ces citoyens, formés ici, profiteront à d’autres ?

Mais le pire de tous ces impôts, et celui qui touche de plein fouet et sans la moindre pitié les classes les plus pauvres, c’est l’impôt sur le temps. Cet impôt temporel est visible dans les paperasseries administratives, les démarches à la con, les obtentions de permis divers et variés dont tant n’ont qu’une pure fonction de collecte de taxe. Cet impôt temporel est visible dans la multiplicité des interlocuteurs, dans l’incurie consommée et méticuleuse de tel service administratif public à propos de tel autre. Cet impôt temporel, est payé lorsqu’il faut se lever très tôt pour aller faire une queue épuisante… En pure perte parce qu’il vous manque ce p*$£n de formulaire ou de papier qui n’était pas demandé lorsque vous avez téléphoné. Cet impôt temporel, est payé lorsqu’il faut arriver des heures avant un vol pour passer des contrôles de sécurité parfaitement inutiles. Il est payé aussi lorsqu’il faut contester des amendes, des majorations ou des prunes diverses et variées alors qu’elles ne sont pas dues, ou pas adressées à la bonne personne ou simplement pas règlementaires.

Mais l’impôt temporel le moins visible, et le plus coûteux, est celui payé tous les jours lorsqu’on doit s’imposer des tâches ou des déplacements qui ne sont motivés exclusivement que parce qu’au départ, l’État est massivement intervenu et a provoqué une situation à laquelle on ne peut pas échapper. Cet impôt, bien qu’invisible, est immense, ses dégâts monstrueux, et son assiette d’autant plus inique qu’elle est presqu’exclusivement basée sur les populations les plus pauvres.

Ce temps passé à ne rien faire ne sera pas utilisé pour améliorer ses conditions de vie, ne pourra pas servir à accroître sa formation, son savoir, sa propre éducation, et, par voie de conséquence, son futur. Le temps passé dans les transports se traduit mécaniquement par des dépenses supplémentaires en essence, en amendes, en dépenses qui s’additionnent à la maintenance d’un véhicule de plus en plus complexe à mesure que les lois punissent les automobiles éco-crasseux.

Ce temps passé à rapiécer, à bricoler, à récupérer, à trouver des méthodes pour dépenser moins, autrement, mieux, ce temps-là est une conséquence directe de la présence de l’État dans chaque interstice de nos vies. Ce temps passé à attendre n’est jamais rattrapé et il est très majoritairement une conséquence directe de l’intervention de l’État.

Ce temps passé à lutter contre les administrations, à se déplacer d’un lieu inutilement éloigné d’un autre, à accumuler des frustrations, à batailler pour simplement joindre les deux bouts est un temps qui, en plus, finit par attaquer la santé. C’est un temps qui signifie vite fatigue, stress, éloignement des proches et perte du fameux lien social dont on nous rebat les oreilles cyniquement. L’impôt sur le temps, bien qu’invisible, est le plus cher, le plus douloureux et le plus directement lié aux exactions de l’État.

Lutter contre l’obésité de l’État, c’est d’abord diminuer cet impôt, c’est rendre le bien le plus précieux qu’il soit à l’homme libre : du temps.

Et il n’y a pas à dire. Ce pays garde toutes ses chances pour préserver son rang dans le monde.

lundi 7 juillet 2014

Le peuple et les charlatans



Une femme, Rachida H, 47 ans, pour un motif qu'un sain fonctionnement de son cerveau lui eût fait rejeter, poignarde une autre femme et la tue. C'est là un événement à l'effet tragique pour l'innocente victime, ses proches, ses amis mais qui, comme tout acte irrationnel, ne révèle rigoureusement rien sur l'état de la société, pas plus que ne le ferait la foudre tombant sur un passant.

Il se trouve que ce crime a été commis dans une école et a frappé une institutrice. L'école est aujourd'hui un lieu sacré, l'institutrice une personne sacrée, il fallait donc s'attendre à ce que ce double sacrilège déclenchât l'habituel torrent de propos d'une stupidité ahurie, nous n'avons pas été déçus.

Dans ce flot insane, j'ai relevé cette affirmation colportée, avec égards et approbation, par le pathétique quotidien de référence (sic) et émanant de l'un de ces psychologues qui vivent au crochet de gogos contribuables:
" Le psychisme humain n'est pas préparé pour assumer cela"
[cela: le spectacle d'un acte de violence]
S'il en était ainsi, il y a fort longtemps que l'espèce humaine eût disparu. Supportant de moins en moins l'agressive crétinerie de l'actuelle société "occidentale", je trouve plaisir et réconfort dans les récits de notre passé, et particulièrement dans les Mémoires que rédigèrent des femmes et des hommes de temps disparus.

Ce sont des temps où les spectacles d'horreur étaient monnaie courante, l'esprit humain (que le cuistre nomme "psychisme") pouvait les déplorer ou condamner, mais il les acceptait ("assumait").

Ce sont des temps où, à la sortie des villes se dressait un gibet, les corps des suppliciés y demeuraient jusqu'à ne plus être qu'un squelette que les intempéries disloquaient enfin, des temps où femmes, hommes, enfants se pressaient sur la grand'place pour voir rouer, écarteler ou décapiter quelque criminel, des temps où les soldats tuaient leurs ennemis avec une parfaite bonne conscience, et où la vision d'un cadavre était dans l'ordre de la nature –ce furent des temps qui durèrent des millénaires, et dont l'esprit humain s’accommoda fort bien.

Ce sont aussi des temps où n'existaient pas ces psychologues crapuleux dont le seul "talent" consiste à persuader autrui qu'il a, à la moindre vision sortant de son ordinaire, subi un traumatisme, puis à percevoir des honoraires, ou un salaire, pour guérir le mal que seuls leurs mensonges ont provoqué.

Que prospèrent désormais les parasites marchands de soutien psychologique est une marque éclatante de la veulerie d'un peuple qui les nourrit sans un instant s'interroger sur le bien-fondé de leur charlatanesque activité, et je retourne lire les Oeconomies royales (ou Mémoires) de Maximilien DE BÉTHUNE, duc de SULLY, pair, maréchal de France, grand-maître de l'artillerie, prince souverain d'ENRICHEMONT, pour retrouver des Hommes (et des Femmes, et même des enfants) qui alors n'étaient pas des poupées larmoyantes.

Ce pays est foutu

mercredi 2 juillet 2014

La Diversité s'écrit avec les pieds


« On a perdu », apprenait-on sur le site du Nouvel Obs avant hier, au lendemain du huitième de finale de la Coupe du Monde qui opposait l’équipe de France à celle du Nigéria. Ah bon? Pourtant, bien que le match ait été peu flamboyant pour les Bleus, il me semblait que le score affichait 2-0 en leur faveur à la fin de la partie. Et j’avais même vu défiler quelques voitures ornées de drapeaux bleu-blanc-rouge, klaxonnant joyeusement du côté de la Bastille.

C’est que l’article s’intitulait : « Défaite de l’Algérie : “Maintenant, on compte sur la France pour nous défendre”. » Qui ça, « nous »? A la lecture, on apprenait que cette phrase était celle d’un supporter de l’équipe d’Algérie. Pourquoi pas, après tout, chacun est libre de s’enflammer pour une équipe étrangère. Et il était assez flatteur de penser que nos amis algériens, désormais éliminés, supportent naturellement la France, ce pays si proche, vers lequel nombre d’entre eux avaient émigré.

Ce qu’il y avait d’étrange, c’était cette histoire de « défendre » l’Algérie. Contre qui? Contre quoi? A priori, les « Fennecs » était désormais hors de danger, puisqu’ils avaient perdu… A-t-il voulu dire par là qu’il comptait maintenant sur la France pour « défendre les couleurs » de l’Algérie? Ce fameux drapeau blanc, rouge et vert devenu omniprésent dans nos villes depuis la victoire sans précédent des Algériens contre la Corée du Sud? Plus difficile à imaginer. On avait rarement vu qui que ce soit soutenir une équipe après son élimination…

Non, lecture faite de l’article, on découvrait que le supporter interrogé était en réalité un Français: Sami, 25 ans, habitant à Marseille. Et là, tout devenait encore plus confus. Défendre nos couleurs à « nous », c’est bien ce que « nous » avions fait ce soir, en mettant laborieusement deux buts aux Nigérians à la dernière minute, non? Quant à soutenir l’Algérie, c’est ce que nous avions fait aussi, majoritairement, dans la foulée. Justement parce que beaucoup de nos concitoyens sont d’origine algérienne. Alors de deux choses l’une: 
  • soit Sami n’a pas de papiers, 
  • soit il mérite un carton.
Parce que sa phrase exacte est rapportée en dernière ligne de l’article: « On a perdu en huitième de finale mais il nous reste la France. On compte sur eux pour nous défendre. » Non seulement ce sympathique jeune homme semble dire que son pays, c’est l’Algérie.

Mais en plus il considère qu’il lui « reste » la France pour « défendre » ses couleurs. Sami, qui ne doute de rien, compte sur « eux ». Et eux, c’est nous. Moins lui, donc. Cette auto-exclusion de la communauté nationale constitue sans doute l’échec le plus patent de l’intégration. 

Diversité, j’écris ton nom… avec les pieds.