mardi 30 septembre 2014

Une bonne réforme: Supprimer l'ENA


Les énarques représentent près de la moitié des postes à responsabilité dans les administrations clés de Bercy. Si cette situation est problématique, c’est d’une part car elle engendre une culture de caste dans ces administrations et d’autre part en raison du pouvoir considérable dévolu aux énarques qui, loin de se contenter d’administrer, ont une véritable capacité d’obstruction et de manipulation dont ils usent et abusent. Mais surtout ce sont des gestionnaires calamiteux, ainsi qu’en attestent les nombreux exemples de la «promotion Titanic [1]».

Ainsi, voici un bref résumé du Dossier Noir de l’ENA [2] publié par la Fondation iFRAP en 2005, afin d’en rappeler le constat tout à fait essentiel: le pouvoir dévolu aux énarques est tout à fait disproportionné par rapport à leurs compétences réelles. En l’espace de 15 ans, une trentaine d’énarques à la tête d’entreprises privées ou publiques ont réussi à faire perdre à eux seuls plus de 200 milliards d’euros à leurs actionnaires.

Entreprises privées
  • Pierre Bilger, inspecteur des finances, Alstom, a amené Alstom au bord du dépôt de bilan et à une renationalisation partielle par injection massive de capitaux publics.
  • Pierre Blayau, inspecteur des finances, Moulinex, pratique des sociétés écrans pour (mieux) rémunérer les dirigeants, dépôt de bilan, mise au chômage de 5.000 personnes et mise en examen pour « banqueroute par emploi ruineux et banqueroute par détournement d’actifs ». Chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite.
  • Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo, inspecteur des finances tous les deux, Vivendi Universal, diffusion, au nom de la société, d’informations inexactes et abusivement optimistes, tromperie du public [3], 72 Mds d’euros de pertes.
  • Guy de Panafieu, inspecteur des finances, Bull, démantèlement progressif de l’entreprise pour combler les déficits, cet exercice se solde néanmoins par une perte annuelle de 253 millions d’euros en 2001 et une réduction cumulée d’effectifs de 15.000 personnes (sur un total de 21.000). Chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • André Tarallo, Elf Gabon, soupçonné de recel d’abus de biens sociaux à hauteur de 300 millions de francs, dont 84 millions prouvés, quatre ans de prison ferme et deux millions d’euros d’amende.

Entreprises publiques
  • Bernard Attali, conseiller référendaire à la Cour des Comptes, Air France, gestion désastreuse et politique d’investissement douteuse (notamment rachat d’actions à un proche de F. Mitterrand à un prix très supérieur à leur cours de bourse), 8 Mds de francs de déficit en 1993, aide de l’État de 4 Mds de francs et suppression de plus de 4.000 emplois.
  • Michel Bon, inspecteur des finances, France Télécom, gestion désastreuse, 68 Mds d’euros de pertes. Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite, chevalier du Mérite agricole.
  • Jean-François Cirelli, Gaz de France, artifice comptable et collusion politique afin de dissimuler 12 Mds de dette de charges de retraite des salariés.
  • Louis Gallois, SNCF. Il a fait de ce qui était à ses débuts une des gloires françaises, le réseau le moins productif d’Occident en termes de km-voyageur par agent, associé à des taux de grève record (18 fois plus que dans le privé), des retards devenus célèbres et un déficit considérable. Chevalier de Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • Alain Minc, inspecteur des finances, Cérus, mauvaise gestion, 4 Mds de francs d’addition. Officier de la Légion d’honneur.
  • Yves Roland-Billecart, inspecteur des finances, Air Afrique, gestion désastreuse et mise en faillite de la compagnie, dette de 183 Mds de francs CFA. Officier de la Légion d’honneur, commandeur de l’ordre national du Mérite.
  • François Roussely, conseiller référendaire à la Cour des comptes, EDF, investissements hasardeux et catastrophiques, 25,8 Mds d’euros d’endettement. Officier de la Légion d’honneur, de l’ordre national du Mérite et des Arts et des Lettres.

Banques et assurances
  • Michel Albert, inspecteur des finances, Assurances générales de France, gestion désastreuse, 6 Mds de francs de pertes. Officier de la Légion d’honneur, grand officier de l’ordre national du Mérite.
  • Jacques Attali, maitre des requêtes au Conseil d’État, Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement : dépenses somptuaires : 560 millions de francs dépensés pour refaire le siège de la BERD, soit un dépassement de budget supérieur à la totalité des prêts consentis par la BERD aux pays de l’Est ; en deux ans, soixante vols en jets privés pour 1,4 million de livres, notes de frais exorbitantes assorties de rémunérations interdites par le règlement de la Banque.
  • Jean-Michel Bloch-Lainé, inspecteur des finances, Worms, gestion désastreuse, 14,9 Mds de francs de pertes. Commandeur de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • Georges Bonin et Patrice Chevallier, Crédit Foncier de France, gestion désastreuse, pouvoir discrétionnaire, avantages suspects accordés à certains clients, 10,8 Mds de francs de pertes en 1995, nationalisation puis liquidation.
  • Patrick Careil, inspecteur des finances, Banque Hervet, gestion désastreuse, 1,2 Md de francs de perte en 1993. Chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • Jean Dromer, inspecteur des finances, Banque Internationale pour l’Afrique de l’Ouest, gestion désastreuse, déficit de 393 millions de francs en 1988.
  • Jacques Friedmann, inspecteur des finances, Union des Assurances de Paris, mauvaise gestion, 2 Mds de francs de pertes, Commandeur de la Légion d’honneur. Chevalier de l’ordre national du Mérite.
  • Michel Gallot, inspecteur des finances, Société de banque occidentale, gestion désastreuse, 4 Mds de francs de pertes. Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • Jean-Yves Haberer, inspecteur des finances, Crédit lyonnais, gestion désastreuse, dépenses somptuaires exorbitantes, publication de faux bilans, 15 Mds d’euros de pertes, condamné à 18 mois de prison avec sursis.
  • Jean-Maxime Lévêque, inspecteur des finances, Crédit Commercial de France et International Bankers Incorporated, mis en examen pour complicité d’abus de confiance, recel, complicité de présentation de comptes inexacts et complicité de distribution de dividendes fictifs, 1,5 Md d’euros de pertes, incarcéré 4 mois à la Santé.
  • Robert Lion, inspecteur des finances, Caisse des dépôts et consignations, gestion douteuse : il a fait construire un nouveau restaurant en prenant sa femme pour architecte. Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.
  • Pierre Moussa, inspecteur des finances, Pallas Stern, gestion désastreuse, 8 Mds de pertes puis dépôt de bilan en 1995. Officier de la Légion d’honneur et officier de l’ordre national du Mérite.
  • Roger Prain, IF, Banque Verne, mauvaise gestion, recapitalisation de 300 millions de francs en 1996. Officier de la Légion d’honneur, chevalier de l’ordre national du Mérite.
  • Jean-Claude Jolain et Raymond Fekik, Mutuelle du Mans Assurances, gestion désastreuse, attribution d’indemnités retraites dans des conditions controversées, 4,5 Mds de francs de pertes.

[1] Promotion fictive, composée en fait de membres de plusieurs promotions.
[2] Hors série spécial 20 ans de Société Civile, le mensuel de l’iFRAP.
[3] Dixit l’AMF

La courte route vers le totalitarisme fiscal


L’apparition de l’État-providence au 20e siècle a conduit à multiplier les impôts et à promouvoir l’interventionnisme économique et social, en particulier sous la forme de systèmes de protection sociale financés par cotisations obligatoires. Les dirigeants politiques de gauche ou de droite sont devenus des virtuoses de la communication dans ce domaine, sur un registre d’ailleurs simpliste mais efficace: augmenter les prélèvements obligatoires est un progrès pour tous, y compris pour ceux qui les payent. Il fallait y penser. Ce tsunami d’impôts et de cotisations obligatoires constitue aussi une opportunité pour accumuler des informations individuelles qui, à terme, représente une menace considérable pour les libertés publiques. Sans nous en rendre toujours compte, nous sommes déjà sur ce que HAYEK appelait la route de la servitude.

Il n’est pas admissible que l’État, sous couvert d’efficience fiscale, accumule une information financière sur les revenus et les patrimoines. Cette fonction appartient aux instituts de statistiques mais de façon totalement anonyme. L’impôt progressif sur le revenu global des foyers fiscaux est donc attentatoire à la liberté. Il nécessite en effet une base de données nominative de l’ensemble de la population, mise à jour annuellement à partir des déclarations de revenus obligatoires. Le libéralisme suppose une imposition du revenu à caractère proportionnel (flat tax) qui n’exclut d’ailleurs pas les préoccupations sociales. En effet, le mécanisme de l’impôt négatif est parfaitement adapté à l’impôt proportionnel: au-dessous d’un certain niveau de revenu, au lieu de payer, le contribuable reçoit de l’argent.

La justification d’une telle position de principe en faveur de la proportionnalité de l’impôt est double:

  • D’une part, la globalisation des revenus n’est plus nécessaire: la taxe proportionnelle s’applique à tous les revenus non exonérés sans qu’il soit nécessaire de connaître le revenu global par foyer fiscal. 
  • D’autre part, les innombrables mesures interventionnistes (dites niches fiscales) liées à l’impôt progressif ne peuvent plus être maintenues. Ces mesures fiscales ne sont qu’un affichage politicien permettant à tel ou tel parti d’affirmer qu’il favorise les énergies vertes, les restaurants du cœur, le financement des syndicats, les investissements outre-mer, etc. Il y en a des centaines. L’évaluation a posteriori de l’efficacité de ces dispositions complexes n’a jamais eu lieu. Il s’agit d’un sordide jeu politicien que la technocratie d’État met au service des partis et de leurs leaders.
Le même raisonnement doit évidemment s’appliquer à tous les impôts. Ainsi, l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et les droits de succession sont actuellement calculés en appliquant un barème progressif à tout le patrimoine taxable ou à la totalité de la succession (à la part de chaque héritier pour être exact). Il est possible, si l’on respecte les libertés individuelles, de taxer tel ou tel élément de patrimoine, mais jamais d’utiliser le droit fiscal pour surveiller l’évolution des patrimoines individuels.

En ce qui concerne les droits de succession, l’État n’a pas à décider que les transmissions en ligne directe sont acceptables jusqu’à un certain niveau (actuellement en France abattement de 100 000 € par part) mais fortement taxables au-delà d’un certain seuil (actuellement taux de 45% à partir de 1 805 677 €). Il n’a pas non plus à spolier ceux qui veulent transmettre en dehors de leur famille (taux d’imposition de 60% sur le total de la succession). La seule solution respectant le libre choix individuel est une taxe proportionnelle à taux unique sur les éléments transmis. Tous ces exemples prouvent, s’il en était besoin, que la fiscalité repose sur une idéologie commune aux partis de droite et de gauche plaçant le pouvoir économique et financier de l’État au-dessus du respect des libertés individuelles. En réalité, une caste de politiciens et de technocrates est parvenue à imposer à la population l’idée que son énorme pouvoir financier est légitime et représente l’intérêt général. L’argument invoqué est toujours le même: l’onction de l’élection transforme ipso facto les politiciens en représentants totalement désintéressés gérant l’argent public avec le souci constant de l’intérêt général. Les multiples « affaires » montrent ce qu’il en est vraiment. Les élections sont en réalité devenues l’un des principaux mécanismes de promotions d’ambitieux sans scrupules comme le Rouge (l’armée) et le Noir (l’Église) pouvaient l’être, selon STENDHAL, au 19e siècle. Nos élus sont les Julien SOREL d’aujourd’hui.

L’écotaxe poids lourds française, récemment abandonnée, est un autre exemple très illustratif des dérives de l’appareil d’État dans le domaine fiscal. La problématique est connue: les poids lourds dégradent le réseau routier et rejettent dans l’atmosphère quantité de polluants puisqu’ils sont équipés de moteurs diesels. Comment faire payer une taxe de circulation à l’ensemble des poids lourds, qu’ils soient français ou étrangers? La solution consensuelle droite-gauche-écologistes a été la suivante: installer un énorme système de surveillance électronique sur le réseau routier, hors autoroutes. Les déplacements des poids lourds seront ainsi minutieusement enregistrés et le montant de la taxe sera fonction de la distance parcourue. Politiciens et technocrates étaient visiblement très fiers de cette avancée nouvelle de l’inquisition fiscale. Ils disposeraient désormais d’un fichier nominatif des déplacements professionnels. Merveilleux! Ils n’avaient pas tenu compte des chouans bretons et vendéens, les bonnets rouges, qui n’ont cure de ces petits calculs mais sont prêts à se battre pour la liberté et la survie de leurs entreprises. L’État a dû reculer et Ségolène ROYAL, nouvelle ministre en charge du dossier, visiblement mal à l’aise, a considéré que l’écologie ne devait pas être « punitive ». Dont acte.

Cet épisode emblématique du comportement est significatif au moins à deux égards. 

  • D’une part, les gouvernants n’hésitent pas à enfreindre les libertés individuelles s’ils sont acculés financièrement: il s’agissait ici de se procurer des ressources pour financer le réseau routier. Parsemer le pays de portiques électroniques de contrôle ne leur a pas paru choquant. Mémoriser tous les déplacements professionnels leur a semblé normal. Disposer d’un système électronique de surveillance potentiellement utilisable à des fins inconnues ne leur a pas posé de problème éthique. Nos dirigeants, noyés dans les problèmes techniques, n’ont plus la hauteur de vue qui s’impose à leur niveau de responsabilité. 
  • Un autre aspect du problème n’a pas été évoqué et il est pourtant essentiel. En soi, le principe d’une taxe contributive, spécifique aux poids lourds, est acceptable. Mais il y a deux façons de taxer, sans flicage électronique, les déplacements des poids lourds: au niveau européen ou au niveau national. S’il s’agit de faire contribuer les poids lourds nationaux ou étrangers au financement du réseau routier, la bonne solution consiste à instituer une taxe annuelle européenne. Elle touchera presque tous les utilisateurs du réseau routier. Pour ceux qui viennent de l’extérieur de l’espace européen, il suffit de percevoir une taxe à la frontière européenne et à chaque passage. Le consensus européen sera sans doute difficile à obtenir, comme toujours. Mais surtout, et voilà l’essentiel, l’État-nation ne veut pas se départir de son pouvoir fiscal au profit d’une entité supranationale. L’État-nation, c’est-à-dire ceux qui le dirigent, un tout petit nombre. Restreindre les libertés des citoyens est pour eux une meilleure solution qu’abandonner une once de leurs prérogatives fiscales.

Enfin, et non des moindres, le financement de la protection sociale (santé, retraites, chômage) a été réalisé partiellement à crédit depuis plusieurs décennies. L’État français a dû instituer la CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale), structure de cantonnement de la dette sociale accumulée. Une ressource spécifique à large assiette a été créée (la CRDS) qui devait permettre à la CADES d’amortir en un temps donné la dette sociale. Échec complet. Les régimes de protection sociale obligatoires restant lourdement déficitaires, les gouvernements successifs n’ont jamais cessé de transférer de nouvelles dettes à la CADES. L’encours de dette sociale géré par cet organisme dépasse aujourd’hui les 140 md€! Un tel mécanisme de financement permet à la gouvernance politique de promettre des avantages sociaux pendant les campagnes électorales, de les mettre en place ensuite et de faire supporter le paiement effectif par des prélèvements obligatoires futurs, nécessaires pour rembourser la dette accumulée. Il s’agit donc, comme pour tout endettement, de recevoir dans l’immédiat un avantage qui sera payé dans l’avenir. Doit-on reprocher à des électeurs mal informés des réalités financières de vivre aux dépens de leurs enfants qui devront rembourser leurs dettes? Non, bien évidemment. Mais il est impératif, nécessaire, indispensable de reprocher férocement à ceux qui nous dirigent de promettre ce qu’ils savent ne pouvoir donner que par l’hypocrisie et la gabegie publique. Endetter un pays à hauteur de 100% de son PIB, c’est évidemment restreindre la liberté de choix des générations futures; c’est faire peser sur elles une charge fiscale énorme et leur léguer des contraintes de gestion colossales, privatives de liberté. Nous payons encore aujourd’hui le vote de la retraite à 60 ans pour tous instituée en 1982 par François MITTERAND et tous les irresponsables dont il s’entourait (dont François HOLLANDE). Les contraintes financières inhérentes à ce régime inadapté grèvent lourdement la compétitivité de l’économie française. Les données démographiques étaient parfaitement connues en 1982. Ces gens-là n’ont aucune excuse: ils ont trahi leurs enfants pour se faire élire.

L’interventionnisme public a pu constituer historiquement un progrès dans certains domaines. Lorsqu’il s’agit d’alphabétiser toute la population ou de garantir un niveau minimum de soins de santé à tous, il est difficilement imaginable de se passer de structures publiques. Mais le pouvoir politique a perverti l’interventionnisme en le transformant en un instrument à son service. Le pouvoir politique ne recherche que sa propre puissance. Le prétexte du progrès social et économique était trop beau pour ne pas l’utiliser dans le but d’accumuler par la maîtrise de l’argent un pouvoir considérable. Voilà qui est fait: en France, les pouvoirs publics recyclent chaque année 57% de la richesse produite

En poursuivant dans cette voie nous passerons bientôt de l’interventionnisme au totalitarisme économique. Notre liberté est désormais en jeu.

« La firme » und das zauberhafte Wunderland


Si l’État décidait qu’une très grosse entreprise, par exemple Total, ou Sanofi, était « stratégique » au point de devoir être absolument renflouée en cas de déficit, à condition de devoir remplir quelques « objectifs politiques », par exemple de nature sociale, que se passerait-il ?

Il est probable que cette entreprise, que nous appellerons « la firme », verrait le niveau de sa gestion baisser, au point que le déficit devienne « la nouvelle norme » de gestion en son sein. Au lieu d’étudier soigneusement tous ses projets de développement, la firme s’engagerait dans des investissements dont la finalité serait de plaire aux politiques, tout en profitant de ses « obligations de service public » pour quémander toujours plus d’avantages: monopoles, capacité de fixer ses prix arbitrairement par décret, etc.

Le coût global de cette inefficacité serait répercuté sur toutes les entreprises gérées sainement et leurs salariés, populations dont les impôts présents ou la dette (c’est-à-dire un impôt futur) augmenteraient.

Le bilan de « la firme » s’écroulerait, et, quelques années plus tard, ses fonds propres deviendraient négatifs. Mais, soutenue par l’État, la firme ne déposerait pas le bilan et continuerait sa gestion chaotique. La destruction de valeur ainsi opérée serait financée par le reste de l’économie.

Payer les incompétents pour de mauvais projets avec l’argent des plus efficaces aurait des effets macro-économiques détestables: les meilleurs, au lieu de rémunérer la prise de risque de leurs actionnaires, ou le mérite de leurs salariés, devraient rémunérer la médiocrité générée par « la firme ».

Et au lieu de bénéficier de plus de produits et services créés par les « bons », nous devrions supporter le coût non optimisé des services produits par les mauvais. Évidemment, la motivation des meilleurs à créer de la richesse s’écroulerait, et la richesse irait se créer progressivement ailleurs.

Eh bien, « la firme » existe. Ce n’est pas Total, ce n’est pas Sanofi, ni aucune autre grande entreprise privée. C’est l’État.

Comptablement, l’État est une entreprise comme une autre, avec un chiffre d’affaires un peu particulier, « l’impôt », relevant d’un « pricing power » bien plus important que la normale. Souvent quasi monopolistique, producteur de services (police, éducation, etc.) de qualité généralement mal perçue, l’État est en déficit chaque année depuis 40 ans, et son actif est égal à la moitié de son passif-dette, soit des fonds propres négatifs supérieurs à 900 Mds€, plus importants que la somme des fonds propres – positifs, eux – des entreprises du Cac40. Bref, l’État, c’est « la firme », qui aurait grossi au point de représenter à peu près 57% de notre économie, à force de pouvoir financer sa médiocrité sur le dos des autres.

Pourtant, si à peu près tous les économistes, même de gauche, pensent que gérer de cette façon « la firme » privée, celle décrite en début de billet, serait économiquement désastreux, ils sont bizarrement nombreux à croire que si « la firme » devient « l’État », les déficits, le monopole, le pricing power infini, la prime à l’incompétence et la destruction globale de valeur, peuvent avoir un effet positif. Selon ces charmants diplômés de l’université publique, une gestion privée cataclysmique acquiert une aura et une énergie positive en devenant publique.

Le keynésianisme, et toutes ses variantes interventionnistes, c’est cela: une pensée magique, totalement déconnectée de tout fondement rationnel, qui attribue des pouvoirs surnaturels à l’État.

La renaissance du Phénix Ecotaxe sur le périphérique parisien


Au cours de l’été, on apprenait qu’Anne HIDALGO, la nouvelle maire de Paris, cherchait 400 millions d’euros pour boucler le budget 2015 de la capitale française, trou qu’elle avouait avoir découvert à sa prise de fonction, alors que s’agitait encore le petit mouchoir blanc de Delanoë, parti avec un grand salut à la noce qui fêtait l’arrivée d’une femme à la grande mairie parisienne… Bonne nouvelle : un début de renflouement est déjà sur les rails. Et s’il ne s’appellera pas « écotaxe », c’est seulement pour des raisons marketing.

Eh oui, tel un phénix ragaillardi par une saine période de détournement d’attention, l’écotaxe semble repointer le bout de son nez.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité l’année dernière, l’écotaxe est ce concentré de punition écologique taxante tout droit sorti de l’alambic maléfique du capitalisme de connivence, et qui aura permis d’entériner un transfert de fonds de 800 millions d’euros de la poche des contribuables vers celle de la société Ecomouv et de l’État, jamais perdant au petit jeu de la ponction.

Et voilà donc Anne HIDALGO qui ressort le projet de ses cartons moisis où le gouvernement l’avait sagement enfermé en attendant que la pression redescende. De façon fort peu commode, la récente mise à feu du centre des impôts de Morlaix, provoquée par une crise de panique soudaine suite à une lourde phobie administrative de maraîchers locaux, aura rappelé aux Français les aventures des Bonnets Rouges bretons qui démontrèrent il y a presque un an que le consentement à l’impôt ne va pas forcément de soi, même si celui-ci se camoufle en taxe, et même s’il se pare d’un plumage écolo. Mais après tout, si ça ne se passe pas bien en Bretagne, peut-être qu’à Paris, cela pourra se mettre en place sans problème?

C’est, en tout cas, à cette expérience que vont goûter prochainement les Parisiens et ceux qui auront le malheur de transiter par la capitale, puisque le Conseil de Paris s’apprête à voter, fin septembre, la mise en place d’un péage de transit poids lourds sur le boulevard périphérique. Histoire de faire gentiment passer le suppositoire à ailettes, le coûteux dispositif sera d’abord expérimenté « à blanc » dès le 1er octobre prochain, jusqu’à la fin de l’année, c’est-à-dire que les factures ne seront pas envoyées aux vilains impétrants qui, toute honte bue, continueront de pratiquer des déplacements polluants sur le périphérique parisien. Dès le 1er janvier 2015 en revanche, bim, les routiers, qui sont sympas et suffisamment dodus pour payer, seront mis à contribution.

Pour donner un ordre de grandeur, Christophe NAJDOVSKI, taxateur en chef et adjoint EELV chargé des bouchons transports à la mairie de Paris, explique que la taxe, qui ne touchera que les camions de plus de 3.5 tonnes (c'est à dire: tous), s’élèvera en moyenne à 0.13€ du km et devrait rapporter 5 millions d’euros par an à la Mairie de Paris. Vous voyez, 0.13€/km, c’est vraiment une petite misère de rien, ce serait dommage de s’en priver. Et puis, cinq millions, c’est vraiment modeste, on frise le symbolique (rien de punitif là-dedans, mes petits amis), à tel point que ces sommes seront utilisées pour développer des moyens de transports alternatifs (au camion) comme le ferroutage (bon certes, il y a du travail entre les grèves, les soucis de ponctualité et l’infrastructure très vieillissante), le fluvial (pas du tout encombré, tout à fait compétitif et permettant vraiment d’aller où on veut) et le vélo (ahem) bon bref vous avez compris. Et puis, excuse ultime, le but n’est pas (évidemment) de récolter de l’argent, mais seulement de « s’attaquer au transit international du boulevard périphérique, source de beaucoup de nuisances pour les riverains », selon Cricri le taxeur-écolo.

Autrement dit, pour lutter contre une nuisance, nos vaillants élus écolos ont trouvé une superbe parade: une autre nuisance, taxatoire celle-là. Voilà qui est malin comme tout. Et voilà qui n’aura bien sûr aucun effet adverse, c’est garanti sur facture. D’une part, comme le montant est faible, les livraisons parisiennes ne subiront aucune hausse de prix. C’est dit. D’autre part, les camions qui transitent ne choisiront pas de modifier leur trajet, venant ainsi s’agglutiner sur d’autres portions de routes, moins prévues pour leur gabarit ou leur nombre. Là encore, c’est dit, il n’y aura pas de modification comportementale. Et enfin, tout ceci va positivement réjouir les Parisiens et les autres, en camion ou pas, parce qu’ils savent pertinemment que le système ne les concernera jamais: il semble évident que les portiques écotaxe ne s’occuperont jamais des voitures particulières, parce que ce serait trop méchant, bien sûr.

Et puis bon, il faut bien trouver un moyen de lutter contre la pollution, mes petits amis. Paris vient de sortir, une nouvelle fois, d’une terrible semaine de nuées pestilentielles et cette taxe va, à n’en pas douter, s’ajouter à la lutte contre les méchantes activités polluantes de l’Humanité contre lesquelles, justement (ça tombe bien!) Anne HIDALGO et (accessoirement) François HOLLANDE ont consacré quelques heures en allant faire les marioles représenter la France à New-York au Sommet pour le Climat, après avoir cramé quelques milliers de litres de kérosène pour ça, en toute cohérence.

Ici, on évitera de se pencher sur le paradoxe évident qui consiste à concilier l’envie de voir un comportement changer avec une taxe (pour forcer les camions à moins polluer dans le cas qui nous occupe) et, en même temps, à tout faire pour conserver le même comportement et les camions sur les routes qui leur sont adaptées (mais taxées), afin de gagner des thunes.

Enfin, ne critiquons pas. Après tout, la mairie de Paris ne fait qu’appliquer les décisions du gouvernement puisque, comme le justifie (piteusement) Cricri le taxeur-écolo, ce dispositif « n’est que la déclinaison parisienne de décisions prises cet été au niveau du gouvernement » et que le boulevard périphérique fait simplement partie des 4000 kilomètres touchés par ce péage dans l’Hexagone. En clair, ce n’est pas complètement de la faute à HIDALGO, c’est aussi pas mal la fotogouvernement qui avait simplement « mis en pause » la petite vexation fiscale écolo-fumiste.

Finalement, qu’il doit être facile d’être politicien dans ce pays! Lorsqu’un problème se pointe, une taxe semble l’alpha et l’oméga des solutions pratiques pour le résoudre. La pollution parisienne, notamment liée à l’abaissement constant des seuils de déclenchement des alertes et à l’augmentation assez consternante des bouchons par une politique de tabassage systématique des voitures, disparaîtra, d’après HIDALGO, sa clique parisienne complètement tarée et plus généralement, nos fiers députés, grâce à l’introduction d’une taxe tartinée d’écologie. Ben voyons.

Le non-politicien, individu benêt et un peu fruste, se serait niaisement attelé à redonner à la voiture une place pour circuler, à aménager des voies plus praticables, à rendre le passage de Paris aussi simple que possible tant pour les banlieusards en transit que pour les camions en voyage. Sans dogmatisme, il aurait vite compris que non, la voiture n’est pas remplaçable partout, en tous lieux et en tous temps, par de mignons petits vélos d’une tonne chaque avec de jolis calicots « Vélib », que les impératifs modernes imposent une réduction des prix des taxis (par exemple grâce à une saine concurrence, déjà introduite par des moyens judicieux comme Über ou Allocab), et que griller 50L/100 dans des bus à moitié vides la majeure partie du temps n’est pas vraiment une option écologique, responsable, citoyenne et durable.

Mais voilà. Le non-politicien n’est pas élu, n’a pas le pouvoir de décider à la place des autres ni de lancer un Ta Gueule C’est Magique™ lorsque la réalité contredit les espérances collectivistes. Alors les Parisiens, comme bientôt le reste des Français, auront l’immense plaisir de découvrir, bientôt, l’écotaxe. Aujourd’hui, les camions. Demain, tous les autres.

Réjouissez-vous, vous allez encore payer.

mercredi 17 septembre 2014

Les médias sont des assistés qui s'ignorent


La presse grand public sonne en cœur, ou presque, pour lutter contre la dépense publique et l’assistanat. On retrouve ainsi ci-dessous un florilège de ces unes les plus tapageuses :

La presse dite « de gauche » n’est pas un reste. Le Monde s’interroge ainsi : 
« La France est-elle un pays d’assisté ? »
La tournure de la question laissant sous-entendre la réponse. Il rappelle aussi, dans un autre éditorial, à lutter contre la dette publique

Dans Les Inrockuptibles, les journalistes plaident pour une rigueur « de gauche ». L'express et Libération espéraient un « bon président » qui prendrait des « mesures précises, douloureuses et efficaces » pour « ne plus attendre de l’ « Etat Maman les soins et les consolations ». On n’oubliera pas, bien sûr, l’inévitable, Alain MINC, présent à tour de rôle dans à peu près tous les médias
« Je crois qu’on est désormais dans un nouveau paradigme qui est le suivant : la vertu budgétaire crée la confiance, la confiance crée la consommation et l’investissement. La consommation et l’investissement créent la croissance. Aujourd’hui, le paradigme c’est : “Vertu budgétaire, confiance, croissance”. Et donc, de ce point de vue, les gestes faits pour établir la confiance vis-à-vis des marchés sont le meilleur encouragement à la croissance, bien plus que ne l’était autrefois quelques milliards dépensés »
BAVEREZ, journalope au Point, et précédemment à l’Express, pousse, lui, le bouchon encore plus loin:
« Autant il est apprécié pour aller dans le Luberon, autant, pour les couches les plus modestes, le temps libre, c’est l’alcoolisme, le développement de la violence, la délinquance, des faits malheureusement prouvés par les études »
Bien évidemment, ces éditocrates ne relèvent que rarement parmi tous ces « assistés » qu’ils vilipendent à loisir, la moitié d’entre eux, par exemple, ne réclame pas le RSA quand ils y sont éligibles.

Mais surtout, ils omettent bien de préciser qu’en termes d’assistanat et qu’à propos de venir téter au sein de « l’Etat Maman », ils sont champions! Le ministère de la Culture et de la communication dévoile en effet les chiffres des subventions publiques touchées par les organes de presse. Les montants sont faramineux en 2013:


Le Figaro, officine de propagande de M DASSAULT, s’adjuge ainsi, pour lui seul, l’équivalent de 3000 RSA annuels. En termes de « France de l’assistanat », l’avionneur bat tous les records! Mais il n’est évidemment pas le seul, car la quasi-totalité de ces organes de presse sont la propriété de Français qui sont loin de connaître le besoin: 
  • Les Echos (4M€ de subventions) appartiennent à Bernard ARNAULT (LVMH, 1ère fortune française),
  • Le Point (4,7 M€) à François PINAULT (3e),
  • Libération à Patrick DRAHI (6e), 
  • Le Monde (16,2M€), Télérama (10,1M€) et Le Nouvel Observateur (8,3M€) à Xavier NIEL (7e), 
  • Aujourd’hui en France (12M€) et Le Parisien à la famille AMAURY (154e), 
  • Télé 7 jours (6,9M€) et Paris Match (5M€) à Arnaud LAGARDERE (170e). 
L’argent public servant à subventionner les plus grands fortunes à travers des journaux qui dénoncent l’assistanat du petit peuple et appellent à la réduction des dépenses publiques, quelle ironie!

lundi 15 septembre 2014

Le millefeuille d'un état hypertrophique


Voici une caricature de l’époque pré-révolutionnaire qui montre un homme du pauvre peuple portant sur ses épaules un membre du clergé et un noble. Eh bien depuis cette époque, la situation n’a fait qu’empirer: les sans-dents supportent aujourd'hui:

  • L’État (président de la république, gouvernement, parlement),
  • 27 Régions,
  • 101 Départements,
  • 342 Arrondissements,
  • 4 052 Cantons,
  • 36 646 communes,
  • 16 756 Intercommunalités, dont :
  • 2223 communautés de communes,
  • 228 communautés urbaines,
  • 14305 syndicats intercommunaux.

Le problème n’est pas tant le nombre d’échelons, encore qu’il gagnerait beaucoup à être diminué, que l’éparpillement des responsabilités et des financements. Chaque échelon a quelque chose à dire sur n’importe quelle activité économique ou sociale. Il en résulte une dilution des responsabilités et la nécessité de passer par plusieurs échelons pour obtenir la moindre autorisation de faire quelque chose, d’où une augmentation des délais et des coûts nécessaires pour accomplir n’importe quelle activité nouvelle.

L'état est devenu un mille feuille administratif. Ainsi, au moins huit services s’occupent du marais poitevin: l’État, deux régions, trois départements, l’agence de l’eau Loire-Bretagne et le conservatoire de l’espace littoral. Un dossier quelconque d’investissement consacré au marais traînera d’un service à l’autre, chacun ajoutant son grain de sel, s’il ne fait pas appel à un bureau d’études. Dans un autre genre, Besançon compte trois offices du tourisme, un pour la ville, un pour le département et un pour la région. De tels exemples sont innombrables. En outre, toute activité nouvelle voit son financement partagé entre plusieurs échelons, ce qui diminue la responsabilité de chacun et ne clarifie pas l’utilisation de leurs ressources. Ainsi, la sympathique communauté de communes dont l'une vient d’achever une médiathèque à Strasbourg. Une partie du coût total a été financé par des subventions de l’État, de la région Alsace et le département. On se demande en quoi chacune de ces entités est en mesure d’apprécier la pertinence du projet.

Une autre cause de la croissance des dépenses des collectivités locales est l’irresponsabilité fiscale qui fait qu’en moyenne, la part d’un projet d’investissement supportée directement par les contribuables d’une collectivité est de l’ordre de 25 à 30% de la dépense totale, l’État intervenant au nom de la péréquation.

La première des choses à faire pour améliorer le système serait donc de donner à chaque échelon une responsabilité unique et totale sur une activité donnée, financée exclusivement par les impôts levés par cet échelon. Accessoirement, cet exercice permettrait de décider beaucoup plus facilement quel échelon pourrait être supprimé.
Que personne ne croie que ce soit facile: c’est l’une des choses que préconisait la commission initiée par SARKOZY en 2008 et présidée par BALLADUR, mais les égoïsmes et la soif de pouvoir des élus locaux en ont eu rapidement raison.

Un second inconvénient du système actuel est son coût en personnel, qu’aucune barrière ne limite, car le contribuable ne voit guère le rapport entre ce qu’il paie comme impôts et le coût des élus comme du personnel que ces élus recrutent sans aucune sanction.

Concernant le nombre de ministres. Aux États-Unis, ils sont 15, correspondant chacun à un « département » (l’équivalent d’un ministère), dont le nombre ne varie pratiquement pas, car chacun représente l’une des fonctions éternelles de l’État qui sont: les Affaires étrangères, le Trésor, la Défense, la Justice, l’Intérieur, l’Agriculture, le Commerce, le Travail, la Santé et les Services sociaux, le Logement et le Développement urbain, les Transports, l’Énergie, Secrétaire l’Éducation, les Anciens combattants et la Sécurité intérieure (Homeland Security, le plus récemment créé, à la suite des attentats du 11 septembre). Sous chaque présidence, il y a eu des ministres qui viennent de l’entreprise, de la Finance ou de l’Armée. Tout le monde se souvient de MCNAMARA, président de Ford, nommé ministre de la Défense sous deux présidents, ou plus récemment de Colin POWELL, chef d’État-Major des armées, nommé ministre des affaires étrangères sous George  W. BUSH JR.

En France, le nombre de ministres varie de 15 (pour deux courtes périodes, une sous Raymond BARRE, une sous Nicolas SARKOZY) à une quarantaine. Ils ont parfois des dénominations ridicules, comme ministre du développement durable. Les ministres sont nommés non pour leur compétence, mais pour satisfaire des hommes ou des femmes politiques influents. Ils ne viennent jamais de l’entreprise, de la Finance ou de l’armée.

Nous avons ensuite :

  • Sénateurs : 348 (aux États-Unis il n’y en a que 100 pour 5 fois plus d’habitants),
  • Députés: 577 (435 aux États-Unis),
  • Conseillers régionaux : 1 880,
  • Conseillers généraux: 4 052,
  • Présidents de communautés et syndicats de communes: 16 750,
  • Vice-présidents: 100 000,
  • Maires : 36 646,
  • Adjoints aux maires : 100 000,
  • Conseillers municipaux : 526 000, mais ces derniers ne coûtent rien.

Ajoutons qu’aux États-Unis environ 40% des parlementaires sont des chefs d’entreprise, contre 4% en France. Sans tenir compte des 74 députés européens, ni des 233 membres du Conseil économique, environnemental et social, parce qu’ils ne sont pas dans la hiérarchie ci-dessus. L’existence de ce dernier conseil, que l’on trouve aussi dans chacune des régions, est un superbe exemple de la façon dont le pouvoir gaspille nos deniers et le temps de gens de valeur en palabres et rapports sans résultats tangibles. Pour réformer le système, il y a deux façons de concevoir l’affectation des responsabilités à chacun des échelons: la façon constructiviste, autoritaire et descendante qui a toujours été celle de l’État français, et la façon libérale ascendante connue sous le nom de subsidiarité.

Ce dernier principe, la subsidiarité, a été défini dans l’encyclique « Quadragesimo anno » du pape Pie XI, en 1931: 
De même qu’on ne peut enlever aux particuliers, pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s’acquitter de leur seule initiative, et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice, en même temps que troubler de manière très dommageable l’ordre social, que de retirer aux groupements d’ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste, et d’un rang plus élevé, les fonctions qu’ils sont en mesure de remplir eux-mêmes (…) Que l’autorité publique abandonne donc aux groupements de rang inférieur le soin des affaires de moins d’importance où se disperserait à l’excès son effort ; elle pourra dès lors assurer plus librement, plus puissamment, plus efficacement les fonctions qui n’appartiennent qu’à elle, parce qu’elle seule peut les remplir.
L’approche constructiviste est si naturelle en France, que c’est celle qu’emploient même deux associations libérales amies pour lesquelles j’ai une grande admiration, voire une véritable affection. L’IFRAP et l’IREF.

Parmi les 36 646 communes, que compte la France, il y en a environ 28 000 ayant moins de 1000 habitants, totalisant 14 millions d’habitants et 9 millions d’électeurs. Or dans une commune de moins de 1000 habitants, tout le monde se connait directement ou indirectement, et il en résulte cinq avantages absolument décisifs :

  • L’entraide règne,
  • Il n’y a pratiquement pas de vols, de meurtres ou de violences,
  • Le maire est abordable,
  • Le maire est élu pour ses capacités et non en fonction de ses inclinations politiques,
  • Les mesures collectives sont prises en fonction de la réalité et non des idéologies plus ou moins fumeuses des hommes au pouvoir. Elles sont donc beaucoup plus adaptées aux besoins réels des habitants.

En poussant ce schéma, on voit que la France pourrait se composer d’associations de communes et d’un État limité à ses fonctions régaliennes, plus peut-être la gestion des routes et du réseau ferré (je dis bien du réseau et non de la SNCF), pour éviter des duplications coûteuses. Dans ce schéma, les impositions se feraient au niveau de la commune, ce qui introduirait un sens des responsabilités bien plus grand dans le choix des participations aux projets intercommunaux.

Je ne me fais aucune illusion sur les chances de voir se réaliser un tel schéma dans notre pays, et il vaut mieux dans l’immédiat réduire le mille feuilles de façon constructiviste que de ne rien faire.

samedi 13 septembre 2014

Le naufrage de la Normalie


Je ne suis pas consterné, non, le mot est faible, je suis a minima complètement effrayé, effaré par le naufrage de Mamamouchi 1er, de sa majorité, et évidemment de l’économie française.

Il ressort trois grands thèmes aujourd’hui. À savoir les histoires de fesses de notre président rabaissé au rang d’un guère plus Zizi 1er – ce qui n’est pas grand-chose au niveau historique –, l’affaire THEVENOUD avec les contorsions inacceptables d’une majorité de gauche qui n’arrive même pas à se défaire de ce gus et enfin, les statistiques économiques dramatiques de notre pays qui sera représenté à la Commission européenne de Bruxelles par le moins bon d’entre eux, ce qui n’est donc vraiment pas terrible vu le niveau global, à savoir Pierre MOSCOVICI, le plus mauvais ministre de l’Économie que ce pays ait porté…

Le cas de Julie d'abord. En gros, l’idée c’est que, suite au bouquin de la Valoche (qui est en vacances à l’autre bout de la terre), la Julie se sent méga-super-humiliée (sans blague) vu que Quéquette 1er envoyait des SMS énamourés à la Valoche alors qu’il était avec la Julie et qu’il jouait un double jeu sentimentalo-sexuel… C’est la « une » de Gala… (Eh oui, je suis bien informé.)

Bref, nous avons droit à tous les états d’âme des maîtresses du président dans un déballage absolument inouï massacrant l’importance de la fonction présidentielle. Sous d’autres présidents, ces femmes portaient le doux sobriquet de « putain de la République », et je n’en dirai pas plus pour éviter tout procès tout en sachant que, comme beaucoup, je n’en pense pas moins.

Je pensais avoir échappé au pire avec l’éviction de DSK mais côté gaudriole, le mariole actuel s’en sort plutôt bien. Je n’oublie pas Ségo interrogée par Bourdin sur RMC, ce qui fut un grand moment où elle devait défendre son ex contre toutes ses ex-nouvelles… Pathétique spectacle d’une crasse politique en plein naufrage moral.

Par ailleurs, alors que REBSAMEN veut contrôler et radier un maximum de chômeurs, ces espèces de salauds qui profitent et abusent du système, ils soutiennent en se tortillant dans tous les sens cet homme bon et généreux, député – je l’espère bientôt dépité de gôôôche –, suintant les bons sentiments cucul-gnangnan à souhait, lui aussi aimant les pôôôvres (ça fait bien de dire qu’on aime les pauvres) même si les actes que l’on commet les insultent tous les jours, et c’est le cas de THEVENOUD qui est une injure au peuple de France.

Alors braves crétins que nous sommes, payons, raquons, serrons-nous la ceinture, encore et encore, plus, beaucoup plus, car il faut rembourser les dettes et renflouer les déficits. Mais pas THEVENOUD. Cet homme charmant, représentant du peuple des sans-dents qui souffrent le martyr à chaque bouchée (ils ne savent pas ce que c’est que de bouffer sur les gencives ces nodocéphales gavés aux ors de la République payés avec nos zimpôts), non seulement ne paie pas ses impôts, mais en plus ne paie pas son loyer pendant plus de 3 ans et je vous passe l’exonération qu’il s’attribue pour toutes ses contraventions, ainsi que de son kiné, ce qui semble une maladie touchant nos bons et gentils gôôôôchistes, prompt à me faire la morale et m’expliquer que je pense mal, que ce que je pense rappelle vite les « heures les plus sombres de notre histoire » alors qu’un autre illustre écologiste (monsieur le sénateur PLACE) bien gôcho comme il faut, plus écolo que le roi Ékolo, m’expliquant que je dois jeter dans le bac vert, bleu ou rose (surtout si je suis un mec), me culpabilisant sur les rejets de gaz à effet de serre lorsque j’allume ma vieille 205 diesel, et de façon générale sachant bien mieux que moi comment je dois vivre et élever mes propres gosses, lui aussi avait quelques menus retards de paiement d’amendes. Je passe aussi le cas BENGUIGUI, LE GUEN et MORELLE...

Lamentable gôche en plein naufrage moral, en plein délire collectif qui ne peut laisser place qu’à un immense vide qui sera bien vite comblé (la nature ayant horreur du vide) et Manu peut effectivement frémir à l’idée de voir la Marine au second tour… Car objectivement, des sans-dents au cas-huzac, de THEVENOD à PLACE, des frasques de Zizi 1er à l’effondrement économique de notre pays, cette clique aux affaires depuis maintenant plus de deux ans est à la tête d’un bilan effroyable qui ne peut conduire qu’à la tentation populaire de tenter autre chose, car au point où nous en sommes, que peut-il y avoir de pire ?

Je ne légitime pas, ni ne condamne cette question (ayant bien trop de respect pour l’intelligence collective de mon peuple y compris la grande majorité silencieuse des sans-dents, surtout les sans-dents), je dis juste, parce que c’est un fait, qu’une majorité de citoyens électeurs ne va aboutir qu’à ce questionnement et que la réponse qu’ils risquent d’apporter fera frémir tous les bien-pensants qui fantasment leur idéologie sans avoir la moindre idée de la réalité des problèmes aussi bien sociaux qu’économiques rencontrés par leur propre peuple.

Une telle déconnexion va finir par une véritable révolution et elle ne sera pas pacifique tant monte non plus un sentiment d’exaspération (mot repris à l’envie par les grands médias parce que policés et politiquement corrects) dans ce pays, mais un sentiment de haine profond, retenu, contenu, raisonné, réfléchi, à l’égard de ceux qui nous dirigent. Cette haine va s’exprimer et ce jour-là, Hollandouille et sa clique devront courir très vite car leurs services de protection risquent d’être dépassés et rapidement.

Je suis effaré de les voir à ce point s’accrocher à un pouvoir dont ils ne font rien. Gouverner mes braves amis socialistes, certes, mais pour quoi faire ? La réponse donnée par la « bande » à HOLLANDE (n’y voyez aucun jeu de mots grivois) est : pour rien. Juste pour le job, le pognon et le gavage quotidien aux frais des con-tribuables.

Cette clique insupportable n’a même pas encore conscience qu’elle finira comme BEN ALI si elle a seulement la chance d’atteindre Roissy… et comme Louis XVI si elle n’y arrive pas.

Enfin, François pourra toujours obtenir l’asile politique non pas de POUTINE mais de Barack, il pourra même crécher à la Maison Blanche pour services rendus aux USA et sévices faits à la France et à son peuple de sans-dents et sans-culotte… Quoique les sans-culotte soient déjà à l’Élysée ces derniers temps.

Et parlons un peu de l’effondrement économique… Les derniers chiffres sont catastrophiques pour ne pas dire effroyables malgré l'augmentation stratosphérique des impôts en 2013.

Augmentation des déficits publics, augmentation du déficit de la balance commerciale, augmentation du chômage même si selon l’INSEE on a créé un poil plus d’emploi, comme on est un poil plus nombreux, ne vous inquiétez pas, le nombre de chômeurs peut continuer tranquillement de monter encore un peu.

Notre dette évidemment va s’alourdir du montant considérable de nos déficits de cette année. Un montant compris entre 150 et 200 milliards d’euros supplémentaires.

SAPIN (de son prénom Michel), face à cette impossibilité de maîtriser les dépenses publiques dans notre pays, a décidé d’annoncer que finalement le retour de la trajectoire en maintenant le cap – vous vous souvenez de ces termes « l’important c’est la trajectoire », où l’autre Zizi 1er qui prend son air martial de demeuré en nous expliquant doctement qu’il a fixé un cap, alors qu’il ne fixe rien si ce n’est les fesses de ses ex –, ce sera plutôt pour 2017… hein, après les érections… heu pardon, les élections, où cet abruti pense encore pouvoir se représenter et être réélu alors qu’il est cramé comme aucun autre homme politique avant lui. Je vous laisse deviner le niveau de celui qui nous fera regretter Zizi 1er et sa bande de marioles de l’Assemblée, incapables de simplement payer leurs impôts ou leurs loyers parce que vous comprenez, ils font de la « phobie administrative », pathologie absolument pas reconnue pour le commun des mortels et le citoyen lambda qui, lui, en cas de phobie administrative, sera cloué au pilori par une administration intransigeante et une justice impitoyable. Scandale et honte pour la France et pour son peuple que le comportement inexcusable de ces pantins à qui le pouvoir confère un sentiment de toute puissance.

Pour le moment, tout va bien, puisque sur les échéances courtes… notre pays emprunte même avec des taux négatifs, oui vous avez bien lu. Les zinvestisseurs sont prêts à payer pour prêter à la France, un pays en faillite et condamné par des dirigeants dont le niveau se rapproche de la hauteur des caniveaux.

Sur les emprunts à 3, 6 et 12 mois, notre pays a levé, c’est-à-dire emprunté, un montant total de 8,2 milliards d’euros au début du mois à des taux très légèrement en dessous de zéro et compris entre -0,002 % et -0,004 %.

Incroyable n’est-ce pas ? Comment expliquer qu’un pays sans croissance, sans capacité à réduire ses déficits, voyant sa dette augmenter sans cesse attire à ce point les gentils « zinvestisseurs » de la finance ?

Trois éléments permettent d’expliquer cette folie « patrimoniale ». Tout d’abord, l’épargne des Français est abondante et dans tous les fonds dits euros ou sécurisés de vos placements, vous ne trouvez rien d’autre ou presque que des obligations d’États, à savoir des titres de dette de la France… Et comme la collecte sur les assurances vie par exemple augmente, il faut bien placer ces actifs… mais ce n’est pas la seule raison ni d’ailleurs la plus importante.

La plus importante c’est que « la finance », la grande copine de Lardon 1er qui décidément semble apprécier l’amour vache, est convaincue de la capacité de l’administration fiscale à lever les impôts sans coup férir et, s’il le faut, à réquisitionner l’épargne des ménages pour rembourser la dette et donc la finance. Pour elle, les 3 600 milliards d’euros d’épargne et d’économie de notre peuple servent de caution à un gouvernement impuissant et de garantie à leur crédit.

Enfin, dernier élément, la grande copine de Lardon 1er, qui n’en est plus à un reniement près après nous avoir fait le coup de son beau discours du Bourget sur son « ennemi sans visage qui ne présentera jamais sa candidature », sait être très aimable avec ceux qui la servent et notre mamamouchi en chef s’est aplati devant les exigences monumentales d’un monde anglo-saxon dont les intérêts stratégiques divergent avec les nôtres.

Vous devez comprendre qu'HOLLANDE, devenu le caniche de Washington, pense qu’il n’a pas d’autre choix car sans cette alliance géopolitique, les Américains lâcheraient leurs chiens de marchés sur notre pays qui verrait sa dette attaquée et ses taux d’emprunt s’envoler et le souvenir d’emprunt à taux négatif serait bien loin.

Nous mangeons donc dans la main des Américains pour la simple et bonne raison que la main qui donne est située plus haut que celle qui reçoit. HOLLANDE, dans tous les sens du terme, est devenu un mendiant. Un mendiant sans dignité, car à tous les sans-dents qu’il méprise il reste au moins une chose essentielle et qu’il manque cruellement à toute cette caste d’incompétents et de traîtres dont nous n’avons que trop supporté la vacuité et les inepties : la dignité.

L’honneur et la dignité devraient l’amener à rendre son tablier, il n’a plus aucun autre choix pour s’en sortir, bientôt il sera trop tard.

Bon we à tous