vendredi 31 octobre 2014

Delirium tremens pour la majorité et syndrome de Kleine Levin pour l'opposition


Vous le savez, la situation économique du pays se dégrade semaine après semaine. Le chômage empire, les chiffres du pouvoir d’achat sont désastreux, le mal logement s’amplifie, et, pire encore, aucune perspective crédible d’inversion ne se dessine.

Ce tableau général est largement corroboré par mes contacts avec la société civile. De toutes parts m’arrivent des bruits d’amplification du marasme ambiant. Rien de statistique, mais les dépôts de bilan ou fermetures d’activités de petits commerces se poursuivent à rythme soutenu, les ventes immobilières sont atones, de nombreux petits employeurs affirment avoir dû comprimer leurs effectifs, ...

Pendant ce temps, que proposent ministres et députés de la majorité? Ont-ils pris la mesure de l’abîme qui se présente à nous? Jugez par vous même ...

Le gouvernement annonce un recours accru aux contrats aidés, 80.000 de plus en 2015. On ne sait évidemment pas comment ces contrats seront financés, et naturellement, aucun ministre ne semble vouloir tenir compte du fait qu’aucun plan antérieur de contrats subventionnés n’a produit la moindre baisse du chômage.

Fleur PELLERIN, qui n’a pas plus lu BASTIAT que MODIANO, annonce une taxe fantastiquement intelligente sur les cartouches d’encre pour financer un conseil national du livre dont j’ignorais l’existence, mais sans lequel, n’en doutons pas, pas un seul livre ne se vendrait encore …

Deux députés PS, Sylviane BULTEAU et Jean CRESTA, demandent « subtilement » au ministre des finances s’il envisage de « réguler » les ventes immobilières de particulier à particulier en ligne, arguant que ces ventes, échappant aux réseaux traditionnels, engendreraient un « manque à gagner » de 312 millions d’Euros en taxes. Naturellement, ils ne se demandent pas ce que les usagers du bon coin font de ces 312 millions de « non-manque à gagner », sans mentionner que quoi qu'il arrive, des droits de mutations seront à payer (5.70% tout de même sur le prix, les plus élevés du monde!!).

N’oublions pas le petit amendement chafouin obligeant les entreprises voulant engager des stagiaires à obtenir un certificat auprès de l’inspection du travail.

Ai-je mentionné que l’usine à gaz du compte de pénibilité entrait dans sa phase de mise en œuvre opérationnelle?

La clause de la loi HAMON obligeant toute entreprise cherchant un repreneur à avertir les salariés en avance entre en vigueur en novembre, et ne sera pas supprimée.

Un amendement renforce la répression contre tous ceux qui prétendent s’affranchir du monopole public le plus dispendieux et inefficient qui soit, l’assurance maladie connue sous le sobriquet de sécu. Il vaut mieux cambrioler des maisons que militer pour la liberté de choix des assurances sociales dans ce pays.

Et enfin, cerise sur le gâteau, un certain Gérard BAPT, député PS, a fait passer un amendement conduisant à assujettir les dividendes de SA/SAS versés aux dirigeants et créateurs, aux charges sociales, plus de 60% de taxes sur une masse qui subit déjà un des Impôts sur les Sociétés parmi les plus élevés du monde. « Entreprenez, entreprenez, il en restera toujours quelque chose… pour l’État ! ».

Bref, on oscille entre gesticulation ridicule et taxation mortifère, laquelle achèvera de tuer toute velléité d’investissement productif de moyen et long terme dans notre pays. Alors que celui-ci aurait besoin de voir l’énergie de ses entrepreneurs libérée, tout semble fait pour les étouffer. M. VALLS ne sait que répéter l’acronyme « CICE, CICE » dont les 40 milliards qu’il représentera, dit-on, dans 3 ans, ne sont encore qu’une promesse. L’ambition réformatrice du gouvernement paraît bien pâle, et sa majorité semble prête à multiplier toutes les imbécillités pour rendre son travail encore plus ardu.

Le chef du gouvernement se dit « pro business »? Pourtant, il n’a pas empêché l’amendement BAPT de passer. La droite? Elle devait dormir, puisque ce n’est que 5 jours après le vote de l’amendement qu’un député UDI, J.-C. FROMANTIN, s’est aperçu de cette hérésie, félicitations tout de même à lui pour avoir su sonner le réveil. Quant à l’UMP, les dirigeants dorment encore. Prompts à mobiliser leurs troupes contre le mariage gay, issue ô combien principale, n'spa?, quoiqu’en pensent les plus conservateurs de mes lecteurs, ils sont en revanche incapables d’alerter les foules contre un assassinat délibéré de l’économie française par des idéologues économiquement aux abois. Le même reproche vaut contre les organisations patronales, qui auront attendu 6 jours après le vote de l’amendement BAPT pour se rendre compte qu’il y avait peut être un léger souci …

Si l’opposition est d’un niveau tellement faible qu’elle ne peut même plus réagir correctement aux hérésies nées dans les rangs de la majorité, on ne voit pas comment un changement de politique positif pourrait émerger de la fin du décidément désastreux quinquennat de François Hollande.

Ce pays est foutu.

mercredi 29 octobre 2014

Remi FRAISSE, jeune martyr mort pour rien sauf pour les lobbys écolo gaucho nihilistes


Dans la nuit de samedi à dimanche, lors de sympathiques et pacifiques échanges de vues entre manifestants rameutés de partout afin de défendre une cause aussi importante que juste (la France occupe 0.5 % de la surface habitable de la terre ...) et forces de l’ordre en mission, un malheureux jeune homme a trouvé la mort. Les gendarmes mobiles, soit affectées par une curieuse allergie aux jets d’engins incendiaires, soit animés par un souci de réciprocité ont à leur tour lancé des grenades offensives en direction des militants en faveur de la préservation des zones humides. Il arrive que de telles armes blessent. Il est fort improbable qu’elles tuent. La malchance a voulu que le jeune Rémi FRAISSE meure au cours de ces échanges d’amabilités et que cette mort ait été causée, reste à déterminer de quelle manière exacte, par l’explosion d’une grenade. S’ensuivirent de nombreux mouvements d’humeur en divers lieux avec leurs naturelles conséquences que sont les incendies volontaires, les bris de vitrines et les justes déprédations que tout bon citoyen frappé par un deuil cruel commet en pareil cas. MM. BOVE, MAMERE et consorts exprimèrent comme faire se doit leur véhémente tristesse et leur juste indignation. Le ministre de l’intérieur décida dans la foulée que désormais de grenades offensives on n’utiliserait plus. Et bien évidemment, le chantier fut suspendu.

Ce fait divers me pose questionS comme le fit, en son temps l’affaire MERIC. 

J’en évoquerai quelques unes:
  • Est-il tout à fait inconcevable que la responsabilité de tels drames soit en partie attribuée aux organisateurs de manifestations pacifiques contre telle ou telle initiative décidée démocratiquement par les assemblées compétentes? En effet, en transformant en enjeu national un chantier local dont l’importance est presque anecdotique n’avaient-ils pas conscience qu’il y attireraient toute une faune de jeunes extrémistes autant désireux de mesurer leurs ardeurs combattantes à celle des forces de l’ordre que de préserver l’habitat du crapouillot farceur à crête mauve-burne?
  • Ne serait-il pas imaginable que M. BOVE, qui apporta à la manifestation l’incommensurable poids de sa présence aimée, ainsi que les organisateurs auraient pu s'assurer qu’un service d’ordre l’encadre et s’assure de sa dispersion de manière à éviter des troubles plus que prévisibles?
  • En suspendant l’usage d’armes de défense qui jusqu’alors n’avaient, à ma connaissance, blessé que des manifestants qui s’en étaient saisis pour les renvoyer à leurs expéditeurs, ne transmet--il pas aux manifestants violents le signal que leurs jets d’armes offensives (car le cocktail Molotov en est une) ne saurait aucunement entraîner une riposte proportionnée? Autrement dit qu’ils peuvent commettre leurs actes criminels sans encourir le moindre risque ou au plus une riposte des gendarmes nouvellement équipés pour les circonstances de renoncules et de patates, armes parfaitement inoffensives?
  • Est-il interdit de considérer que la présentation d’une personne participant à des échauffourées prenant place bien des heures après la dispersion d’une manifestation comme un brave garçon pacifique est, quelle que soit la tristesse de son destin, un rien abusive? Que faisait se petit prince de la botanique à une manifestation aussi dangereuse?
  • En suspendant, comme l’exigeaient les dirigeants écologistes, le chantier du barrage, ne donne-ton pas raison aux partisans de l’action violente et n’affaiblit-on pas la démocratie?
  • Quand l’inénarrable Noël MAMERE déclare qu’ « on ne construit pas un barrage sur un cadavre », mis à part le ridicule de sa formule, ne se rend-il pas compte qu’il utilise lui-même ce cadavre pour tenter d’obtenir une décision allant dans le sens de ses options politiques?
  • Est-il déraisonnable de penser que ces professionnels de la contestation institutionnalisée que sont MM MAMERE, BOVE et consorts agissent dans le meilleur des cas comme des apprentis-sorciers que les conséquences de leurs paroles dépassent et au pire comme des boute-feux exploitant cyniquement comme autant d’idiots utiles des jeunes animés d’un idéal soi-disant généreux et commettant en son nom des actions aussi violentes qu’inexcusables sans même les condamner ne serait-ce que du bout des lèvres?
Répondez comme vous le voulez à ces interrogations. 

Pour moi les choses sont claires: au-delà du drame individuel et familial que représente toute mort violente ou pas, cette affaire ne peut que miner encore plus le peu qui reste d’autorité publique et ne saurait que servir très provisoirement les thèses de gens qui finiront eux-aussi par être emportés par la tourmente qu’ils participent à susciter.

mardi 28 octobre 2014

Nouvelles lois mémorielles en vue


- Pendant que VALLS inaugure la FIENTE FIAC en compagnie de Zahia DEHAR (زاهيه ديهار), une call-girl Algérienne de 22 ans et de nationalité fwançaise, devenue une VIP incontournable pour tout l’établissement qui bave devant elle au triple motif de sa carrosserie, de ses origines et de sa réussite récente comme créatrice de lingerie…,
- Pendant que le Pédalonaute repose négligemment sur le coin de son bureau, dans la corbeille "réponses à voir", le banal courrier de Bruxelles qu’il s’est bien gardé de nous montrer,  
- Pendant que je-ne-sais-trop-qui expressément mandaté par la France essaie de convaincre JUNKER de reporter de quelques jours l’installation de la Commission en prétextant… la Toussaint chômée! Cela pour éviter au PS de perdre un siège au parlement (l’Europe entière se tord de rire),
- Pendant que le gouvernement promet à trois radsoc dévalués l’euthanasie pour tous et pour toujours en échange de 2,95% de la représentation nationale pour les deux ans à venir (ou moins),

Pendant toussa, donc, les dossiers avancent et le rythme des réformes s’accélère.  

La preuve : Christiane TAUBIRA a très officiellement annoncé qu’elle allait présenter un amendement au projet de loi de finances pour 2015. Un truc qui va passer sans problème puisque, pour une fois, il ne vise pas à déglinguer un peu plus la réponse pénale et ne mange pas (trop) de pain :

De quoi s’agit-il ? – De "reconnaître le caractère discriminatoire et abusif du licenciement pour faits de grève subi par les mineurs lors du grand mouvement de l'automne… 1948." Il s’agit de "réparer l'injustice" commise durant les grandes grèves de 1948 à 1952 marquées par de très violents heurts avec les forces de l'ordre. Près de 3 000 d’entre eux avaient été licenciés et des centaines poursuivis en justice, certains condamnés à des peines de prison ferme [sous la houlette de gouvernements Socialo-Radsoc - NDLR].

Bien sûr, le projet d’amendement prévoit le versement d'allocations réparatrices dont le montant sera fixé par l'Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs. Comme il n’y aurait plus aujourd’hui qu’une trentaine de mineurs et ayants droit pouvant en bénéficier, ça va passer comme lettre à la poste, le compassionnel, le mémoriel et l’inculture historique aidant…

Mais ce n’est pas tout. Le mémoriel et le commémorationnel sont des armes à tirer dans les coins qui ne sont jamais neutres: TAUBIRA entend aussi perpétuer la mémoire de ces évènements. Elle souhaite que "les programmes scolaires et de recherche en histoire et en sciences humaines accordent désormais aux grandes grèves de 1948 et 1952 la place qu'elles méritent."…

Or de quoi s’agit-il vraiment ? L’instrumentalisation à coup d’émotionnel et de compassionnel du sort fait alors individuellement à un tas de pauvres types encadrés et manipulés par les gros bras des syndicats ne vise qu’à élever au rang des mythes fondateurs positifs ces grands mouvements de grève insurrectionnelle. Ayant nécessité le recours à l’armée et le rappel de réservistes, ces troubles de haut niveau d’intensité étaient déclenchés et orchestrés par le Parti Communiste sur ordre expresse donné par Moscou à Jacques DUCLOS lors du virage stratégique pris par le Kominform en 1948. Avec des répliques jusqu’en 1952, quasiment donc jusqu’à la mort de STALINE (février 53)…

C’est ça qui va venir remplir les têtes blondes (ou non) pour remplacer Louis XIV et Napoléon III, Poitiers et Valmy, PASTEUR et Jules FERRY. C’est vrai que le Monomotapa n’y suffira pas…

Mais au-delà de cette anecdote, les lois mémorielles sont inconstitutionnellesCes lois outrepassent le champ de compétence de la loi défini par la Constitution. Le rôle de la loi est d’édicter des normes, non pas d’être déclarative. L’interprétation à donner à tel ou tel événement historique ne figure pas au nombre des attributions du Parlement.

C’est aussi l’avis -qui ne peut être récusé- de Robert BADINTER, ancien président du Conseil Constitutionnel : 
"Les lois mémorielles, que j’appelle des lois compassionnelles, sont faites pour panser des blessures et apaiser des douleurs (...) et n’ont pas leur place dans l’arsenal législatif. (...) La loi n’a pas à affirmer un fait historique, même s’il est indiscutable. Et j’ajoute que la Constitution ne le permet pas." (www.marianne2.fr, Ibid.)
Par le vote d’une loi mémorielle, l’histoire est assignée devant un tribunal et l’acte d’accusation est dressé, par anachronisme, au vu des représentations et de l’idéologie dominantes du moment. L’histoire n’a pas à être jugée par des procureurs aveugles, elle doit être étudiée sans passion et sans haine. 

jeudi 23 octobre 2014

Pour une évolution des pratiques médicales


Si le jet de M. de MARGERIE n’avait pas malencontreusement heurté un chasse-neige, la France continuerait d’être toute tourneboulée d’un  projet "audacieux" visant à permettre aux pharmaciens de vacciner leurs clients. Évidemment, ça pouvait choquer: on imaginait déjà  quelque pharmacien fou vacciner par surprise et en toute impunité d’innocents vieillards venus se procurer un flacon de Jouvence de l’Abbé SOURY en vue de leur participation à un concours de rock acrobatique. Il n’en était rien: le vacciné devait être consentant.

Ce qui peut bien faire l’intérêt d’une telle réforme ne m’apparaît pas clairement. Il me semble que les déserts médicaux sont également des déserts pharmaceutiques. Si l’on souhaite vraiment remédier à la pénurie de personnel médical en milieu rural comme en quartiers « sensibles », ce n’est pas par des réformettes qu’on y parviendra. Si on souhaite économiser sur les dépenses médicales, il faut avoir recours à des catégories dont les coûts horaires sont notoirement plus bas que ceux des professionnels de santé.

Quand on y réfléchit bien, les affections cardiovasculaires, intestinales ou respiratoires sont généralement, à la base, des problèmes de tuyauterie. Or qui est mieux à même de s’occuper  de ce genre de soucis qu’un plombier?

Vous avez un organe  (rein, vésicule, etc.) dont l’ablation mettrait fin à votre calvaire. Qui oserait dire qu’un boucher, un charcutier et surtout un tripier ne saurait vous en débarrasser vite fait sur le billot?

Pour les travaux plus grossiers d’amputation de membres pourquoi ne pas faire appel au bûcheron?

Le boulanger traditionnel qui pétrit ses miches, ne pourrait-il pas se substituer dans bien des cas au kiné et s’occuper des vôtres ?

On mettra en avant que peuvent se produire lors de ces opérations certaines complications. Le nier serait se montrer léger voire inconséquent.  Cependant, c’est triste mais indéniable, les centres de soins traditionnels sont de véritables nids à microbes: 800 000 personnes y contractent chaque année des affections qui s’avèrent mortelles dans 4200 cas. Qui d’entre vous ou parmi votre entourage osera sérieusement affirmer avoir contracté une maladie nosocomiale après une visite chez son boucher, son boulanger ou suite à une intervention du plombier? Où est l’insécurité? Sans compter que grâce à Internet, l’artisan consciencieux saura bien vite pallier ses légères lacunes techniques.

Voilà ce qu’il faudrait faire. Serai-je entendu ?

mercredi 15 octobre 2014

Le point S, ou point Ségolène vient d'être atteint!


La semaine dernière, c’était un couac entre VALLS et MACRON d’un côté, et Flamby de l’autre, sur l’épineux sujet du chômage, de la traque des fraudeurs aux indemnités et sur la nécessité de réforme d’un système (encore un) qui affiche des déficits, le tout pour éviter les petites aigreurs sociales à l’extension du flicage par Pôle Emploi. Et, cette semaine, histoire de ne pas refroidir le moteur médiatique, le sujet de chamaillerie hebdomadaire du gouvernement sera les autoroutes.

Bon, bien sûr, la chamaillerie, aussi médiatique soit-elle, n’est pas venue de façon complètement fortuite. C’est que ça se travaille, ce genre de pataquès national bien baveux! Si on peut, si on doit même improviser complètement les idées et les sujets, l’idée même d’une cacophonie gouvernementale de plus est en revanche issue d’une préparation de longue haleine, d’un savant calcul politico-politicien dont le but est, à chaque fois, multiple, entre occuper la galerie pendant que des choses embêtantes et graves se déroulent discrètement en coulisse, et permettre aux uns et aux autres de se mettre en scène, parce que les élections, c’est dans deux ans (pour ainsi dire demain, au rythme où vont les décrépitudes personnelles, de nos jours). Et cette semaine n’échappe pas à la règle. Le déroulé de l’action permet de bien comprendre comment, en partant d’une constatation à l’emporte-pièce et pas forcément frappée au coin du bon sens des bénéfices d’exploitants d’autoroutes, on en arrive à un débat national sur la gratuité de ces voies de communication le week-end (oui, vous avez bien lu).

Tout a commencé mi-septembre, assez discrètement, avec plusieurs entrefilets dans la presse, expliquant plus ou moins doctement qu’à la suite d’une enquête menée par l’Autorité de la Concurrence, on s’était rendu compte que les sociétés d’exploitation des autoroutes françaises faisaient de solides profits. Comme chacun le sait en France, faire du profit est quelque chose d’éminemment louche puisque cela signifie que le service rendu est payé par des consommateurs qui, globalement idiots, continuent à le payer à ce prix trop élevé (le bon prix étant celui où le profit engrangé est aussi rikiki que possible, je suppose). D’ailleurs, les calculs de l’Autorité sont formels, les entreprises autoroutières n’ont rien à mettre en face de leurs profits outranciers:
« Elles  affichent toutes une rentabilité nette exceptionnelle, comprise entre 20 % et 24 %, nourrie par l’augmentation continue des tarifs des péages. Et cette rentabilité n’apparaît justifiée ni par leurs coûts ni par les risques auxquels elles sont exposées »
Voilà, c’est dit. La petite musique d’un profit scandaleux est introduit dans les pensées des uns et des autres, parmi lesquels on trouve immanquablement un député ou un sénateur avide de remettre un peu de justice dans ce monde de brutes capitalistes. En plus, la masse des clients pardon des victimes est énorme, puisqu’on parle de contribuables et d’automobilistes. Pour une fois qu’on ne veut pas étriller le conducteur-pollueur, c’est le moment où jamais d’agir. Pour un politicien, agir, c’est faire du bruit avec sa bouche. ECKERT fut l’un des premiers sur le pont, suivant en cela une Ségolène jamais en retard d’une bonne ponction:
« Il faut commencer par faire le constat que les profits et les versements de dividendes des sociétés d’autoroutes sont inacceptables, (c’est) en tout cas immoral, faute d’être illégal. »
Pas légal mais immoral, ce qui revient au même en Socialie, et hop, on va remettre tout ça d’équerre à grand coup de ponctions bien senties, non mais oh! En fait, tout le monde l’aura compris, il fallait préparer psychologiquement les entreprises à une bonne petite taxe de derrière les fagots, l’abandon en rase campagne de l’Écotaxe par Ségolène laissant un joli trou dans le budget. Évidemment, il a fallu mettre un petit bémol à ces emportements homériques sur les profits des sociétés autoroutières et sur l’envie de tabassage fiscal qui montait chez la ministre et le secrétaire d’État: après tout, c’est vraiment pas illégal, y’a des contrats, et si on cogne ici, il faut compenser par une petit bisou, là, et c’est pas simple la politique, et c’est difficile l’économie quand on en n’a aucune expérience. SAPIN rappellera donc la difficulté technique et juridique de modifier à la volée les contrats de concessions, et tout le monde se calmera un peu.

Un peu seulement, parce que la machine médiatique n’attend pas et qu’il est difficile, impossible même, de contenir une idée, même si elle n’est ni bonne, ni grande, ni solide, dans la petite boîte crânienne de Ségolène dans laquelle elle se cognera de plus en plus vite en attendant de sortir, frustrée qu’elle est par un volume aussi réduit. Mardi matin, c’en est trop, paf, l’idée sort, d’un coup, en pleine radio: et si on faisait des autoroutes gratuites le week-end?

Pour rappel, en Socialie, beaucoup de choses sont gratuites. L’école est gratuite (parce que les enseignants sont bénévoles, bien sûr). La santé, c’est gratuit (les médecins et les infirmières travaillent pour un sourire un ou un petit bisou, évidemment). Et les autoroutes, le week-end, pourraient être gratuites (parce que les infrastructures sont apparues par miracle, que les personnels qui bossent dans les sociétés concessionnaires sont bénévoles et que tout ça, c’est de l’amour et de l’eau fraîche en poudre, assurément). L’évocation de toute cette gratuité franco-française me pousse irrémédiablement à penser à Chewbacca, chevauchant un écureuil et attaquant des soldats nazis. J’ai aussi pensé à des licornes et des monstres gentils qui proutent des paillettes, mais ce sera pour une prochaine fois. J'irai même jusqu'à proposer des pâtisseries gratuites les dimanches.

Des autoroutes gratuites le week-end? Pas de doute, nous avons atteint ici le Point Ségolène, ce point magique de non-retour où l’on sait qu’on n’est plus dans l’univers normal des adultes responsables, mais dans celui des politiciens irresponsables partis très loin dans l’espace intersidérant du foutage de gueule en Cinémascope et son Dolby Surround. Parce qu’à y réfléchir deux minutes, les autoroutes arbitrairement déclarées gratuites le week-end, c’est un peu de la renégociation de contrat à la volée, et c’est un peu un appeau à emmerdes juridiques et logistiques.

Cette idée ségolèsque, c’est une façon courtoise et particulièrement novatrice de s’asseoir sur le droit de propriété, un peu comme si, de façon unilatérale, le propriétaire de votre location décidait que le week-end, il avait le droit de faire un barbecue sur la terrasse du bien qu’il vous loue, et tant pis si vous aviez d’autres plans. Mais c’est aussi un cauchemar logistique en devenir, les automobilistes réservant manifestement leurs départs pour le week-end, gratuit, ce qui ne manquera pas d’occasionner de magnifiques bouchons les jours de grands départs. C’est aussi ça, l’écologie sauce Royal.

Cependant, la lucidité gouvernementale, actuellement en voyage inter-galactique, a décidé de faire un petit crochet rapide par Matignon qui peut alors démentir formellement toute étude d’une gratuité le week-end, arguant que l’idée était « difficilement envisageable » … (ce qui, au passage, devrait terroriser tout individu qui se rappellera que ce sont précisément les idées les plus loufoques et les plus bancales qui se sont régulièrement retrouvées sous forme de lois quelques temps plus tard). Partant de là, la chamaillerie est complète. Ajoutant à la cacophonie habituelle au sein de la majorité (cacophonie qui couvre d’ailleurs habilement l’absence presque parfaite de tout discours cohérent dans l’opposition), la nouvelle séquence-couac du gouvernement peut alors se développer d’un média à l’autre.

Encore une fois, tout ceci montre surtout que le gouvernement entend récupérer de l’argent où il peut, partout s’il le faut, et qu’il est prêt à toutes les contorsions pour y arriver. Il en est maintenant réduit à proposer, pour atténuer ses ponctions arbitraires, des idées aussi farfelues qu’improvisées par la voix de Ségolène ROYAL, d’ailleurs habituée des saillies grotesques (on se remémorera utilement son idée d’entre deux tours aux élections présidentielles qui consistait à faire raccompagner chaque policière par un policier, par exemple).

Le plus grotesque étant que ces débats et ces discussions n’ont aucun aspect pratique, si ce n’est, pour les politiciens, de se mettre en scène et de jouer au plus présidentiable: dans les têtes de VALLS et de ROYAL, il s’agit surtout de montrer aux Français qu’on a de la lucidité à revendre (pour le premier) et des idées novatrices (pour la seconde), qu’on veut absolument tenir un beau budget bien carré bien propre pour Manuel (parce que ça peut jouer pour la prochaine élection d’importance, mes petits amis), et qu’on est proche du peuple et de son petit pouvoir d’achat déjà fort tendu pour Ségolène (parce qu’elle aussi, elle se voit bien rempiler dans la course à l’Élysée, et elle connaît la chanson).

Le pathétique de ces agitations semble échapper à la presse. Alors que la situation du pays ne cesse de se détériorer, on assiste encore une fois à une série de couacs navrants au gouvernement, de petites prises de becs stériles et de mises en exergue d’individualités au demeurant pas très reluisantes. S’il est – je le reconnais – assez amusant de commenter ces bouffonneries, il ne faut jamais perdre de vue que ces guignols font toujours leurs clowneries à nos frais, que la facture se paiera toujours cash, et qu’encore une fois, elle ne leur sera pas présentée.

Et plus ces pitres s’amusent, plus ce pays est foutu.

Du féminisme normatif au féminisme coercitif


Sandrine MAZETIER, Présidente de séance à l’Assemblée nationale, a sanctionné le député UMP du Vaucluse Julien AUBERT lors du débat sur la discussion du projet de loi sur la transition énergétique. Ce dernier s’est adressé à elle en l’appelant « Madame le Président » et elle l’a alors repris : 
«C’est Madame la Présidente, ou il y a un rappel à l’ordre avec inscription au procès-verbal». 
Quelques minutes après, le député ayant récidivé, le rappel à l’ordre était effectivement prononcé, entraînant la privation, pendant un mois, du quart de son indemnité parlementaire.

Sandrine MAZETIER est une militante de la féminisation de la langue, et on se souvient qu’elle avait proposé de débaptiser les écoles « maternelles », cette formulation étant jugée trop sexiste. Quant au député Julien AUBERT, il s’est fait une spécialité de refuser la féminisation des titres, y compris à l’égard des femmes qui la réclament, et il n’en est pas à sa première expérience en cette matière. Quelques mois auparavant, confrontée à la même attitude, Sandrine MAZETIER lui avait plaisamment répondu qu’il était « la dernière oratrice inscrite ». De toute évidence, la Présidente, ayant épuisé son sens de l’humour, préfère aujourd’hui se situer au plan juridique, ajoutant :
«C’est le règlement de l’Assemblée nationale qui, ici, s’applique (…)».
Il est vrai que l’attitude de ce député a pu agacer l’intéressée, et que la plus élémentaire courtoisie aurait été de lui donner le titre qu’elle réclamait. Mais cette persistance dans l’utilisation d’un titre peut-elle constituer le fondement juridique d’une sanction ? C’est la question que pose cette affaire.

Observons d’emblée que l’Assemblée nationale n’est pas soumise au droit commun, tout simplement en vertu du principe de l’autonomie parlementaire, lui-même conséquence de la séparation des pouvoirs, consacrée par l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789.

Le droit commun, dans ce domaine, est d’ailleurs éclaté et peu cohérent. Il existe différentes circulaires relatives à la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre. La plus ancienne, toujours en vigueur, est celle signée par le Premier ministre Laurent FABIUS, en 1986, qui renvoie, pour sa mise en œuvre, aux travaux d’une commission de terminologie. Douze ans plus tard, une nouvelle circulaire, cette fois signée Lionel JOSPIN, constate que le texte de 1986 « n’a guère été appliqué (…) ». Elle réaffirme donc le principe de féminisation des noms de métiers, fonction, grade ou titre. Ce guide, intitulé « Femme, j’écris ton nom » a été publié en 1999.

L’ensemble normatif est donc fort modeste. Énoncé par circulaire, le principe de féminisation se heurte à certaines dispositions législatives et réglementaires qui fixent certains titres et fonctions. Surtout, ces circulaires, qu’elles émanent du Premier ministre ou des ministres, ne sont applicables qu’aux agents placés sous leur autorité. Tous ceux qui ne sont pas soumis au principe hiérarchique y échappent donc. Tel est le cas des grands corps qui n’ont jamais envisagé la féminisation des titres. Dans son guide tout récent sur « les coulisses du Conseil d’État », la Haute Juridiction présente ainsi l’audience devant la section du contentieux, faisant intervenir « le » rapporteur, « le « greffier qui est aussi « le » secrétaire de séance, « le » Président de la formation de jugement, et « le » rapporteur public. Quant aux membres du Conseil d’État, il ne semble pas qu’il y ait de demande particulière en faveur de l’auditrice, de la maîtresse des requêtes, ou de la Conseillère d’État.

L’Assemblée nationale n’est pas davantage soumise au principe hiérarchique. Les agents de l’État qui y travaillent ne sont pas soumis aux circulaires du Premier ministre, mais à l’article 19 al. 3 de l’instruction générale du bureau de l’Assemblée nationale, qui mentionne que « Les fonctions exercées au sein de l’Assemblée sont mentionnées avec la marque du genre commandé par la personne concernée. ». Certes, mais cet article concerne expressément les agents du « service du compte rendu de la séance ». Autrement dit, la marque du genre s’impose à ceux qui établissent le compte-rendu. Ils étaient donc tenus de corriger les propos de Julien AUBERT… Mais la disposition ne s’applique pas au député lui-même.

Pour Sandrine MAZETIER, le fondement de la sanction réside dans l’article 71 du règlement de l’Assemblée nationale. Il prévoit le rappel à l’ordre avec inscription au procès-verbal dans deux hypothèses, soit lorsque le parlementaire a déjà été rappelé à l’ordre une fois dans la même séance et qu’il est, en quelque sorte, récidiviste, soit lorsqu’il s’est livré à une « mise en cause personnelle ». La première hypothèse ne peut pas être remplie, car, pour être considéré comme récidiviste, il faut d’abord que Julien AUBERT soit considéré comme coupable d’un manquement au règlement. Or, aucune disposition du règlement de l’Assemblée nationale n’impose la féminisation des titres. La seconde hypothèse n’est pas davantage remplie, car le refus de féminiser un titre ne peut tout de même pas être considéré comme une « mise en cause personnelle ». Le député n’a pas manqué d’invoquer la position de l’Académie française toujours très hostile à la féminisation des titres et s’est évidemment placé sur le plan des principes et de la grammaire.

De cette analyse on doit déduire que Sandrine MAZETIER opère une confusion un peu fâcheuse entre la sanction et son fondement juridique. Nul ne conteste que l’article 71 prévoit effectivement une sanction. Mais pour que cette sanction soit mise en œuvre, il faut que Julien AUBERT ait commis un acte illicite au regard du règlement de l’Assemblée, et c’est précisément cette condition qui fait défaut.

La sanction décidée par Sandrine MAZETIER présente le grand intérêt de mettre en lumière l’absence totale de recours offerts au parlementaire. En théorie, on rappellera que le vice-président a pour fonction de présider la séance en l’absence du Président. Ce dernier conserve donc une fonction générale des polices des séances. Rien n’interdirait donc à Claude BARTOLONE de retirer la sanction visant Julien AUBERT. Il est évident qu’il ne le fera pas, car ce serait infliger un camouflet à une vice-présidente, membre de la majorité, pour donner satisfaction à un député, membre de l’opposition.

Cette absence de recours repose, on l’a vu, sur le principe de l’autonomie parlementaire, l’Assemblée étant maître de son organisation. Le principe de séparation des pouvoirs empêche ainsi le contrôle des juges sur son fonctionnement, et notamment sur la police des séances. Les conséquences de cette situation ne sont pas négligeables

L’autonomie parlementaire, on l’a vu, se traduit par un principe selon lequel l’Assemblée nationale est maître de son organisation. Le principe de séparation des pouvoirs interdit en même temps l’ingérence des juges dans son fonctionnement, et notamment dans les actes liés à la police des séances. Cette situation heurte cependant le droit au recours, droit garanti par la Convention européenne des droits de l’homme dont devrait pouvoir bénéficier un parlementaire sanctionné. Celui-ci pourrait donc être tenté de saisir la Cour européenne des droits de l’homme, d’autant que les voies de recours internes seront rapidement épuisées.

Au-delà de la question de procédure, la Cour pourrait aussi s’intéresser à l’ingérence réalisée dans la liberté d’expression par une décision dépourvue de fondement juridique clair. La féminisation des titres est-elle « nécessaire dans une société démocratique » ? La réponse n’est pas évidente, mais est-il bien nécessaire de poser la question devant la Cour européenne des droits de l’homme ? Ne serait-il pas préférable de consulter le déontologue, ou plutôt « la » déontologue de l’Assemblée pour envisager l’éventualité d’un recours, peut-être interne et non pas juridictionnel ?

Envisagée sous l’angle de la liberté d’expression, la sanction infligée par Sandrine MAZETIER à Julien AUBERT dépasse largement le cadre anecdotique de l’événement qui l’a provoquée. Elle témoigne d’une évolution récente marquée par un passage du féminisme normatif au féminisme coercitif. On a vu se développer une « novlangue », dans le sens où l’entendait George ORWELL, langue appauvrie qui refuse la distinction entre la fonction et celui ou celle qui l’exerce, langue que l’on doit utiliser pour être considéré comme féministe. Bref, la langue féministe est, avant tout, une langue de bois, la langue du pouvoir, utilisée de force alors que la tradition française est celle du bon usage, défini de façon sociétale. Avec cette novlangue, on voit aujourd’hui apparaître les sanctions visant ceux et celles qui s’écartent du chemin ainsi tracé et commettent, en quelque sorte, des écarts de langage. Mais ceux qui ne l’appliquent pas ne sont pas tous d’affreux machos et autres phallocrates. Certains considèrent que cette vision normative et coercitive du féminisme le réduit à une simple apparence, faisant passer au second plan ce qui devrait être sa priorité : l’égalité des droits.

mardi 14 octobre 2014

Le score de l'équipe de foot face aux égorgements


Les islamistes continuaient d’égorger au couteau ébréché de plus en plus d’otages. Hélas pour eux, dans l’indifférence générale. On s’y était fait. Ce qui était au départ apparu comme le summum de la cruauté s’était peu à peu transformé en statistiques. Les premières décapitations avaient fait un tabac. On poussa les hauts cris ici et là, on parla d’inacceptable barbarie, on évoqua d’éventuelles et terribles représailles. Et puis, comme toutes les choses qui se répètent, on finit par s’en lasser, ça devint un chiffre comme celui des morts de la route, du tabac ou du suicide, en bien moindre…

Pour relancer la machine à indigner, on égorgea les nouveau-nés de volontaires humanitaires, on tourna des vidéos de viols collectifs de leurs femmes avant qu’on ne les crucifie, mais ce ne furent au départ que des demi-succès avant qu’ils ne rencontrent la plus parfaite indifférence. On engagea alors, à prix d’or, des communicants de pointe pour tenter de relancer l’intérêt mais rien n’y fit. Ahmed Abdel Trucmuche, l’homme qui décapite plus vite que son sabre, fit un temps renaître l’espoir: quarante Amerloques, dix Angliches, huit Franchouillards et deux Chleus zigouillés en 60 secondes chrono, d’un coup net, d’un seul, il faut reconnaître que ça avait de la gueule. Mais, que voulez-vous, même les plus étonnants numéros de music-hall fatiguent à la longue…

Le principal problème des barbares est leur barbarie. Leur cerveau arriéré leur interdit de comprendre la mentalité de l’occidental d’aujourd’hui. Ils croient sottement pouvoir l’influencer par de dérisoires mises en scènes, ils pensent pouvoir ainsi instiller l’effroi dans son esprit. Seulement, l’occidental a bien d’autres préoccupations. Quelques exécutions sommaires pratiquées dans le trou du cul du monde, quoi qu’il prétende, l’intéressent bien moins qu’un retard de paiement de ses allocations, que le futur score de l’équipe qu’il soutient ou que le prochain tirage du loto.

Il y a des pros chargés de ces affaires: on les envoie larguer quelques centaines de tonnes de bombes sur la tête de ces connards, lesquelles font bien plus de victimes en beaucoup moins de temps qu’Ahmed Abdel Trucmuche au mieux de sa forme, victimes dont on se fout au point de ne pas prendre la peine de les mentionner. Et le monde continue de tourner…

Les barbares vivent dans un monde de foi violente. Notre monde est fait de spectacle et d’indifférence où les bons sentiments affichés dissimulent mal la vacuité morale. Quelque part, le barbare nous prend pour son égal, son semblable, son frère. Il tente de nous frapper là où ça lui ferait mal. Il se trompe. Des décennies d’abrutissement nous ont rendus quasi-invulnérables aux attaques externes. Nous ne saurions mourir que des maux internes qui se développent sous notre impénétrable cuirasse. 

C’est de ces derniers que nous n'échapperons pas !

lundi 13 octobre 2014

Une semaine en France - Saison 3, Ep 10


Dimanche dernier, c’était jour de Manif à Paris et à Bordeaux. Finie la peur des djihadistes. Oubliée la crainte de voir la barbarie à nos portes. Non, la vraie menace, ce n’est plus les coupeurs de gorge du désert. Ceux-là, ma foi, on en fera notre affaire et après tout, il faut bien que jeunesse se passe. Non, le vrai danger, il vient des dangereux activistes en jupe-culottes et poussettes cannes qui ont pris le pavé dimanche dernier: La Manif pour Tous. Comme devant chaque mouvement de foule, l’Etat PS a pris peur et a donc tenté de déminer la veille en criant dans La Croix, tiens donc, que la GPA est et restera interdite en France. Sauf que ça ne marche pas comme ça: on peut interdire une pratique mais si on en légalise les conséquences, ladite interdiction n’est qu’un mauvais écran de fumée. Puisque désormais l’Etat est prêt à reconnaître les enfants nés de GPA à l’étranger, c’est une légalisation de fait à l’étranger. Et parce qu’il faut bien nous prendre pour des abrutis jusqu’au bout, il nous a promis une initiative internationale contre cette pratique qui, paraît-il, le révolte. Et puis, comme on a de la mémoire, nous reproduisons ici l’extrait d’une interview que Manu a donné en 2011 au magazine Têtu:
« Contrairement à ce que disent ceux qui sont par principe hostiles à la GPA, je crois que si celle-ci est maîtrisée, elle est acceptable, et j’y suis donc favorable ».
Alors que tu sois pour ou contre, après tout, Manu, on s’en tamponne les balloches. Ce qui compte, c’est qu’encore une fois, tu nous prends pour des bambis…

Gay Pride toujours, on se souvient qu’en pleine campagne d’Etat pour le mariage homo, le ministre de la (ré)éducation nationale avait alors encouragé toute la communauté éducative, élèves en tête, à aller consulter largement la fameuse «Ligne Azur » au nom de cette sacro-sainte lutte contre les discriminations sexuelles. Le ministère avait donc assuré une promotion large et complète à ce service assuré par Sida Info Services. Une circulaire dédiée au sujet, signée du ministre, invitait le personnel pédagogique à:
« relayer avec la plus grande énergie la campagne de communication relative à la Ligne Azur ». 
Les familles catholiques s’en sont émues et ont donc saisi le Conseil d’Etat. Gentiment, la plus haute juridiction a estimé que l’Education Nationale avait fait preuve de « légèreté » en soutenant la Ligne Azur. « Légèreté », le mot est particulièrement faible… Le Conseil d’Etat a estimé que certains aspects étaient « pour le moins critiquables ». Ils étaient en tout cas en contradiction avec « les principes de neutralité de l’école et de liberté de conscience ». Évoquant le fait que certaines pratiques illégales (usage de drogues, pédophilie…) étaient mentionnées, il a relevé que l’interdit n’était à aucun moment souligné.

Sinon, il se raconte en ce moment dans les couloirs de Bruxelles que la Commission pourrait retoquer le budget français présenté la semaine dernière. L’hypothèse qui semblait invraisemblable quelques années en arrière pourrait devenir réalité cette année. Un « manquement grave » aux engagements de la France qui dataient pourtant de juin dernier! L’été meurtrier, en quelques sortes! En réalité, la police budgétaire s’agace non seulement des dérapages qui apparaissent de moins en moins contrôlé du déficit des comptes publics mais aussi du manque de sérieux sur le déficit structurel: en clair, les traités laissent une petite marge de manœuvre aux états si ces derniers font des efforts sur leur train de vie, c’est à dire le déficit « nettoyé » des aléas conjoncturels. Or, dans le cadre de la France, la « trajectoire budgétaire » prévoyait une baisse de 0,8 point de ce fameux déficit structurel. Le problème est que les chiffres fournis ces derniers jours par Paris font apparaître une baisse de 0,2 point seulement. Soit quatre fois moins que promis  Ce dérapage de 0,6 points de PIB, une paille de 12 milliards d’euros quand même, dépasse la tolérance européenne fixée à 0,5 point! Les bruits de couloir sont alarmants pour notre exécutif en bois : « depuis le début de l’été et malgré les mises en garde, les Français n’ont plus rien fait pour corriger le tir budgétaire », résume un expert. En attendant, le clown MOSCOVICI, qui s’imagine déjà en Père-la-rigueur européen, a du compléter son grand oral raté par un exercice écrit. Et s’il a eu le job, ce n’est ni pour sa compétence ni la force de ses convictions, on s’en doutait, mais plutôt par le petit jeu des alliances et oppositions entre gauches et droites européennes. Minable.

D’ailleurs, les rumeurs se font de plus en plus insistantes: Bruxelles va bien retoquer le budget français. En tout, la patrouille européenne somme la France de trouver 8 milliards de plus en économies ou en recettes additionnelles, pour ternir dans la limite du déficit structurel toléré. Et parallèlement demander un train de réformes structurelles avec un calendrier précis et vérifiables. D’ailleurs, bien que ces peintres s’en défendent, ils travaillent sur un plan B, chacun se lançant dans une sortie médiatique bidon, histoire de noyer le poisson. La tactique est simplissime, et bien connue: on lâche des sujets qui fâche pour finalement, faire comme si on renonçait et faire passer une augmentation d’impôts ailleurs. En clair? C’est LE GUEN qui dit que la durée et le niveau des indemnisations chômage étaient sur la sellette et devraient être discutés. C’est le PS qui veut mettre fin aux allocations familiales universelles et les réserver aux plus modestes. Comme ça, on va annoncer qu’on « renonce » à ces pistes (renoncer à un truc qui n’avait pas été envisagé, donc qui n’existe pas, c’est très fort…) et qu’on ne procédera (probablement) qu’à une petite augmentation de la TVA!… C’est un peu comme l’histoire du gamin de 18 ans qui appelle ses parents pour leur dire qu’il part de chez lui pour s’installer avec son amant, Günter, 50 ans, néonazi allemand, délinquant et drogué, rencontré sur Internet. Et que de toute façon, il ne faut pas qu’ils aient de regret vu qu’il est séropositif, il n’en avait plus pour très longtemps… Devant les parents effondrés, le môme avoue enfin que c’était en réalité une blague, que tout va bien, tout cela est faux, il a juste raté son bac… Ouf!

Autant l’avouer tout de suite : REBS a lâché la rampe cette semaine. Le ministre des chômeurs semble au bout du rouleau. Qu’est-ce qu’il s’est passé  Oh, 3 fois rien: Il s’est juste laissé aller sur le tapis d’un baveux de province. Au point que son ministère a été obligé d’intervenir pour planquer l’interview… Mais il y avait quoi, dans ce papier? Le fait que ce monsieur est un libéral! C’était même le titre retenu pour l’article! Oh putain, les gars, on a perdu REBSAMEN… Que disait-il, le François, hormis le fait qu’il avait toujours été libéral et qu’il s’était toujours battu pour ça? Il tombait à bras raccourci sur le PS: 
« Les socialistes ne vivent plus comme les gens: les élus ne connaissent pas le terrain. Ils ne savent pas comment la vie se déroule dans un HLM… »
Au ministère, on est un peu gêné aux entournures sur la question:
« Il ne s’agit pas d’une interview. Elle n’a pas été relue et comporte de nombreuses inexactitudes »
… Ben voyons. 

Cette semaine il y a eu une décision de justice passée complètement sous les radars de la presse aux ordres. Pourtant, l’affaire est pour le moins énorme. En effet, la justice a bien confirmé que le plus gros CE de France, à savoir celui d’EDF, était vérolé. Le procès a abouti à la bagatelle de 12 condamnations: 8 personnes physiques et 4 personnes morales dont la CGT et le journal rouge L’Humanité, ont été condamnées. Ils ont été reconnus coupables de détournements de fond, d’abus de confiance, de complicité ou encore de recel. Et la liste aurait pu s’allonger, le tribunal n’ayant pas retenu l’escroquerie et l’enrichissement personnel… Les faits sont limpides: Le détournement d’argent de Comité d’Entreprise d’EDF pour financer des emplois fictifs et des prestations au bénéfice de la CGT… Une sénatrice PCF, Brigitte GONTHIER-MAURIN, a été reconnu coupable d’avoir occupé un emploi fictif payé par le CE alors qu’elle bossait, tranquillou, à la fédération du parti communiste des Hauts-de-Seine… C’est marrant, mais dans ce cas précis, quelque chose me dit que le pognon du patron, elle le trouvait tout de suite plus acceptable… Précisons quand même que la justice aurait pu être plus lourde si EDF n’avait pas décidé de se retirer de la liste des parties civiles à l’ouverture du procès… On ne va pas se fâcher avec la poignée de cégétistes qui peuvent vous foutre la boite par terre, quand même!… Le capitalisme d’état, ce n’est plus qu’une question de copinage ou de favoritisme à peine déguisé, c’est de l’escroquerie en bande organisée. En fait je crois que je préfère la mafia aux fonctionnaires: au moins, en Sicile, il y a un code d’honneur…

Un ami qui me veut du bien a retrouvé, je ne sais où, quelques pages du dossier de la campagne présidentielle du candidat Pépère. Et c’est très rigolo de comparer les données macro calculées par le candidat et son équipe… et la réalité 2 ans 1/2 plus tard. Enfin rigolo ou cruel, ça dépend si on fait partie des 13 % qui lui font encore confiance ou des 85% qui n’en peuvent plus de voir sa face bovine. Comme disait Coluche, il vaut toujours mieux s’engueuler avec les moins nombreux! Ainsi, les jolis graphiques du candidat nous « promettaient » une croissance de:
  • 1,7% en 2013, 
  • 2% en 2014 et 
  • 2,5 % de 2014 à 2017! 
La réalité de la France Orange Mécanique fut saignante:
  • 0,3% en 2013, 
  • probablement moins que ça en 2014 vu un premier semestre à 0, et 
  • 0,4% attendus en 2015 selon l’INSEE, pourtant toujours optimiste… 
Ca pique, non? L’objectif de désendettement est lui aussi littéralement explosé! Alors que le candidat s’engageait à une ratio de dette sur PIB de 88% en 2014 pour atterrir à 80% en 2017, la réalité a montré la justesse des calculs: juillet 2014, et l’année n’est pas finie, la dette a crevé le plafond de 2000 milliards et dépasse les 95% de PIB! Quant à la baisse du déficit, le petit document prévoyait un retour aux 3% de déficit en 2013, 2,3% en 2014 et 0% en 2017! Si on arrête de rêver et qu’on regarde les vrais chiffres, le déficit devrait atterrir à 4,4% en 2014… Pour viser 3% en 2017!!! Au regard de ces chiffres, de 2 choses l’une: soit le gnome nous a vraiment pris pour des jambons, soit son équipe était vraiment constituée de chèvres atomiques.

Serrage de ceinture, mais pas pour tous! Un rapport cité par le JDD fait état d’une véritable explosion du déficit des collectivités locales en 2012 et 2013. Ce déficit, intégré à celui de l’Etat, est passé de 3,7 milliards d’euros en 2012 à 9,2 milliards en 2013! Plus du double, donc, en une année! Et cette hausse de l’endettement est notamment due à des embauches et au recours à des emprunts… En période de disette budgétaire, cette augmentation surprend… Précisément, la masse salariale a augmenté de 3,1% en 2013 après avoir déjà crû de 3,5% en 2012, en raison notamment de recrutements nouveaux… C’est vrai qu’en 2012, les collectivités étaient quand même sous-équipées, chacun a pu s’en rendre compte… Résultat: le trou dans les caisses des finances locales, à plus de 9 milliards donc, équivaut à 10% de l’ensemble des déficits publics, contre moins de 3% en 2012… La bonne gestion, ce n’est pas encore pour tout de suite…

C’est une des conséquences de l’inconséquence de pépère: un président si mauvais, ça aiguise les appétits. Tellement mauvais qu’il met LE PEN a un niveau qu’on a quand même du mal à croire: à plus de 30% au premier tour selon certains sondages, l’IFOP la donnant même largement vainqueur en cas de 2° tour face au nain sortant. Alors forcément, les couteaux sont tirés et chacun fait ses plans sur le crash de la comète HOLLANDE. SARKO pense qu’il faut passer par réunifier la droite. Peut être que ça sera la bonne carte. Ou pas. JUPPE se rêve en champion de toutes les gauches, y compris la droite, dans un second tour face à LE PEN. Et à gauche, on n’est pas en reste: le weekend dernier, c’est MONTEBOURG qui faisait sa rentrée non pas dans PIPIPETTI, ça c’est fait, mais dans la course à l’échalote présidentielle. Il se rêve en chevalier d’une vraie gauche (comprenez face à la « fausse gauche » aujourd’hui aux affaires) défiant le sortant dans des primaires que tout le monde à gauche imagine sans le dire. Son calcul est simple: pépère ne sera pas en mesure de se présenter, ou en tout cas de briguer un second mandat automatiquement, sans passer par la case « primaires ». Et là, il pense pouvoir fédérer la gauche tradi… Bien sûr, il aura AUBRY, notamment, sur sa route. D’ailleurs il a commencé à se la mettre dans le viseur ce weekend. Ainsi, à droite comme à gauche, on aiguise les couteaux…

Sinon, c’est la tournée de Manu. Après Berlin, et son fiasco, il est allé à Londres cette semaine pour aller pleurer. Et les mêmes causes produisant les mêmes effets, il a aussi pris sa fessée. Sans parler de sa danse du ventre à la City, le cœur de la finance européenne, pour dire tout le bien qu’il pensait d’elle… En fait, c’était évident, VALLS venait plaider sa cause chez nos créanciers: jamais l’Etat n’a autant eu besoin de la finance pour payer son train de vie dispendieux! Il faut savoir que nous allons emprunter, en 2015, quelques 190 milliards d’euros sur les marchés, record français! Alors ça valait bien une petite visite pour lécher un peu la rondelle de ceux qui permettent à cette clique de politiciens véreux de poursuivre… L’Angleterre, comme l’Allemagne, a parfaitement compris que le monde avait changé et qu’il fallait s’y adapter. S’adapter à la mondialisation, s’appuyer sur l’innovation et les entrepreneurs, faire confiance aux individus et faire des efforts de compétitivité pour renouveler la demande, notamment à l’international. La comparaison de nos 2 pays d’ailleurs est douloureuse pour nous! D’abord, ils ont fait le choix de se réindustrialiser en relançant l’investissement: de ce côté de la manche, pépère l’a fait fuir en surtaxant le capital! Ensuite, ils ont remis sur pied leur système financier! Résultat, Les porteurs de capitaux et les intermédiaires se sont réinstallés à Londres et ce n’est pas pour des raisons climatiques! Et l’économie anglaise profite à plein de l’arrivée d’investisseurs de tous horizons! De notre côté, on encadre les salaires, on tue les stocks options et on condamne, globalement, la réussite en surimposant les grosses rémunérations… Enfin, ils se sont attaqués à la dépense publique et au mammouth administratif tout en modérant les hausses de salaires et en encourageant les chômeurs à prendre des petits jobs, même mal payés. Résultat, une économie proche du plein emploi, une croissance attendue de près de 3% cette anné ! Chez nous, rappelons-le, on préfère payer les gars à ne rien faire plutôt que de les remettre dans l’emploi, et donc comme résultat le chômage de masse, une dépense publique qui ne cesse de s’alourdir qui fait qu’aujourd’hui près de 60% de la richesse nationale est absorbée par l’Etat pour un service rendu de piètre qualité. Et l’économie française est ensablée, les perspectives de croissance sont nulles (et ce sont l’INSEE et le FMI qui l’ont publié cette semaine), les perspectives sont sombres. Par contre, tout va bien à l’Elysée: alors que l’été indien s’installait sur Paris, il semblerait que Julie Point G et pépère aient fait quelques piqueniques dans le parc du Palais. Chouette…

A part ça, HIDALGO a de l’à-propos. Interrogée sur le coup de rabot du congé parental décidé par ces copains aux affaires, elle a avoué cette semaine qu’elle « n’avait jamais été fan d’une situation qui éloignait les femmes du monde du travail pendant longtemps ». C’est vrai qu’en tant que retraité de la fonction publique depuis l’âge de 51 ans, l’éloignement du travail, elle sait ce que c’est! 

A part ça, l’Elysée est un peu gênée pour frapper les djihadistes en Irak, se concentrant sur des objectifs matériels. La raison est simple: la présence de français, en nombre, parmi les combattants… Si en plus le nain a la main qui tremble au moment de frapper l’ennemi, on va vraiment avoir du mal… 

A part ça, on a été un peu dur avec les pilotes Air France qui ont cloué leurs avions au sol pendant 2 semaines. Easy Jet, notamment, estime que la grève d’Air France lui a rapporté 6,4 millions d’euros. 

A part ça rien.

vendredi 10 octobre 2014

La guerre contre les entreprises

Beaucoup se sont moqués du cas THEVENOUD, ce député socialiste qui, toute honte bue et le doigt encore en l’air de ses admonestations à bien payer « l’impôt-citoyen » comme il faut, révélait au grand jour qu’il ne payait pas les siens. C’est dommage parce que ce faisant, la foule n’a pas compris l’appel que lançait aux médias le député désespéré, expliquant à ceux qui voulaient l’entendre être atteint de phobie administrative, cette peur panique d’avoir à gérer les cerfas et autres formulaires arides d’une administration française pléthorique et envahissante.

Or, il faut bien l’admettre : cette peur existe. Cette phobie n’est pas une illusion ni même l’échappatoire facile d’un énième socialiste à la moralité pliable, autant en délicatesse avec l’argent quand il s’agit du sien qu’il est détendu de la dépense quand il s’agit de celui des autres. Aussi incroyable cela puisse paraître, cette aversion poussée des petits papiers administratifs n’est pas réservée à l’élite de la nation qui, naviguant joyeusement d’un poste au chaud à un autre, protégé des intempéries de la vie réelle, ne se rend rapidement plus compte des tempêtes qui sévissent plus bas. Non, en réalité, cette exécration quasi-réflexive de la paperasserie étatique est très répandue.

Évidemment, la différence fondamentale entre nos élites auto-proclamées et le reste du peuple est bien sûr que ce dernier, aussi phobique soit-il vis-à-vis des nombreuses relances que l’administration lui envoie, doit quoi qu’il arrive surmonter son problème et remplir, un à un, les formulaires qui lui sont envoyés. Et dans ce peuple existe une catégorie bien particulière d’individus qui, par leur fonction, a — presque délibérément — choisi de recevoir une quantité plus que double de ces papelards remplis du jargon bureaucratique, fiscal ou administratif qui fait dresser tous les poils d’un honnête homme. Il s’agit bien sûr des entrepreneurs.

Et c’est donc sans surprise qu’un récent sondage auprès d’eux a permis d’établir qu’une proportion croissante de leur temps de travail passe dans la gestion de cette complexité administrative affolante, symbolisée par la myriade de petits cerfas colorés avec lesquels certains services de l’État comptent manifestement les ensevelir.

Apparemment, ça marche : un patron de PME sur trois n’a pas pu consacrer suffisamment de temps au développement de son entreprise et a été obligé de se consacrer à remplir des tâches administratives palpitantes comme les activités juridiques, la gestion des ressources humaines et des contraintes liées au droit du travail, pour au final constater que leurs activités directement tournées vers le développement de leur entreprise, de leur clientèle, des investissements productifs ou des partenariats avec leurs fournisseurs ou encore le marketing n’occupaient en tout que 40% de leur agenda.

Chose intéressante, l’enquête menée par IPSOS montre de surcroît que la tendance est à l’aggravation du problème administratif avec une complexification croissante des démarches à entreprendre et, parallèlement, une diminution du temps passé aux tâches directement bénéfiques à la vie de l’entreprise. Autrement dit, les patrons sont devenus les courroies de transmission de l’administration étatique, à leur corps défendant, et au plus grand bénéfice de l’État.

On pourrait croire ceci exagéré. Il n’en est rien. Par exemple, une nouvelle circulaire de l’Éducation Nationale, condensé parfait de ce que l’administration fait de plus ubuesque et mammouthesque possible, entend prochainement imposer aux élèves de bacs professionnels ainsi qu’aux lycées et centres de formation (et via l’Inspection du Travail, jamais en reste pour saboter le pays) de nouvelles formalités administratives ubuesques dès lors qu’ils doivent se poster sur une machine dans un stage en entreprise. Inutile de dire que les PME qui devront se contorsionner pour obtenir ces stagiaires réfléchiront à deux fois, la complexité induite n’étant plus du tout négligeable. Cela se traduira inévitablement par de grosses difficultés pour les prochains stagiaires :
« Les entreprises vivent mal le fait de solliciter des autorisations administratives auprès de l’inspection du travail qui, du coup, déclenche un contrôle inopiné. Vu la complexité du code du travail, l’entreprise est sûre de se faire coller à tous les coups. Les entreprises n’ont pas envie de se créer des problèmes supplémentaires, et ce sont les jeunes qui vont en pâtir. »
En somme, des entreprises, jouant le jeu, vont se retrouver contrôlées par une Inspection du Travail parfaitement compréhensive, qui redressera tous azimuts (parce qu’elle ne sait faire que ça) ce qui entraînera mécaniquement un certain nombre de faillites. Jusque là, c’est la routine. Mais ailleurs, d’autres entreprises, malines, ne joueront pas le jeu et se garderont bien de prendre des stagiaires. Échapperont-elles aux Torquemadas du Travail ? Peu importe, des lycéens se retrouveront sans stage. Par la suite, ils ne seront donc pas formés et viendront grossir le rang des chômeurs qu’apparemment, ces décrets, directives et autres administrations s’emploient à produire à un rythme toujours plus soutenu.

On pourrait croire cette production malencontreuse. On pourrait imaginer que cette complexification est le fruit malheureux d’un concours de circonstance. Là encore, ce n’est pas le cas. C’est bel et bien l’effet recherché.

Encore une fois, on va croire que j’exagère. Bon, j’admets que c’est parfois le genre de la maison, mais cette fois encore, ce n’est pas le cas. Si la complexification administrative n’arrête pas d’augmenter, c’est parce que cela profite directement … à l’État, justement. Chacun des rouages de son administration sent, parfois clairement, parfois confusément, que ces conneries empilées les unes sur les autres ne sont qu’une longue successions d’idioties inutiles jetées en travers de la route du contribuable, du citoyen, du justiciable, du chômeur, de l’employeur ou de l’étudiant. Mais pourtant, tous ceux qui sont directement aux commandes et qui font mine de s’employer à diminuer, justement, cette charge, sont en réalité les premiers bénéficiaires de cet alourdissement inouï.

Parce qu’en réalité, à mesure que la machine étatique se fait plus complexe, ses lois plus illisibles et ses modes de fonctionnements plus opaques, l’arbitraire de chaque fonctionnaire, de chaque administration, de chaque guichetier ou de chaque chef de service jusqu’au directeur d’agence peut s’exprimer pleinement, garanti qu’il est que personne ne pourra exhiber le texte, la loi, le décret, la circulaire le prenant en défaut et lui imposant un travail ou une démarche qu’il n’a pas envie de faire.

Et cela va au-delà de cet arbitraire puisque l’État se sert directement de cette complexité incompréhensible pour se comporter comme le pire des employeurs, le pire des fournisseurs, le pire des clients, le pire des débiteurs, le pire des créanciers, à tel point qu’un livre, recensant quelques unes de ses exactions dans le domaine, vient de sortir. Les auteurs n’y vont pas par quatre chemins et déclarent ainsi, au sujet de ces dérives maintenant complètes et irréversibles :
« Le système tourne en rond, l’endogamie de la haute fonction publique fait des ravages, et la tradition d’hyper contrôle de l’État omnipotent a vécu. L’intérêt général est comme perdu au milieu d’une somme d’intérêts particuliers qui pousse chaque décideur public à biaiser avec les règles et – n’ayons pas peur du mot – la morale. »
Il faut se rendre à l’évidence : THEVENOUD n’est pas le problème. Il n’est que le symptôme de la maladie qui a maintenant dépassé le stade de la métastase. Tous les corps administratifs en sont atteints. La pratique détendue du n’importe quoi arbitraire est si répandue que les élus ont fini par croire à sa parfaite normalité. Et lentement, mais sûrement, l’administration est partie en guerre contre les administrés, contre les contribuables, contre les citoyens, et contre les entreprises.

Et cette guerre-là, elle est en passe de la gagner.

mardi 7 octobre 2014

La GPA est tout sauf un retour à l’esclavage


Malgré le retournement de Valls au sujet de la GPA, tout ce que la France d’aujourd’hui comporte d’anti-GPA s'est retrouvé dans la rue ce week-end pour manifester contre une loi imaginaire.

Il faut bien le rappeler: en France la Gestation Pour Autrui, qui consiste à faire « porter » un enfant par une autre femme, l’ovule provenant le plus souvent de la future mère et étant fécondé par le futur père, mais pouvant aussi venir d’une donneuse anonyme ou de la mère biologique, a toujours été interdite en France et l’est toujours. Le dernier arrêt de la CEDH qui a tant scandalisé les membres de la Manif’ Pour Tous ne fait qu’interdire au droit français de refuser une nationalité ou une adoption du fait du mode de conception de l’enfant à l’étranger, sans aucunement obliger à la légalisation de la GPA.

Dans cette lutte anti-GPA, les conservateurs de la droite catholique sont alliés avec les marxistes pour qui l’échange marchand qu’implique la GPA est un scandale. Alors quels sont les arguments déployés par cette alliance peu commune ?

L’erreur fondamentale dans ces arguments est bien visible: ce n’est pas le bébé qu’on achète mais le ventre de la femme qu’on loue en vue de permettre la naissance d’un enfant, et rien d’autre. On ne met pas un prix sur l’enfant, on met un prix sur la location du ventre de la femme qui consent à porter l’enfant, étant donné la gêne occasionnée. Personne n’a dit qu’un enfant avait un prix, « un enfant ça n’a pas de prix » est donc un argument homme de paille. Acheter une personne n’est plus possible depuis l’abolition de l’esclavage, depuis 1848, et tant mieux. Confondre la GPA avec une forme d’esclavagisme de l’enfant ou de la femme c’est assimiler deux choses qui n’ont strictement rien à voir.

De même, personne n’a dit que la femme était une machine à bébé: autoriser une femme qui le souhaite à louer son ventre pour un autre couple n’est absolument pas équivalent à dire que « une femme est une machine à bébé ». Chaque femme est libre de faire ses choix, de mener la vie qu’elle souhaite, et personne ne doit forcer une femme qui ne le souhaite pas à porter l’enfant d’un autre couple.

C’est nier la dignité et l’autonomie d’une femme que de lui refuser le droit de disposer de son corps comme elle le souhaite. Si une femme veut porter l’enfant d’un autre couple, le choix doit lui revenir. Les féministes qui revendiquent le fameux « mon corps mon choix » devraient être les premières à défendre cette liberté.

Concernant le « Parce que l’exploitation de la femme est intolérable », oui, l’exploitation de la femme est intolérable. Comme expliqué ci-dessus, refuser à la femme le droit de disposer de son corps librement c’est une forme odieuse d’exploitation et de contrôle. Quoi, est-ce la présence d’un échange marchand qui fait qu’il y a exploitation? Cela sous-entendrait que la femme n’est pas capable de faire des choix par elle-même? la société doit faire ce choix pour elle, ignorante et irresponsable qu’elle est. Une femme est dans le besoin, porter l’enfant d’un autre couple lui permettrait de vivre confortablement pendant quelques temps et de la sortir de la misère? Non, ce choix lui est retiré car elle n’est pas apte à le faire.
« Because to take away a man’s freedom of choice, even his freedom to make the wrong choice, is to manipulate him as though he were a puppet and not a person. »― Madeleine L’Engle
Mais acceptons pendant un instant cet argument de l’exploitation issue de l’échange monétaire. On pourrait, comme Élisabeth BADINTER le propose, mettre en place toutes sortes de règles afin d’éviter qu’une femme désespérée fasse un choix qu’elle regrettera. On pourrait même ne légaliser que la GPA altruiste, sans échange monétaire.
« Parce que l’enfant n’est pas un objet »
Les membres de la Manif’ Pour Tous excellent dans l’art de l’Homme de Paille, ici de nouveau présent. Personne ne clame que les enfants sont des objets, et permettre à une femme de porter l’enfant d’un autre couple ne revient en rien à dire que l’enfant est un objet. C’est permettre à une femme de disposer librement de son corps tout en offrant une solution pour un couple de fonder une famille : où est ici l’objectification?
« Parce que tous les enfants ont besoin d’un père et d’une mère »
Il reste aux membres de la Manif’ Pour Tous à démontrer qu’il existe un danger réel et scientifiquement prouvé pour un enfant dans le fait d’avoir autre chose que des parents sur le modèle « un homme, une femme ». Mais acceptons cet argument : on pourrait ne légaliser la GPA que pour les couples homme-femme.

De nombreux libéraux rejoignent cette cause anti-GPA/PMA au nom de la lutte contre le faux « droit à l’enfant ». Mais légaliser la GPA ne revient en rien à garantir un « droit à l’enfant » : un « droit à l’enfant » supposerait que si un couple voulait un enfant, l’État serait obligé de leur en fournir. On pourrait forcer des femmes à porter l’enfant d’un autre couple parce que ce couple possède un « droit à l’enfant », ce qui révulserait tout le monde, à juste titre. Or il y a un monde de différence entre permettre aux femmes consentantes de porter l’enfant d’un autre couple via un arrangement contractuel, et forcer cette même femme à porter l’enfant d’un autre couple au nom d’un supposé « droit à l’enfant ».

Libéraux et féministes devraient s’allier dans cette cause juste. Pour les féministes, l’interdiction de la GPA devrait être révoltante et intolérable car il ne s’agit que d’une autre manière de contrôler le corps des femmes. Pour les libéraux, cette même interdiction devrait être dénoncée au nom de la longue tradition intellectuelle qui a visé à reconnaître à l’Homme le droit de disposer de son corps. Les libéraux conservateurs devraient aussi rejoindre la cause car le droit de disposer de son corps ici ne rentre pas en conflit avec le droit à la vie, comme dans le débat sur l’avortement : ici au contraire, il s’agit de permettre des naissances, non d’y mettre fin.

Amis de la droite catholique et des musulmans conservateurs, vous aussi devriez être les défenseurs de ce formidable progrès technique qu’est la GPA. Vous ne me croyez pas? Lisez cette belle histoire, cela vous évitera de descendre inutilement dans la rue, qui plus est quand c’est pour combattre une réforme fantôme.