lundi 14 décembre 2015

Je ne suis pas allé voter


Une réponse éclairée au philosophe ENTHOVEN sur l'abstention.

Les abstentionnistes seraient d’abord des ingrats, qui « négligent les acquis que d’autres ont payé de leur vie ». Apparemment, des gens sont morts pour que nous ayons le droit de voter entre une poire à lavement et un sandwich périmé, ou à peu près. S’ils sont vraiment morts pour ça, ils n’auraient pas dû !

« Suspendre son vote à la coïncidence improbable de ses désirs et des propositions que font les politiques » serait une attitude « d’enfant gâté ». Entre la peste et le choléra, il faudrait donc choisir, peu importe quoi. Jouer à pile ou face avec l’avenir puisque finalement, le résultat sera le même. Mais si le résultat est le même, pourquoi avez-vous tant besoin de mon vote ? Ne pouvez-vous pas décider entre vous qui endettera les générations futures pour financer des projets inutiles ?

Les abstentionnistes ne sont pas « fainéants et malhonnêtes ». Qu’y a-t-il de plus malhonnête que se donner bonne conscience en déposant un bulletin dans l’urne tout en sachant que quel que soit le choix qu’on fait, il sera mauvais ? Qu’y a-t-il de plus paresseux que de consentir mollement à sa propre servitude en donnant sa caution à des incapables ?

Voter n’est pas un devoir. Est-on libre quand on n’est libre que d’accepter, jamais de refuser ? Étant donné la situation, s’abstenir est un devoir ! Mieux vaut que les abstentionnistes « s’en remettent à des gens qu’ils n’ont pas élus pour gérer les transports, la culture ou les lycées » plutôt qu’ils aillent élire des gens pour mal les gérer.

Alors que je vous invite à considérer que de nombreux abstentionnistes souhaitent que le vote blanc soit comptabilisé, vous affirmez que « c’est tout à fait autre chose ». Le vote blanc est effectivement tout à fait autre chose : le vote blanc n’étant pas comptabilisé, voter blanc revient aujourd’hui à gonfler la légitimité des élus. Comptabiliser les votes blancs permettrait au contraire aux abstentionnistes d’exprimer leur divergence avec les propositions qui leur sont faites, sans être injuriés par des piposophes de comptoir.

« L’abstentionniste n’est pas un électeur tellement exigeant qu’en son âme et conscience, après un examen minutieux, aucune proposition ne le satisfait. » Comment le savez-vous, monsieur ENTHOVEN? Êtes-vous medium, en plus de philosophe ? Vous qui avez voté, vous qui avez prétendument procédé à un examen minutieux, pouvez-vous justifier votre vote ?

D’après vous, les abstentionnistes « brandissent la nullité des politiques opportunément pour justifier leur flemme ». Mais n’est-ce pas vous qui brandissez leur flemme pour justifier la nullité des politiques ? Est-ce vraiment la faute de ceux qui n’ont pas voté si le FN fait des scores élevés, si les élus prennent les mauvaises décisions ?

En somme, pour vous, monsieur ENTHOVEN, il faudrait cesser de trouver des excuses aux abstentionnistes. Mais quelle est l’excuse de ceux qui votent ? Quelle est votre excuse ? N’avez-vous rien de mieux à faire qu’aller donner votre caution à des incapables irresponsables, qui trahissent les idéaux et dénaturent les valeurs dont ils se revendiquent ?

En ne votant pas, je choisis le dirigeant qui me convient : aucun. En ne votant pas, je donne mon opinion : c’est non.

L’abstention est mon vote. En ne votant pas, je choisis le dirigeant qui me convient : aucun. En ne votant pas, je donne mon opinion : c’est non. Je n’ai pas besoin de dirigeants. Je n’ai pas besoin qu’on décide pour moi, et surtout pas comme on le fait aujourd’hui. Et je n’ai pas besoin d’excuse pour cela. Je ne veux pas décider par procuration. Je ne veux pas voter pour quelqu’un qui déciderait à ma place. Je ne veux pas donner mon vote et une quelconque légitimité démocratique à qui que ce soit.

En quarante ans, jamais la France n’a connu un budget équilibré. Les chômeurs se comptent en millions, le déficit en % du PIB et la croissance en décimales. Je ne sais pas si vous êtes déçu à chaque élection mais à votre place, je le serais. Si je ne le suis pas, c’est parce que je n’en attends rien.

Je n’attends pas des politiques qu’ils prennent ma vie en main, du berceau à la tombe ; qu’ils s’immiscent dans mon assiette, ma voiture, ma maison, mon travail et même mon lit. J’estime que c’est à moi de le faire, que c’est à chacun de gérer sa vie, et que c’est à nous tous de régler les problèmes que nous jugeons importants à nos yeux. 

Votre comédie démocratique n’est pas un problème suffisamment important pour me mobiliser ; vos élections ne sont pas dignes de mon temps. Je vous les laisse. Faites-en ce que vous voulez : elles sont à vous. 

Ce n’est pas dans le doute que je m’abstiens, mais dans la certitude.

lundi 24 août 2015

La motion Cambadélis à la feta Salakis


Que n’avait-on entendu au sujet d’Emmanuel MACRON lorsque, nommé après l’éjection d’un MONTEBOURG aussi frétillant qu’inutile, le sémillant énarque s’était mis en tête de libérer le pays de certains des carcans qui l’encombraient! Z’allez voir ce que vous z’allez voir, avec MACRON, ça va cogner du chaton corporatiste, qu’on vous dit… Quelques mois, des douzaines de cris à l’Assemblée, au sein des partis et dans les syndicats, et quelques centaines d’articles plus tard, la loi est votée…

De compromis en petits arrangements, d’arrondissages d’angles en polissages frénétiques, la loi en question n’est plus ni vraiment piquante, ni vraiment révolutionnaire, ni même franchement libératrice; elle s’est même carrément dégonflée. Comme je l’expliquais récemment, le gouvernement nous avais promis le Pérou, il nous a présenté un projet qui dépassait à peine Maubeuge, et le temps est maintenant venu de constater qu’il peinera à rejoindre Sèvres-Babylone avec son petit ticket de métro.

Dans certains cas, des compagnies de cars pourront desservir des villes françaises, quelques participations d’État seront cédées, mais pour le reste, on est dans le changement à la marge, l’ajustement millimétré et la petite plomberie de la boite à outils.


Ah oui, il y a aussi eu un « relâchement » des contraintes entourant l’ouverture dominicale. Aaaaah, l’ouverture du dimanche… C’est un bien vaste sujet, pour un pays qui se veut pourtant très très laïc. C’est une question fort épineuse, ce jour de repos hebdomadaire, fixé arbitrairement le même jour que celui du Dieu catholique, pour des syndicats qui sont tous officiellement non confessionnels, voire athée, voire anti-cléricaux. Et c’est un sujet vraiment polémique pour une société qu’on prétend toujours plus libéralisée, toujours plus apte à accorder tout ce que veulent les grandes multinationales capitalistes dévoreuses de familles ouvrières…

Et dans un pays qui a obstinément décidé que tout ce qui concernait l’entente entre deux adultes consentants ne pouvait pas se passer d’une bonne grosse louchée de lois, de règlements et de garde-fous juridiques nombreux et confus, imaginer qu’un commerçant puisse s’arranger directement avec ses employés pour définir les modalités de travail, sans en passer ni par les syndicats, ni par les inspecteurs du travail ou que sais-je encore, c’était bien trop complexe. Heureusement, la loi MACRON a bien vite évité cet écueil et — simplification oblige — s’est empressée d’ajouter une douzaine d’appétissants amendements aux dispositions légales déjà en place afin de ménager quelques espaces de négociations supplémentaires.

Très concrètement donc, quelques dimanches par an pourront être travaillés. Dans certaines villes, comme il ne s’agissait surtout pas de lâcher la bride à qui que ce soit (ce vent de liberté folle pouvant entraîner, comme chacun l’imagine, des débordements immondes de gens qui vendent, qui achètent, qui font du commerce et qui créent des richesses insupportables), on a décidé d’instaurer des lieux où l’ouverture de tous les dimanches sera tolérée par les autorités, bienveillantes mais pointilleuses. Avec l’art de la nomenclature et cette touche de poésie délicate qui caractérise nos politiciens, ces endroits ont été baptisés ZTI, pour Zones Touristiques Internationales, et permettra aux commerces qui s’y trouvent d’organiser leurs ouvertures dans un cadre légal qu’on peut largement qualifier de lâche tant, avec ces dispositions et selon certains, les élastiques semblent avoir tous pétés dans la joie et la bonne humeur.

Et justement, devant un tel relâchement, ce qui devait arriver arriva: les syndicats se sont bien vite élevés contre cette insupportable atteinte au pacte républicain, accompagnés par les habituelles idiots utiles du socialisme vaguement gouvernemental. Les premiers rappellent aussi bruyamment que possible que des accords collectifs doivent être négociés, et au sein de la branche « Grands Magasins », par exemple, la CGT, CGT-FO et la CFDT sont bien évidemment opposées à toute possibilité de faire du commerce, engranger des bénéfices le dimanche et donc produire une richesse qui serait pourtant utile à sécuriser de l’emploi.

Quant aux seconds, faisant preuve de leur habituel dogmatisme en béton armé, ils continuent de fustiger cet esprit consumériste absolument catastrophique. Par exemple, à Poitiers dans la « motion CAMBADELIS », ce pachyderme inutile dont la rumeur voudrait qu’il soit à un poste à responsabilité au Parti Socialiste, on peut ainsi lire « la consommation ne peut être l’alpha et l’oméga de nos vies. Le dimanche doit d’abord être un moment du vivre ensemble » qui déclencherait l’hilarité dans n’importe quel pays moderne (mais pas en France) tant on peut y lire la componction, le dogmatisme et une belle brassée de mots-clefs du bullshit bingo politique.

Bref, concernant l’ouverture du dimanche, la messe (syndicale et politique) est dite: ces ZTI sont d’abominables chevaux de Troie qui cachent les sombres desseins ultra-néo-libéraux dans lesquels les gens font, globalement, ce qu’ils veulent le dimanche et peuvent aller acheter des trucs et des machins en ville — c’est affreux, et c’est dit dans ces termes :
« Le projet Macron a pour objectif la généralisation du travail du dimanche dans le commerce, le tourisme international ne constituant qu’un artifice de communication ! »
Et pour ces gens-là, ce serait horrible, abominable, atroce. Imaginez des gens qui organisent différemment leurs week-ends, qui n’achètent pas tout le samedi. Forcément, ça va être l’anarchie, la fin de la famille traditionnelle (dont on découvre que les syndicats seraient les nouveaux protecteurs). Imaginez des salariés qui préfèrent bosser le dimanche pour avoir leur lundi, imaginez ces individus farfelus qui ne peuvent travailler, justement, que le dimanche, et qui vont donc trouver ce petit emploi qui va leur permettre de payer un loyer. Assurément, ces nouvelles richesses, ces nouvelles opportunités constituent autant d’insultes à la face de ceux qui entendent cadencer la société sur leur schéma mental prédéfini, pardi !

Quant à savoir si la mesure pourrait créer des emplois, cela n’intéresse pas ces gens (ils s’en foutent : syndicalistes comme politiciens ont un emploi, à peu près inamovible de surcroît, et n’ont donc rien à carrer de la piétaille qui en voudrait un aussi). Savoir si cela pourrait créer de la richesse et de l’attractivité pour les zones touristiques en question ne leur chaut guère: ils s’en foutent, des touristes qui ne votent de toute façon pas pour eux.

Et puis surtout, ces histoires de ZTI cachent encore une fois l’occasion pour l’un ou l’autre industriel capitaliste d’ouvrir ses chaînes de magasins, ce qui est insupportable pour nos résidus communistes. Tenez, à l’évidence, si elles existent, c’est pour arranger la FNAC, pardi, et on se fiche complètement des clients de ces centres commerciaux (qu’ils soient, eux aussi, arrangés dans l’affaire, n’intéresse là encore pas nos syndicats qui n’ont pour clients que les à peine 8% de salariés qui votent encore pour eux, à l’occasion et souvent sur un malentendu).

Bref, on le comprend: non seulement la loi MACRON a été consciencieusement vidée de sa substance en réduisant à peu près toutes les bonnes intentions, déjà pas franchement révolutionnaires, à leur expression la plus minimale, mais chaque décret d’application, chaque mise en pratique opérationnelle palpable et concrète sera âprement combattue par tout ce que le pays contient encore de ces Forces de Progrès qui lui assurent un immobilisme aux semelles de plomb.

Le pays avait un besoin impérieux d’un grand ballon d’oxygène pour lui éviter la catastrophe. La loi MACRON lui offre une petite bouffée rapide. Les syndicats la transforment en malodorant nuage toxique.

Forcément, ça va bien se passer.

jeudi 20 août 2015

Après les vacances, l'heure des comptes?


Profitons des moments de calme estival pour dépoussiérer nos calculettes et effectuer quelques divisions et multiplications qui démontrent combien le calme apparent sur le front des finances publiques est annonciateur de futures tempêtes si l’on considère notamment le dernier chiffre de stagnation de notre PIB.

Retenez bien ces données.

Fin 2011, le PIB français s’élevait à 2059 milliards d’euros. 
Fin 2014, il atteignait 2132 milliards. 

Fin 2011, la dette publique au sens de Maastricht s’élevait à 1717 milliards.
Fin 2014, la dette atteint 2037 milliards.

Comme nous ne disposons pas de statistiques définitives pour le premier semestre 2015, nous nous sommes contentés de ces chiffres, mais les tendances observables depuis le début de cette année sont les mêmes. Ainsi, la dette publique a-t-elle crû de 18,6% alors que le PIB n’augmentait que de 3,5% sur cette période de trois ans. Dit autrement, la dette a crû de 320 milliards d’euros courants contre seulement 73 milliards pour le PIB.

Il faut en conclure que la France a détruit en trois ans 247 milliards de richesse nette. Ceci correspond à 11,6% du PIB, selon les chiffres atteints fin 2014. Bref, la destruction annuelle moyenne de richesse équivaut désormais au montant du déficit public.

Cela ne signifie pas que ledit déficit soit à l’origine exclusive de cette volatilisation. Mais cela suffit à montrer l’inanité des préconisations d’un keynésianisme abâtardi qui cache la volonté des clientèles et des « élites » de l’État de faire perdurer une situation qui ressemble chaque jour un peu plus à une faillite.

À ce rythme, et il y a très peu de chances que la situation s’améliore sensiblement d’ici 2017, la présidence Hollande se sera traduite par une destruction de 15% de la richesse produite en un an sur le sol français, un pourcentage supérieur au résultat de son prédécesseur qui avait pourtant dû, en ce qui le concerne, faire face à la grave crise internationale de 2008. Hollande aurait pu bénéficier du fameux « alignement de planètes » marqué par la baisse concomitante des prix de l’énergie, du taux de change de l’euro et des taux d’intérêt. Il n’en tire qu’un avantage minime.

En un mot, la situation de nos finances publiques est de plus en plus désastreuse et l’annonce de la stagnation du PIB au deuxième trimestre 2015 va aggraver les choses. L’agence de notation Moody’s ne s’y est pas trompée. Elle relève un inquiétant repli des recettes fiscales nettes de l’État au premier semestre (- 1% par rapport à la même période en 2014) alors que les dépenses publiques n’ont reculé que de 0,3%. À quand la prochaine dégradation ?

Ajoutons enfin que les chiffres de Maastricht sont trompeurs. Si l’on tient compte des engagements de la France auprès du MESF ou du FMI, qui ne peuvent plus être considérés comme théoriques car ils devront servir par exemple à éponger le désastre financier grec, il faudrait augmenter de plus de 100 milliards d’euros le montant de notre dette publique.

Et tout cela se produit malgré une politique monétaire de la BCE plus qu’accommodante, au prix du viol de ses propres statuts. Plutôt que d’agir directement sur le cours de l’euro, en annonçant par exemple un objectif de taux versus le dollar et le yuan, la BCE opère par le truchement du rachat de dettes publiques sur le marché secondaire et l’augmentation corrélative de la masse monétaire qui n’a qu’un effet limité sur un des problèmes majeurs des pays du Sud : la surévaluation de la devise européenne au regard de leurs capacités économiques. Bref, la BCE continue de manier un bistouri avec des gants de boxe.

Quant à la deuxième partie du problème français : l’hypertrophie d’un secteur public sous productif et la pesanteur de règlementations absurdes, il n’a été abordé que par le biais de mesurettes du type de la loi Macron qui prennent grand soin de ne jamais toucher la clientèle électorale socialiste, précisément celle qui a le plus à perdre, à court terme, aux nécessaires réformes.

Eh bien, ce n’est pas grave, tchin tchin' avant l’éruption du volcan…

vendredi 3 juillet 2015

La cigale et la fourmi


*VERSION ALLEMANDE*

Une fourmi travaille dur tout l'été dans la canicule.
Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l'hiver.
La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue.

Une fois l'hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid n'a ni nourriture ni abri, et meurt de froid.

FIN

*VERSION FRANÇAISE*

La fourmi travaille dur tout l'été dans la canicule.
Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l'hiver.
La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l'été.

Une fois l'hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d'être au chaud et bien nourrie tandis que les autres, moins  chanceux comme elle, ont froid et faim.

La télévision organise des émissions en direct qui montrent la cigale grelottante de froid et qui passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.

Les Français sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d'autres vivent dans l'abondance. Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi.

Les journalistes organisent des interviews, demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu'elle paie 'sa juste part'.

La CGT, Le Parti Communiste, la Ligue Communiste Révolutionnaire, les Verts, le Modem, la Nouvelle Gauche , la Nouvelle Droite , le Juste Centre, organisent seat-in et manifestations devant la maison de la fourmi.
  
Les fonctionnaires décident de faire une grève de solidarité de 59 minutes par jour pour une durée illimitée.

Un philosophe à la mode écrit un livre démontrant les liens de la fourmi avec les
tortionnaires d'Auschwitz.

En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur l'égalité économique et une loi (rétroactive à l'été) d'anti-discrimination.

Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide.

La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n'a pas assez d'argent pour payer son amende et ses impôts.

La fourmi quitte la France pour s'installer en Suisse où elle contribue à la richesse économique.

La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée.

Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin.

Des rassemblements d'artistes et d'écrivains de gauche, se tiennent régulièrement dans la maison de la fourmi. Le chanteur Renaud compose la chanson 'Fourmi, barre-toi!'...

L'ancienne maison de la fourmi, devenue logement social pour la  cigale, se détériore car cette dernière n'a rien fait pour l'entretenir.

Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens.
Une commission d'enquête est mise en place, ce qui coûtera 10 millions d'euros.

La cigale meurt d'une overdose.

Libération et L'Humanité commentent l'échec du gouvernement à redresser sérieusement le problème des inégalités sociales.

La maison est squattée par un gang de cafards immigrés.
Les cafards organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté...

Le gouvernement se félicite de la diversité culturelle de la France.

FIN 

vendredi 15 mai 2015

Réforme des Collèges: Pargere subjectis et debellare superbos


Ah mais c’est tout de même fort de café, ça non mais dites des fois un peu ! Puisque Najat vous dit qu’il va y avoir une réforme des Collèges qui dépote du géranium, c’est bien qu’il va y avoir cette réforme, non mais allo quoi! C’est pourquoi, à l’occasion d’un entretien dans le JDD, elle a assez clairement expliqué que ceux qui s’y opposaient étaient des imbéciles (et toc, dans les dents) et qu’en réalité, le problème, c’est la passivité (et paf, dans le lard). Ben oui.
Vous le savez : l’actuelle excuse au ministère de l’Éducation Nationale s’est mis dans la tête de réformer la façon dont on déstructurait le savoir au Collège pour le déstructurer encore un peu plus.
Les élites, les parents d’élèves, les élèves, les professeurs et une part croissante des élus se sont assez vite rendus compte qu’on sabotait les dernières parcelles d’enseignement au Collège, et la grogne n’a donc cessé, assez logiquement, de s’amplifier. Et toujours aussi logiquement, la ministre s’est mise à trépigner vigoureusement, d’abord en distribuant de l’anathème à ceux qui osaient critiquer sa belle réforme (certains en prirent ombrage, à raison d’ailleurs), puis en tentant l’échappatoire « Mais non, vous avez mal lu et des gens font rien qu’à bobarder », dont la pertinence et le bénéfice communicationnel laissent songeur.
Il faut dire qu’elle n’y va pas avec le dos de la cuillère. Après avoir raillé les pseudo-intellectuels, et s’être pris une volée de bois vert dans la presse, elle réitère pourtant avec toujours le même argument du « Z’avez rien lu, bande de moules » :
J’ai trop de respect pour les intellectuels pour admettre que certains d’entre eux puissent ainsi, au mépris de toute rigueur, commenter des textes et des projets sur la base de on-dit et sans avoir pris la peine d’y jeter un regard.
Sauf que les remarques formulées sont assez bien étayéesbien documentées, et pas toujours issues de quidams inconnus. Et comme la ministre sait que cette tactique ne durera qu’un temps, elle en appelle aux habituelles momies socialistes qu’elle époussette rapidement pour les exhiber vigoureusement :
À chaque réforme scolaire, les esprits s’échauffent. Rappelez-vous Jules Ferry rendant l’école publique obligatoire, Jean Zay prolongeant l’âge de cette obligation ou René Haby instaurant le collège unique…
Kof kof kof, oh là là, ce gros nuage de poussières méphitiques m’empêche un instant de respirer.
Kof.
kof.
kof.
Ah oui, vraiment, l’école de Jules FERRY, si bonne et si nécessaire qu’il a fallu la rendre obligatoire (les socialistes aiment toujours les idées si géniales qu’il faut les imposer). Et le collège unique de HABY, idée si géniale qu’elle ne fut copiée nulle part ailleurs, que voilà une franche réussite du nivellement par le bas !
Et en attendant que la poussière des vieux épouvantails de gauche retombe, Najat en profite pour expliquer que sa réforme va, en cadeau bonus, se concentrer sur l’accompagnement des élèves histoire de les sortir de la léthargie pardon la passivité dans laquelle un enseignement trop complexe les plonge à l’arrivée au Collège :
Le problème, c’est la passivité de nombreux élèves dans le collège (…) Beaucoup d’entre eux, malgré les efforts inlassables des professeurs, ne participent quasiment jamais.
Eh oui, décidément, le problème, c’est que ces petit mammifères mous qui viennent en cours deviennent rapidement incapables de lever le doigt pour poser des questions, pardi ! Et la seule explication valable, c’est que les cours sont mortels comme un jour de pluie à Dunkerque. Non, vraiment, cela n’a aucun rapport avec la fragmentation permanente des cours et des matières en petites bouchées rigolotes à avaler. Cela n’a rien à voir avec la multiplication des matières périphériques aux savoirs en relation lointaine avec l’informatique amusante, la poterie, l’expression corporelle, le bricolage, le coloriage, le découpage, le collage, les visites « éducatives », les séances de cinéma, de théâtre, la musique, le sport, les activités sociales bouillonnantes, auxquelles on ajoutera les journées de grève, d’absence pour maladie, pour remplacement, pour accident, les ponts ou les horaires variables. Cela n’a rien à voir avec la diminution effective du nombre d’heures par matière de base (français, mathématique, sciences, histoire, géographie) et l’augmentation stratosphérique de tout le reste. Non. Rien à voir. Si l’élève s’ennuie, c’est parce qu’il n’y a pas assez de fun dans son enseignement.
Il y a 40 ans et plus, il y avait moins de rejet de l’école de la part des élèves et des parents. Ces derniers n’étaient pas impliqués de façon permanente dans la vie de l’école et les premiers avaient une chance raisonnable, vérifiable et vérifiée, de savoir lire, écrire et compter en fin de scolarité obligatoire. Depuis, les réformes se sont succédé, à un rythme soutenu. Les exigences ont été multipliées. L’implication des élèves s’est éparpillée sur un nombre croissant d’objectifs, pendant que celle des parents s’est trouvée tous les jours plus mobilisée. Le collège est soi-disant devenu unique. Le constat est accablant : ça ne marche pas, les réformes introduites jusqu’à présent ont été globalement très négatives.
Il faut donc en rajouter, en faire plus, aller encore plus loin dans la fragmentation des cours et des savoirs, dans le mélange des genres, dans la perte d’autorité, dans la distribution de bisous et de diplômes en carton. Youpi ?
À bien y regarder cependant, le principal souci de cette réforme n’est pas tant l’énième refonte des programmes, les modifications encore une fois drastiques de contenu et d’horaires, les coupes plus ou moins heureuses ou habiles dans certaines matières. Non, le principal souci, c’est que cette réforme semble voulue par le Chef de l’État lui-même (en tout cas, pour le moment). Autrement dit, l’épine dans le pied de Najat n’est pas que sa réforme passe de moins en moins auprès de ceux qu’elle concernera à la rentrée 2016, mais bien que derrière elle, le Chef de l’État persiste à lui apporter son soutien, de façon répétée, bruyante et presque joyeuse.
Et alors que la grogne monte aussi bien dans les rangs de l’opposition que dans les rangs de la majorité, ainsi qu’auprès des profs eux-mêmes, électorat normalement favorable aux socialistes, on comprend qu’il va y avoir un petit souci. En effet, les options ne sont pas très nombreuses : la ministre et le président peuvent continuer malgré tout à porter la réforme à bout de bras, en n’y rien touchant. Avant même de pouvoir constater les dégâts auprès des élèves, ceux en termes d’électorat risquent d’être importants. Alternativement, et c’est l’option la plus probable, ils font mine de reculer sur quelques points et diluent la réforme (comme toutes les autres du quinquennat HOLLANDE, à l’exception notable du mariage homosexuel) et peut-être arriveront-ils ainsi à modérer les dommages électoraux… On se rappellera cependant l’inflexibilité (de façade) de la ministre au sujet de la réforme des rythmes scolaires, et on peut donc parier à une nouvelle embardée de l’Education Nationale dans quelques mois.
Il est de certains ministères comme d’une bataille de tranchées : on s’y jette sans trop savoir ni pourquoi, ni pour combien de temps et on sait qu’on a de bonne chance d’y laisser sa peau.
À l’Éducation Nationale, la pauvre Najat sera donc sacrifiée : pour le bilan de HOLLANDE en fin de quinquennat, il faut absolument des réformes tangibles à présenter. Celle du mariage aura tellement clivé les Français qu’elle n’est plus présentable qu’au débit. Les bricolages régionaux, coûteux et inachevés, sont trop anecdotiques pour être retenus. Les petits aménagements de la loi MACRON, même si on passe outre leurs brouettées de crispations, ne seront pas jugées suffisants. La réforme du Collège devait permettre de gommer celle des rythmes scolaires, catastrophique. On comprend pourquoi elle est maintenant propulsée comme une opération inéluctable.
Mais encore une fois, on ne voit pas par quelle pirouette grotesque elle pourra être portée au crédit du président et de son équipe : à l’exception d’une poignée de pédagos en roue libre et des membres du gouvernements, tous les acteurs de l’Éducation Nationale (parents, enseignants et élèves) sont maintenant vent debout contre cet infâme brouet gluant d’idéologie.
Et si l’échec de la ministre et de son mollasson de président n’est pas encore totalement garanti, celui des élèves français tributaires de cette réforme est en revanche assuré.
Ce pays est foutu.

Les querelles picrocholines rances du Camp du Bien


Il y a encore quelques années, il était assez facile de repérer les bons des méchants. Mais petit à petit, avec la crise et l’arrivée au pouvoir des Socialistes officiels, les cartes se sont brouillées, les méchants sont devenus foutrement plus nombreux, à mesure que les dénonciations des bons s’empilaient. En ce mois de mai 2015, on doit se rendre à l’évidence : le Camp du Bien s’est démultiplié pour ne faire qu’une succession de petits baraquements retranchés d’où partent des tirs nourris, tous azimuts.
Pour tout dire, c’est le bazar et une vache n’y retrouverait pas ses chatons... Jusqu’au 7 janvier dernier, on pouvait encore trouver des grandes idées qui rassemblaient mollement les individus, à l’instar des petits coquillages ballotés par une mer paresseuse. Il y avait l’antiracisme, bien sûr, la lutte contre les discriminations et pour l’égalité, décidément, la volonté d’en finir avec le méchant turbo-libéralisme (évidence nécessaire). À dose plus ou moins modérée, les combats pouvaient comprendre aussi ceux contre la pollution et le réchauffement climatique, la domination patriarcale et le massacre des bébés phoques. Simple, vous dis-je.
Après le 8 janvier, les choses sont devenues nettement plus complexes, tout d’un coup. Le Camp du Bien s’est retrouvé plongé dans un abîme de perplexité. Il devait dénoncer l’abominable, mais devait à tout prix éviter l’amalgame, ce truc dangereux à base de bête immonde pilée et macérée dans du jus de communautarisme le plus aigre. Le Camp du Bien devait à la fois garantir, rubis sur l’ongle, la liberté des uns à s’exprimer, de préférence en faisant des dessins de figures religieuses sodomisant des enfants (suggestion de présentation), tout en expliquant aux autres la notion de respect et l’absolue nécessité de ne pas stigmatiser qui que ce soit, le tout en poursuivant ceux qui affirmaient s’exprimer autrement que dans les cases prévues à cet effet, tout en préparant ouvertement une loi de surveillance que la NSA n’aurait même pas osé pousser en loucedé.
Fatalement, même pour le Camp du Bien dont la souplesse intellectuelle est légendaire et lui permet de plier la réalité avec une dextérité invraisemblable, ce genre d’exercices acrobatiques peut provoquer des foulures (du droit) et autres entorses (aux principes de base) assez carabinées. Ce qui devait arriver arriva : le Camp du Bien explosa.
À présent, l’état des lieux est impossible à faire. Les Camps du Bien se tirent les uns sur les autres. Tenez, dans l’actualité, on trouve de tout. Le Camp du Bien ne stigmatise pas, c’est dit. Mais comme le Camp du Bien est laïc, il ne voudra pas de certains signes ostentatoires, comme … une jupe trop longue. Le Camp du Bien est poursuivi par une association du Camp du Bien pour discrimination. Là encore, rassurez-vous, le Camp du Bien gagnera à la fin (je vous laisse choisir lequel, moi, je m’y perds).
Le Camp du Bien No C.FOUREST est pour la liberté d’expression, on l’a vu, et il lui arrive même de se fendre de livres entiers pour l’expliquer en long, en large et parfois un peu de travers. Alors le Camp du Bien No A.CARON dissèque et critique, dans une émission officiellement Camp du Bien No L.RUQUIER. Et parfois, ça se termine en distribution d’anathèmes. Prendre parti sera complexe. Le Camp du Bien gagnera, quoi qu’il arrive.
Le Camp du Bien, il n’aime vraiment pas trop discriminer. C’est très vilain, ça, monsieur. Mais le Camp du Bien admet que, parfois, faire des statistiques ethniques, ça peut le faire, à tort ou à raison. Bien sûr, lorsque le Camp du Mal entreprend de faire mine de s’y employer, c’est la tempête : MENARD qui tente de savoir combien d’enfants musulmans il peut avoir sur sa commune en comptant les patronymes arabes, c’est insupportable en République Socialiste du Bisounoursland. Sauf qu’à bien y réfléchir, il devient difficile de lui reprocher ce que d’autres prônent, ou font carrément. Au sein même du Camp du Bien, le Deux Poids, Deux Mesures entraîne des crispations…
D’un côté, on comprend que le Camp du Bien (ici, le ministre du Chômage, François REBSAMEN), travaille pour l’égalité entre les hommes et les femmes au travail. De l’autre, le Camp du Bien ne saura pas tolérer qu’on supprime le « rapport de situation comparée » (RSC), institué par la loi ROUDY. Le Camp du Bien lance donc une pétition contre le Camp du Bien. Rassurez-vous, le Camp du Bien gagne à la fin, même si on peut s’étonner que le Camp du Bien désire si ardemment faire des statistiques sexuelles, alors qu’il s’interdit de faire des statistiques ethniques.
Le Camp du Bien, il a été Charlie. Mais à lire les Grands Penseurs Inévitables de ce Camp, il n’aurait pas dû, ou s’il l’a été, c’était pour camoufler son islamophobie. Le Camp du Bien bondit (forcément, se faire traiter de cryptofascisme et de pétainisme, ça picote un peu). La bataille sera homérique, le Camp du Bien en sortira vainqueur, c’est évident.
Et bon courage pour y comprendre quelque chose … Alors que les scories de mai 68 retombaient en France, la société s’est progressivement accommodée de ces individus aux agendas politiques socialistes les plus agressifs, qui ont eu la présence d’esprit de se placer dans les strates les plus efficaces pour diffuser leurs messages, essentiellement les médias, l’enseignement et la politique. Ces messages bien spécifiques ont, « avec brio » si l’on regarde la société actuelle, fait passer le plaisir immédiat avant le bonheur, la consommation avant l’épargne, l’amusement et le divertissement avant le sérieux, et l’insouciance inculte avant la culture et le savoir. Après presqu’un demi-siècle, ça y est, la mission est réussie, qui consistait à faire en sorte que partout, tout le temps, les soldats de la Pensée Autorisée (TM) soient aux affûts, prêts à dégainer et à fusiller sur place le moindre impétrant qui aurait eu l’audace de penser de travers et de le dire.
Cette observation peut être faite dans à peu près tout le monde occidental, avec des variantes en fonction du terreau local, parfois plus conservateur, parfois plus progressiste. Mais en France, le mal est si profond, si bien implanté et la liberté d’expression est si bien corsetée que la moindre formule de dissidence est rapidement attaquée par des meutes de sicaires fanatisés du Camp du Bien.
Jusqu’à présent, cela avait eu pour effet de réduire au silence, ou à peu près, tout ceux qui ont le malheur de réclamer moins d’État, moins de cette solidarité gluante, de cette déresponsabilisation galopante, de cet égalitarisme forcené qu’on nous fourre partout, à toutes les sauces, dans tous les discours, à toutes les occasions, dans chaque commémoration, célébration ou événement. A contrario, tous ceux qui réclamaient exactement l’inverse ont eu des boulevards médiatiques, et, par voie de conséquence, les subsides généreux d’une République reconnaissante.
Seulement voilà : deux effets sont apparus progressivement. 
  • D’une part, comme je l’ai dit, la mission du Camp du Bien est un succès : l’attrition des ennemis sous ses feux est complète. Malheureusement, des mercenaires sans ennemis finissent bien vite par s’ennuyer, et finissent par se chamailler.
  • D’autre part, la crise aidant, les subsides sont plus difficiles à distribuer. Le nombre de mercenaires du Camp du Bien a tant augmenté que payer leur solde devient fort coûteux. Il faut choisir celles des factions qui recevront, celles qui seront aidées, celles qui devront se débrouiller. Les repas sont plus frugaux, les appétits s’aiguisent, les crocs sortent. Et comme, en plus, aucun alpha n’a vraiment pris la direction, que le seul qui pourrait y prétendre est tout sauf un chef crédible, … les dissensions se muent en batailles rangées.

Le Camp du Bien n’a plus ni ressources intellectuelles ou morales, ni plus la moindre colonne vertébrale doctrinaire. Les penseurs et intellectuels, depuis longtemps éteints, ont été remplacés par des vendeurs de soupe populiste qui ont choisi de se tirer dans les pattes en s’accusant mutuellement de censure, de fascisme, de racisme ou de discrimination amalgamante pétaino-islamophobe (ne reculons devant rien) pour exister médiatiquement et grappiller, tant que cela sera possible, les quelques miettes que la France pourra encore leur offrir.
Le délitement du pays continue. Regardez-les bien se débattre dans la purée collante que tous ces groupes ont contribué à former. Regardez cette magnifique élite se focaliser sur ces kyrielles de sujets dilatoires alors que l’économie n’a jamais été aussi mauvaise. Regardez-les bien se foutre presque sciemment (j’insiste sur presque) de ceux qui paient pour leurs combats grotesques, leurs idées pourries et leurs débats indigents.
Regardez-la bien, cette élite, et profitez-en tant que vous pouvez. Parce qu’à un moment ou un autre, la réalité, implacable, va reprendre ses droits et tout ça va devoir s’arrêter. Ça risque d’être un peu douloureux.

mercredi 13 mai 2015

La 157e semaine du règne de François


Motion et émotion… Ils adorent la démocratie, ils n’ont que le mot de république à la bouche et ils n’ont de cesse d’organiser des simulacres de démocratie. Le ramassis de petits salariés de la république qu’est le parti socialiste, ou du moins ce qu’il en reste depuis que pépère s’emploie avec ardeur à liquider les chapelles clientélistes les unes après les autres, en offre un joli exemple. Tout à montrer qu’il flatte le peu d’encartés qu’il lui reste, les caciques et les planqués organisent tantôt un vote sur les « motions », autrement dit les orientations stratégiques et politiques de la maison socialiste. Simulacre de démocratie, comme chacun sait, vu que le vainqueur est désigné avant le vote, de même que les postes sont répartis entre tous les protagonistes. Jusque là, rien ne change chez les gauchistes. La nouveauté de 2015 réside en réalité dans le fait que les signataires des différentes motions ne savent pas vraiment ce qu’ils signent. Parce qu’ils s’en foutent royalement, évidemment. A l’image de mon gros SAPIN, roi des benêts, qui a donc signé la motion A, la principale selon les avis autorisés, et celle qui va gagner au bout du compte. Ce joli texte, bien généreux avec toutes les clientèles habituelles de la Hollandie, promet une baisse de la CSG. Bon. Le seul petit hic, c’est que le même bonhomme, SAPIN, en tant que ministre, s’oppose catégoriquement à la baisse de la CSG ! Donc le militant socialiste vote pour une idée que le ministre refuse… En fait, il faut être complètement schizophrène pour être de gauche, non ? Les irréductibles électeurs de gauche apprécieront…

A pédophile, pédophile et demi… Tout le monde se répand sur les actes, odieux, qui auraient été commis en Centrafrique entre octobre 2013 et juin 2014 par des soldats français. Rappelons tout de même que des faits qui auraient eu lieu il y a 1 an, que de nombreuses nationalités sont représentées dans les forces d’interposition en RCA… Et que s’il est possible d’obtenir les faveurs de mineurs contre de la nourriture, on peut légitimement penser qu’il est possible d’obtenir un (faux) témoignage sur-mesure contre quelques piécettes. Toujours est-il qu’on nous promet, pépère en tête, des sanctions exemplaires, sans précédent, uniques -et à mon avis parfaitement légitimes si un lien de causalité est établi- et qu’il faut trembler devant la main de la justice, qui elle, ne tremblera pas. Pendant ce temps, on remet des rapports sur des faits comparables, et qui eux sont avérés, dans l’Education Nationale. Ainsi, quelques professeurs et proviseurs auraient utilisé leur « autorité » pour violer des enfants en école primaire et au collège. Alors même que les alertes avaient été lancées et que la hiérarchie était au courant… C’est marrant, mais le gnome ne nous promet pas la même sévérité… Par clientélisme, vous croyez ?

Pédophilie, suite. Alors on fait un rapport. Ce qui, sur un tel sujet, ne manque pas d’à-propos. Ainsi, il semblerait « qu’il y ait eu de graves manquements dans la chaîne d’information ». Et pas que dans l’information, les mecs ! Franchement, qu’un proviseur qui a été condamné en 2008 (prison avec sursis) pour détention d’images pédopornographiques soit maintenu dans un poste de directeur des écoles, franchement, c’est un truc de fous. On parle de faire une loi, évidemment, pour obliger la justice d’informer l’Education Nationale des condamnations de ses personnels… Si le parquet n’a pas transmis les informations à l’Éducation nationale en temps utiles, conformément aux circulaires existantes, cette dernière aurait de son côté fait preuve de négligence puisqu’elle aurait égaré des documents précieux concernant les enseignants mis en cause… « Égarer des dossiers » mettant en cause des personnels condamnés pour pédophilie et laisser ce type de monstres au contact d’enfants… On ne doit pas être loin de la définition de complicité, non ? Si des responsabilités individuelles étaient prouvées, « les ministères concernés n’excluent pas des poursuites disciplinaires… » J’espère que la justice sera là encore exemplaire, que son bras ne tremblera pas, et qu’elle n’hésitera pas si elle doit mettre des blâmes… Là encore, les victimes apprécieront.

La Madone, le retour. Sans doute tout à la reconstruction de son destin, et bien qu’elle s’en défende, notre madone du Poitou, l’immaculée du chabichou, la reine-mère des 2 sèvres et j’en retiens un, travaille à son image. Et comme personne ne se charge de ses éloges, elle s’en charge, la vieille peau. Elle a raison, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même… Sans doute qu’elle a trouvé le ton complaisant de la nouvelle télé d’état, en l’occurrence Canal +, tout à fait à son gout, la voilà qui se trouve invitée sur le plateau du Supplément dimanche dernier. Et elle n’a pas déçu, la première ex de France ! Florilège : interrogée d’abord sur sa présence au gouvernement : « c’est légitime », a –t-elle répondu. « Ca s’est imposé dans l’ordre des choses ». Normal, quoi. Sur sa candidature à la présidentielle ? Aucun doute, « ça ne s’oublie pas. Dans les autres pas non plus ça ne s’oublie pas… Ca a beaucoup marqué ! ». Et avec vos collègues ministres ? « Je pense que c’est dans l’inconscient collectif, il y a un regard respectueux… » Elle est en train de lâcher la rampe, non ? Rappelant que la sortie qu’on lui attribuait il y a quelques semaines, selon laquelle « si elle exprimait le souhait de partir, on lui demanderait de rester… », elle a confirmé que c’était en effet ce qu’elle pensait intimement. Bon, elle n’a pas (re)précisé que sa formidable campagne avait inspiré Obama mais on n’est plus à ça près… Au secours, les mecs, ils sont devenus totalement incontrôlables…

Transparence… Les khmers verts ont fait de la lutte contre la corruption une de leur marque de fabrique. Au point d’ailleurs de se choisir une ancienne juge d’instruction, médiatique en diable, pour les mener dans une campagne présidentielle. Bon, d’accord, l’expérience fut calamiteuse et peut être aurait-il fallu y voir un signe. En tout cas, c’est bien ce parti qui est visé par 2 plaintes pour détournement de fonds publics, plaintes déposées au parquet de Paris. Dans le collimateur de la justice, deux organismes qui gravitent dans l’espace nébuleux de la galaxie crypto écolo : le CEDIS, un organisme de formation des élus et Green Lotus, une association qui s’occupe de développement durable en Birmanie. Ben tiens… Ces gentilles affaires font suite d’ailleurs à la mise en examen d’un médiatique élu vert marseillais, Karim Zeribi, pour abus de confiance et détournement de fonds publics… Y a pas à dire, les écolos sont vraiment des gauchistes comme les autres…

Course de nains. Les sondages s’amusent à « se projeter » sur 2017. Aussi théorique que l’exercice paraisse, et c’est bien le moins que l’on puisse dire, s’il y a une chose qui ressort, c’est que les gauchistes sortent piteusement du tableau dès le 1° tour. Sans véritable surprise, Valls est le candidat préféré de la gauche, pépère arrivant loin derrière. Mais si le premier tour avait lieu demain, le candidat de gauche arriverait 3°, loin derrière Le Pen et Sarkozy. Et si ce candidat était tout de même pépère, autant dire que son score de 17% le met à une bonne distance de Sarkozy (28%) et Le Pen (29%). Pour l’instant, il n’y a pas photos. Mais la droite étant ce qu’elle est, rien n’est définitivement perdu pour cette gauche au cul bordé de nouilles. Et c’est bien le drame…

France, Orange mécanique… Rennes, petite ville jolie de la Bretagne bretonnante, connue pour son Parlement de Bretagne et sa rue de la Soif… Et désormais pour Maryvonne, veuve de 83 ans qui ne peut plus rentrer chez elle à cause de squatteurs que la police protège d’ailleurs ! L’histoire est simple : Maryvonne est partie de chez elle il y a quelques années pour habiter chez son conjoint. Au décès de celui-ci, elle a décidé de réintégrer sa maison rennaise… Mal lui en a pris puisqu’une bande se squatteurs a pris possession de sa maison et ne compte pas la rendre, poussant Maryvonne à la rue… Et évidemment, la loi protège les pauvres petits squatteurs plutôt que la nantie de propriétaire qui peut bien aller crever sous un pont… La République Démocratique de Hollandie est à gerber…

France, Orange mécanique, 2… Roubaix, ancienne cité ouvrière du Nord, connue désormais pour être aux mains du banditisme islamique. Au point qu’une famille blanche, installée depuis 1 an dans le quartier du Pile, subit quotidiennement des agressions physiques et matérielles. Son tort : s’être installée dans une zone contrôlée par les caïds et leur seule présence gêne les trafics en tout genre qui ont cours dans la rue, sous les yeux de tous ! Une honte absolue… Et que fait la police, me direz-vous ? Sans rire, c’est dans la Voix du Nord de cette semaine, elle leur recommande de déménager. Oui, chers amis, bien que tout le monde vous dit le contraire, il y a des quartiers en France où une famille de blancs n’a pas le droit de s’installer…

Attraction ancestrale ! La gauche française a toujours eu du mal à se choisir un destin, à cheval qu’elle fut entre la tentation de Moscou d’un côté et ses accointances vichystes de l’autre. La haine de la pensée libérale héritée de 1793 et de la terreur, représentée par ce qu’elle croit être la petite bourgeoisie catholique de province l’a fait se promener, tantôt au bras du Maréchal, tantôt à la suite du petit père des peuples. Remarquons toutefois son pragmatisme : de renversements en révolutions, la gauche française a ainsi toujours été dans le camp des vainqueurs… Camba nous a offert cette semaine une formidable illustration de la tentation pétainiste de cette gauche pourtant si prompte à invoquer les heures les plus sombres de notre histoire. Dans un tweet censé célébrer les 3 ans du nain, le repris de justesse a chanté les mérites de « François Hollande qui est un bouclier pour les français » et ceux de « Manuel Valls qui est un Glaive pour les réformes ». Je ne savais pas qu’on réformait ce pays à coup de glaive, mais passons… et soulignons surtout que notre ami Camba a repris à son compte une analogie inventée par le régime de Vichy, en l’occurrence le glaive et le bouclier, utilisée pour défendre l’action du Maréchal… On ne se refait pas…

A part ça, on se souvient du gnome, tout boursouflé de « bonssentiments », qui accusait son prédécesseur de « vendre son savoir aux amis du terrorisme » en évoquant ses conférences rémunérées dans le golfe. Lui fait bien mieux : il leur vend des armes de guerre ! C’est tellement mieux…. A part ça, le gouvernement se met à donner son avis sur le bon goût des programmes TV ! La radicale gauchiste se met à avoir un avis sur chansons en dessous de la ceinture de Patrick Sébastien… C’est certain qu’on n’est pas, avec l’amuseur national, dans le Nobel de l’intelligence et du bon goût. Alors quand il entonne, sur la télé nationale, son dernier tube appelé « une petite pipe », la khmer Rossignol hurle aux manquements à la bienséance, et évoque même la lutte contre la pédophilie et l’inceste… Avec nos amis gauchistes, la liberté n’a qu’à bien se tenir ! A part ça, Loubna Méliane sera sur la liste PS aux régionales en Ile de France. Qui est-ce ? Une Femen ayant notamment participé à la profanation et à la dégradation de Notre Dame de Paris…Vive la gauche ! A part ça, le bilan de 3 ans du nain est négatif pour 81% des français. Et ils mêmes sont plus de 77% à considérer que la situation ne s’améliorera pas avant 2017… En même temps, je ne vois pas bien pour qui ça peut être une surprise. A part ça, le rappeur Lacrim, Karim Zenoud de son vrai nom sort un nouvel album le 1° juin. Ce n’est pas une info a priori. Sauf que si je vous dis qu’il est en cavale parce que condamné à 3 ans de prison pour détention et transport d’armes, c’est tout de suite plus drôle, non ? A part ça, jeudi, un éditorial du Monde nous fait littéralement dégueuler. Intitulé « Islam, une semaine ordinaire en France », il nous dépeint ce qui voudrait être le quotidien de musulmans dans notre pays, entre les pseudo listes de Ménard à Béziers et la 5° colonne d’Estrosi à Nice. Je ferai remarquer à ces petites merdes de journalistes que des gamins auraient bien aimé connaître un jour de printemps comme aujourd’hui. Mais ils ont été tués par Mohamed Merah pour le simple fait qu’ils étaient juifs. Je leur rappellerai, à ces étrons pourris, qu’une petite gamine de 3 ans n’a plus sa maman parce que sa route a croisé celle de Sid Ahmed Glam un dimanche matin en banlieue parisienne. Pour ne citer qu’eux. Aujourd’hui j’ai de sincères envies de révolution : maintenant je sais par qui je commencerai…

Allez, bon week end et bon courage. Il en faut

L'éternelle victime


J’aime Christiane TAUBIRA pour ce qu’elle est. J’admire la gouvernance habile de son parcours personnel. Je hais par dessus tout ce qu’elle fait et surtout ce qu’elle ne fait pas depuis qu’elle est au gouvernement. Je combats ce qu’elle dit depuis toujours et pour longtemps encore.

Cette semaine, la ministre de la justice se met en scène dans Paris Match, le magazine people pour médiocres par excellence. Simplement cela, est-ce décent ? Est-ce respectueux pour les Français dans la haute fonction qu’elle occupe, et pas seulement sur le plan symbolique ? De toute évidence, Christiane TAUBIRA tombe dans le bling bling qui avait tant été reproché à Nicolas SARKOZI, mais avec les prétentions égocentriques de l’éternelle victime en prime.

Par surcroît, la garde des Sceaux se compare à Roger SALENGRO, dont le suicide en 1936 aurait été la conséquence d’attaques racistes répétées. Ainsi, elle titre dans le Figaro : «Il n’auront pas mon suicide». Qu’elle se rassure, personne ne veut son suicide. A t-elle seulement remarqué que racisme n’a pas de couleur ? Le racisme anti-blanc est devenu une réalité que nous vivons tous les jours en France à travers les crachats que nous essuyons dans les rues de nos villes.

Certes, les attaques racistes dont elle été la cible sont inacceptables, les comparaisons animalières ineptes. Les voyous qui se sont amusés à cela ont été condamnés, cela est juste. Mais est-elle une exception en cela ? Doit-elle tout rapporter à sa négritude que personne ne remarque, sauf à ce qu’elle veuille nous la rappeler ? Doit-elle son parcours brillant à ses seules qualités ? Les valeurs de la République qu’elle aime tant claironner ne l’ont-elles pas un peu aidée ? Ses talents d’oratrice n’ont-ils pas été salués par tous après le vote du mariage pour tous, même par ses opposants ? Qu’elle le reconnaisse, elle n’est pas une victime, mais une privilégiée du système.

Mais le plus indécent dans ses ritournelles est de systématiquement masquer sa situation nantie par les crimes dont son ascendance a pu être victime, l’esclavage. Oui, elle est noire et guyanaise, mais fut bénie par quatre enfants et connut un parcours politique plutôt pistonné, G.O. oblige, apparemment au-delà de la seule compétence qu’elle démontre au ministère de la Justice. En réalité, sa négritude domienne lui confère une rente de situation, celle d’être un symbole de la gauche égalitariste. Au fond, Christiane TAUBIRA est la Rama YADE de François HOLLANDE. Le sait-elle ?

Cette fois, le mélodrame de sa vie mis en scène dans la presse-people flirte avec la fiction. Mais peut-être ne veut-elle que vendre son dernier livre intitulé «l’esclavage raconté à ma fille», la narration de «son combat», un livre autobiographique paru aujourd'hui, les lamentations revues et corrigées.

mardi 14 avril 2015

Nouvelles lois antiterroristes et fascisme

Il va être de plus en plus difficile d’ignorer la tendance maladive de l’État à mettre sous surveillance toute sa population. Ironie du sort: alors que cette tendance avait pris une accélération sensible avec les gouvernements successifs de droite, c’est avec un gouvernement bien de gauche, bien socialiste qu’elle passe le turbo avec la mise en place de la Loi sur le Renseignement. Ça, c’est du changement!

Et à mesure que les différents aspects de cette loi sont détaillés, dans la presse et au travers des débats parlementaires, on se rend compte qu’on nous amène en souriant à une mise en coupe réglée de la liberté d’expression et des moyens de communication moderne à commencer par Internet. Si, depuis les lois LOPPSI, LOPPSI 2, la création de la HADOPI, la multiplication des caméras de surveillance, on pouvait craindre le pire, personne n’aurait pu croire qu’il arriverait si vite et serait même débordé par l’enthousiasme délirant de nos élus toujours prompts à en rajouter.

De ce point de vue, tout se déroule comme prévu depuis les attentats de Charlie Hebdo: animés par le désir de montrer qu’ils font des trucs et des machins, même débiles, nos élus enchaînent les absurdités législatives proprement fascisantes, le tout avec la pire des décontractions, celle des cuistres qui votent ou, pire encore, qui laissent voter un microscopique nombre d’entre eux pendant qu’ils enfilent les buffets ou les accortes jeunes femmes pardon les Commissions et les séances de débat à l’Assemblée…

C’est ainsi que le pays des Droits de l’Homme devient celui où la liberté d’expression sera la plus corsetée, la plus encadrée et la plus espionnée, à l’exception peut-être des derniers pays communistes et des plus totalitaires, ce qui ne constitue ni une référence, ni un soulagement.

Et tout ceci aura été mis en place pour satisfaire une opinion publique aussi veule qu’évanescente … alors qu’en pratique, cette surveillance ne marche pas, du tout, ni en théorie, ni en pratique.

Guillaume Nicoulaud est revenu sur le sujet dans un récent article: les mathématiques statistiques sont aussi implacables que les terroristes de DAECH ou les baltringues de l’Assemblée nationale et prouvent sans le moindre doute l’impossibilité physique d’attraper les vilains et les méchants avec des moyens raisonnables.


Ce serait déjà risible si on pouvait s’en tenir là. Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas tout: nous sommes en France, et on doit encore ajouter un autre FAIL à cette erreur statistique manifeste, qu’aucune loi républicaine ne pourra corriger, aussi vibrante soit-elle de bonnes intentions (et d’intérêts cachés ou de capitalisme de connivence bien compris).

Car en effet, ces mesures légales qui distribuent du passe-droit comme un pédophile des bonbons à la sortie de l’école ne sont même pas encore votées qu’elles sont déjà contournées. De surcroît, poussées par l’existence même de moyens légaux destinés à les espionner, les personnes les plus sensibles vont accroître leurs moyens de protection, de chiffrement et d’anonymisation, et seront rejointes par tous ceux qui ne veulent tout simplement pas se laisser faire par les espions gouvernementaux. Tout ceci va augmenter encore le coût d’interception, diminuer le coût des protections (VPN, anonymiseurs, …) par effet de massification, et donc le nombre de faux positifs. Pire encore: pendant que les sénateurs et les députés se tortillent pour trouver des arguments en faveur de leur espionnite aiguë et prétendent chercher des gardes-fous aux libertés fondamentales, on apprend que depuis 2007, les services de renseignements se passent déjà complètement de tout cadre légal, montrant ainsi l’étendue du foutage de gueule qui se joue actuellement.

On peut le dire : c’est un deuxième FAIL pour cette loi.

Malheureusement, lorsque l’erreur est humaine, il faut au moins un député ou un sénateur pour la transformer en catastrophe épique.

Dans cette France où la surveillance se met en place au galop, et qui manque très manifestement de têtes bien faites et bien pleines aux postes clefs du gouvernement, de l’exécutif ou du législatif, le principal souci après, bien sûr, la surveillance des pédonazis, des dieudophiles, des islamocompatibles et des petits cons provocateurs, c’est la situation assez dégradée de l’emploi.

Qu’à cela ne tienne puisque grâce à la loi de Renseignement, on peut faire d’une pierre deux coups: non seulement, elle ne servira statistiquement à rien, non seulement, elle est déjà contournable au grand dam de nos grandes oreilles étatiques, mais en plus, elle va réussir le pari de faire fuir de nombreuses entreprises, des investisseurs et des patrons dont justement la France a plus que besoin actuellement.

En effet, les hébergeurs internet s’insurgent contre l’accès en temps réel à leurs données via un système de boîtes noires, prévu par le fameux projet de loi. Les arguments déployés par eux sont relativement simples et de bon sens, et donc complètement hermétiques à l’Assemblée nationale: pour eux, ce projet « n’atteindra pas son objectif, mettra potentiellement chaque Français sous surveillance, et détruira ainsi un pan majeur de l’activité économique de notre pays » ce qui poussera, on le comprend aisément, leurs clients à se tourner vers d’autres territoires moins intrusifs.

Devant une telle avalanche d’erreurs fondamentales que cette loi va graver dans le marbre, en face des effets adverses, non envisagés mais pourtant prévisibles, qu’elle va entraîner, on est en droit de se demander ce que font nos élus. Sont-ils réellement à leur place ?

En effet, soit ils ne comprennent pas ce qu’ils votent et il faut alors absolument qu’ils arrêtent de le faire, pour le bien-être collectif, la République, la liberté d’expression ou que sais-je encore. Soit ils comprennent parfaitement, et le sabotage qu’on observe est alors fait sciemment. Ce sont donc des traîtres aux principes qu’ils ont normalement juré de défendre, la main sur le cœur ; il y a des lois et des sanctions prévues dans ce cas-là. Soit ils se contentent de laisser voter seulement « ceux qui comprennent » (ce qui explique leur faible nombre lors des votes cruciaux), et on assiste à une parodie de démocratie.

Dans tous ces cas, absolument aucune excuse ne peut être retenue pour eux. Rien ne justifie les propositions de cette loi, et les évidentes dérives qui en découlent. Sucrer des pans entiers de nos libertés pour un gain sécuritaire nul est parfaitement stupide.

On traite souvent (et je ne suis pas le dernier) nos élus de bouffons ou d’escrocs. Il y a cependant une subtile différence entre eux. En effet, le soir venu, après une dure journée de travail, l’escroc rentre chez lui. Le bouffon enlève ses frusques. L’escroc, au moins le temps d’un sommeil, n’escroque plus. Le bouffon, rentré chez lui, arrête de faire rire.

Au contraire de ces escrocs et de ces bouffons, nos élus, eux, ne savent plus s’arrêter.